Publicité

Arvin Boolell : «Nous sommes dans les temps pour la réforme»

27 décembre 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

«Nous sommes en train de remplir les conditions imposées par l?Union européenne pour le décaissement des fonds», affirme Arvin Boolell, ministre de l?Agro-industrie. Il participait hier matin à un exercice de remise de compensation financière à FUEL dans le cadre de la poursuite de la réforme sucrière avec le Voluntary Retirement Scheme (VRS) 2.

925 employés des champs ont ainsi reçu la compensation financière associée au plan de retraite anticipée du VRS 2. Le coût total : environ Rs 425 millions.

Suite à l?accord Etat-sucriers à la mi-décembre, les démarches se sont enchaînées pour respecter le délai du 31 décembre 2007 fixé par l?Union européenne pour le décaissement par rapport aux mesures d?accompagnement. «Il faut dire que nous sommes dans les temps», soutient le ministre de l?Agro-industrie. La Mauritius Sugar Producers Association estime de son côté que d?ici la fin de l?année entre 7 000 et 8 000 employés vont prendre une retraite anticipée.

De plus, suite à l?amendement du Sugar Industry Efficiency Act en mars 2007, la formation est aussi obligatoirement liée à la retraite anticipée. Sur ce plan, la MSPA se montre positive. «Il y a environ 1 700 employés déjà enregistrés et qui ont déjà suivi une première session de formation. Vu les délais, on a initié les cours mi-décembre», explique Jean Li, directeur de la MSPA.

Certains ex-travailleurs des champs placent de l?espoir dans la formation. A 53 ans, Jasmat Hurdoyal veut se reconvertir. «Moi je me suis déjà inscrite pour des cours de jardinage et j?attends d?être convoquée», explique cette mère de trois enfants qui a travaillé dans les champs pendant plus de trente ans. «Je veux travailler et j?en ai besoin. J?ai un enfant à l?université et deux au collège», poursuit-elle.

La compensation accordée aux employés des champs varie entre un mois et demi et deux mois de salaires par année de service en fonction des années accumulées et les «overseas leave», entre autres. Certains de ceux qui partent en retraite anticipée estiment que la compensation reçue, bien qu?importante, ne couvrira pas leurs frais durant toutes les années à venir. «Cass kinn gagne la dan 5 an li pou fini», souligne Deven Nellatambee, qui a 37 ans de service. A 55 ans, il n?est pas très positif sur son avenir qui s?est aussi assombri de par une blessure au bras contractée depuis le mois d?août. Mais il s?intéresse au jardinage.

Cependant, continuer à travailler ne suscite pas un intérêt unanime. A 55 ans, Bhagwatee Roopsing estime mériter du repos maintenant. «Aster la ase travay !» s?exclame-t-elle en revenant sur ses 31 années d?expérience.

Selon Arvin Boolell, les travailleurs optant pour la retraite anticipée devraient se tourner vers plusieurs secteurs. «Chaque chambre d?hôtel crée 2,5 emplois directs et sept emplois indirects. Il y a le paysagisme, la fourniture de légumes, les ti po zasar, le nettoyage des chambres... Les possibilités sont multiples», soutient le ministre de l?Agro-industrie. Cader Sayed Hossen, président de la Commission pour la démocratisation de l?économie, insiste aussi sur les possibilités à saisir au niveau de l?emploi et de l?encadrement.

Les employés optant pour le VRS 2 ont droit à des lopins de terre de sept perches. Dans cette optique, le ministère de l?Agro-industrie a mis sur pied un fast-track committee afin de s?assurer que l?allocation des terres se fait dans des délais fixés. Arvin Boolell soutient notamment que le délai entre l?émission de la lettre d?intention et la construction d?infrastructure ne doit pas dépasser 15 mois.

Actuellement, les terres représentent un sujet de litige à Riche-en-Eau. Les employés veulent des lopins à Beau-Vallon alors que ceux proposés par la direction sont situés à Ville-Noire et Beau-Vallon. Ce litige pose problème alors que la signature de la retraite anticipée selon les provisions du Blueprint pour les 152 artisans de Riche-en-Eau, qui ferme, est prévue pour samedi.

MECONTENTEMENT DES EMPLOYES DE RICHE-EN-EAU

Au-delà du litige concernant l?octroi de terrains, les employés ont aussi protesté par rapport à un retard dans la paye du mois de décembre. La Société usinière du Sud (SUDS), confirme qu?à hier, tous les salaires étaient accessibles. «Nous avons versé les salaires le 20. Le retard n?était pas à notre niveau», affirme Mario Radegonde, directeur des ressources humaines à SUDS. «Il y a eu un cafouillage au niveau de certaines banques. Nous avons hier matin appelé toutes les banques pour nous assurer que le nécessaire avait été fait», poursuit-il.

Publicité