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?Aucune commune mesure entre accusation de fraude et lacune administrative?

13 octobre 2006, 00:00

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Un article publié au haut de la page 4 de votre édition de mercredi 4 octobre 2006 et signé par M. Alain Barbé fait état de graves soupçons des autorités douanières envers un distributeur local de journaux étrangers. Cette compagnie, selon l?article, serait soupçonnée de collusion avec des fournisseurs étrangers en vue de commettre une fraude fiscale.

Une note publiée à la page 11 de votre édition d?aujourd?hui confirme que l?enquête a été bouclée et que la fraude alléguée est de Rs 5 000 000.

Votre journaliste a malheureusement omis de préciser qu?il n?existe pas de ?customs duty? sur les journaux en question. L?enquête, qui n?est en fait pas encore bouclée, a révélé de manquements à la procédure imputable aux fournisseurs étrangers par manque de rigueur de leur part. Cependant il n?existe catégoriquement aucune fraude, ni perte de revenus, payables à l?Etat sous forme de TVA. Vous conviendrez qu?il n?y a aucune commune mesure entre une grave accusation de fraude et une lacune administrative.

Le nom de ce distributeur n?a pas été cité mais il est clair à la lecture de cet article tant pour les clients fournis par ce distributeur que le public lecteur de journaux que la compagnie visée est CODIP (Compagnie de distribution de presse Ltée). En effet, un seul distributeur de presse étrangère a interrompu sa distribution en septembre.

Le code de déontologie des journalistes de l?express de publication récente précise que :

i) ?Toute information doit être vérifiée auprès de plus d?une source.? Il est pour le moins surprenant et dommage que M. Barbé n?ait pas jugé nécessaire de vérifier auprès du directeur de la douane à l?aéroport du bien-fondé des informations fournies vraisemblablement par un seul douanier n?ayant visiblement pas tous les éléments en main.

ii) ?Toute personne mise en cause doit avoir eu l?occasion de donner sa version.? Votre journaliste a bien téléphoné à CODIP dans l?après-midi du 3 octobre alors que son directeur général M. Jean Desjardins était en rendez-vous à Quatre-Bornes. Il n?a donc pas pu le joindre. A l?encontre de son devoir de rigueur, M. Barbé n?a pas attendu le lendemain pour obtenir la version de M. Desjardins, malgré le fait qu?il n?y avait aucune urgence à la publication de cet article. A la lecture de l?article de M. Barbé, le mercredi matin,

M. Jean Desjardins lui a téléphoné pour lui faire part de sa réaction, à savoir qu?une enquête était en cours à la douane mais qu?il pouvait à ce stade déclarer catégoriquement que CODIP n?avait commis aucune fraude. Cette version n?est publiée qu?une semaine plus tard, laissant ainsi planer le doute dans l?esprit des lecteurs de votre journal.

Ce manque de rigueur et de professionnalisme ainsi que les allégations hautement diffamatoires dans ces articles ont eu pour conséquence de ternir gravement l?image et la réputation de CODIP. Il est inconcevable et inadmissible de porter ainsi atteinte à une compagnie, à son directeur général et à son personnel.

Je vous saurais gré de publier cette mise au point ostensiblement dans le respect des dispositions de la loi.

Jean Jacques ROBERT Avoué de CODIP Ltée

NdlR : Notre article du 4 octobre fait état d?une enquête de la douane sur ?des pratiques jugées irrégulières de la part d?une compagnie au niveau de ses facturations.? CODIP confirme notre information même si elle choisit d?imputer la responsabilité des ?manquements? à ses fournisseurs étrangers.

Notre journaliste n?a pas à révéler ses sources à CODIP mais celle-ci aurait mieux fait de se garder de faire des spéculations. Car le journaliste est allé bien au-delà des vérifications d?usage pour confirmer les détails de la fraude alléguée.

De plus, en conformité avec le Code de déontologie de La Sentinelle Ltée, il a cherché à avoir les commentaires de la partie incriminée avant la publication du texte. Une fois de plus, CODIP confirme : ?Votre journaliste a bien téléphoné à CODIP dans l?après-midi du 3 octobre alors que son directeur général, M. Jean Desjardins, était en rendez-vous à Quatre-Bornes. Il n?a donc pas pu le joindre.? En vérité, notre journaliste a appelé plusieurs fois la secrétaire du directeur général de CODIP durant la journée du 3 octobre et s?est heurté chaque fois à une fin de non-recevoir. Quant à l?urgence ou pas de la publication, il n?appartient pas à M. Jean Desjardins d?en juger.

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