Publicité

Autre journée de mobilisation des opposants

23 mars 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Plusieurs centaines d'opposants biélorusses ont bravé toute la nuit de mardi à mercredi le vent glacé soufflant sur Minsk pour réclamer l’invalidation de l’élection présidentielle remportée dimanche par le président Alexandre Loukachenko.

Les manifestations, d’une ampleur sans précédent dans l’ancienne république soviétique, ont attiré environ 5 000 personnes mardi. Six cents manifestants ont passé la nuit sur la place centrale de Minsk. L’opposition a appelé à un grand rassemblement samedi pour réclamer un nouveau scrutin.

Les craintes d’une répression policière se sont quelque peu dissipées mercredi matin, les forces de sécurité s’étant retirées des rues menant à la place d’Octobre. “Franchement, je suis surprise que (les autorités) n’aient pas encore réprimé la manifestation”, a déclaré une étudiante de 21 ans, Galina, en ajustant une couverture sur son manteau pour résister au froid mordant sur la place d’Octobre de Minsk.

<B>“Milinkevitch est notre président”</B>

Comme les deux jours précédant, la police anti-émeutes est restée stationnée dans les rues voisines de la place, où une vingtaine de tentes ont été dressées.

Les manifestants, des jeunes pour la plupart, étaient plus nombreux que les nuits précédentes. “Longue vie à la Biélorussie”, “Milinkevitch est notre président”, ont-il scandé dans des hauts-parleurs qui diffusaient aussi de la musique. Les autorités ont refusé d’allumer l’éclairage public.

Le président Alexandre Loukachenko, critiqué par les Occidentaux sur sa façon brutale de diriger son pays ces 12 dernières années, a remporté le scrutin de dimanche avec 82,6 % des voix.

Son principal adversaire Alexandre Milikevitch, crédité de 6 % des suffrages, a dénoncé un scrutin frauduleux. “Nous viendrons ici tous les jours jusqu’au 25 mars pour parler de liberté. Venez le 25 mars “Nous rassemblerons beaucoup de monde”, a déclaré ce dernier à la foule. Cependant, il s’est montré pessimiste quant aux possibilités d’obtenir l’organisation de nouvelles élections.

“Je ne crois pas que ce genre de manifestations permette de faire tomber un dictateur”, a-t-il dit aux journalistes, affirmant que le but de ces rassemblements était de réveiller l’opposition.

Des manifestants ont fait savoir qu’en dépit de sa tolérance inhabituelle de ce rassemblement, le pouvoir n’avait pas cessé de harceler les opposants.

Youri, un jeune homme de 21 ans qui a passé la nuit sur la place, a affirmé qu’une dizaine de manifestants avaient été arrêtés brièvement au moment de quitter la place. “Nous leur avons dit que nous resterions sur la place jusqu’au 25 mars”, a précisé Youri. “Les flics nous ont répondu qu’on ne survivrait pas jusque là. Vous ne savez pas ce qui va se passer le 24 nous ont-ils dit”, a-t-il ajouté.

Bien que d’une ampleur plus modeste, les événements de Biélorussie rappellent ceux des opposants ukrainiens lors de la “révolution orange” de 2004.

Le mouvement est sans précédent dans un pays où les services de sécurité sont généralement prompts à intervenir à la moindre contestation publique.

Publicité