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Attentat contre le président Marc Ravalomanana ?

23 novembre 2005, 20:00

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La présidence à l?épreuve. La garde rapprochée du président Marc Ravalomanana appréhende un ?suspect? armé au cours d?une cérémonie religieuse à laquelle le chef de l?Etat assiste. Jusque tard dans la nuit, Ambohitsorohitra affiche la prudence et distille les informations. A la veille de l?ouverture de la conférence ministérielle de la Francophonie et la manifestation de l?opposition, la présidence aura du pain sur la planche pour la gestion de ce dossier brûlant.

La scène se déroule durant la célébration du 19e anniversaire de Toby Fifohazana de l?Eglise luthérienne à Ambohibao, dimanche matin. Le président Marc Ravalomanana et Jean Lahiniriko, président de l?Assemblée nationale, sont présents à la cérémonie.

?Vers 10 h 30?, selon un communiqué émanant de la présidence, les responsables de la sécurité du chef de l?Etat ?fouillent un personnage au comportement suspect après l?avoir fait sortir du temple.? Ce même communiqué fait état de la présence d??un pistolet SAPL, calibre 12/50, avec trois cartouches, et d?un pistolet neutralisant? dans la sacoche de Yvon Randrianoavy. Dimanche soir toujours, la présidence lève un pan du voile. Selon toujours le communiqué officiel, il s?agit d?un homme âgé de 53 ans, responsable dans une agence de voyages. D?après une autre source, il subit une enquête ?auprès de la présidence?.

<B>Barils de poudre</B>

Outre ces informations sommaires, Ambohitsorohitra reste discret sur le dossier. Interrogé pour plus d?informations dimanche soir, Noël Rakotondramboa, secrétaire général de la présidence, avoue ?n?être pas encore en mesure de fournir d?autres éléments pour ne pas s?ingérer sur le travail des enquêteurs.?

En tout cas, à la lecture du communiqué, la présidence affiche la prudence. Ambohitsorohitra n?établit pas, d?une manière formelle, une relation entre ce ?suspect? et le chef de l?Etat. De là à conclure une tentative d?élimination physique du président Marc Ravalomanana, il y a encore un pas à franchir. L?on sait seulement que des bruits, non confirmés, commencent à circuler évoquant un plan pour attenter à la vie d?un haut dignitaire du régime.

Les résultats de l?enquête dans les jours qui viennent révèleront les mobiles d?Yvon Randrianoavy. Les yeux sont maintenant braqués sur Ambohitsirohitra. A la suite de cette affaire, la présidence a justement annoncé ?que le gouvernement prendra des mesures que la situation impose.?

Elle n?a pourtant pas précisé lesquelles. Les décisions du gouvernement sur ce dossier seront déterminantes pour le climat politique à venir. En début de soirée, les quelques autorités et personnalités politiques interrogées sur l?incident avouent ?n?en être pas au courant?. A 21 heures, José Rakotomavo ?appréhende seulement une man?uvre du gouvernement pour prendre des mesures exceptionnelles à l?encontre du mouvement de l?opposition.?

Hasard du calendrier ou réalité des choses, l?affaire se déroule au moment où l?opposition compte justement organiser un meeting dans la capitale. Déjà l?initiative des 3FN à Antananarivo en soi est explosif. La surenchère lancée par les 3FN d??installer une transition avant la fin de l?année? est également une poudrière qui peut exploser à la moindre étincelle.

Le monde entier, ou du moins le monde francophone, sera également attentif au dossier. Le gouvernement accueille en ce moment la conférence ministérielle de l?Organisation internationale de la Francophonie, suivie de la réunion des maires francophones. Il y a une semaine, Abdou Diouf, secrétaire général de l?organisation ?n?avait pas déceler d?indices permettant de conclure à l?imminence d?une situation de crise?. L?opposition ne ratera, pour rien au monde, l?occasion pour ?démontrer à la communauté internationale les réalités du pays.?

<B>Iloniaina A. </B>

<B>Un bilan positif pour le secteur textile</B>

Près de 31 % des recettes d?exportation de cette année sont fournies par le textile. Malgré les récentes perturbations enregistrées depuis le début de l?année, le bilan des activités du secteur textile reste positif. Cette branche d?activité est l?une des plus grandes pourvoyeuses de devises à l?économie nationale.

L?effectivité de la libéralisation du marché, avec le démantèlement de l?Accord sur le textile et l?habillement, a été perçue comme l?annonce de la fin de cette activité à Madagascar ; mais la menace chinoise est restée un effet d?annonce. Une réorganisation du secteur à laquelle s?ajoute une kyrielle d?appuis venant des partenaires techniques et financiers ont favorisé la maîtrise des impacts sociaux et économiques de la libéralisation du marché.

Depuis le début de l?année, une dizaine d?entreprises franches ont été contrainte de fermer. Un manque flagrant de commandes et des problèmes liés à la conjoncture en sont les principales raisons évoquées. En parallèle, 15 sociétés de régime franc ont été ouvertes dont cinq axent leurs activités sur le textile. Ce qui confirme l?engouement des investisseurs pour Madagascar où plus de 70 % des entreprises franches travaillent dans le secteur.

L?Express de Madagascar

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