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Arvani Ltd, la faiseuse de chaussettes
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Arvani Ltd, la faiseuse de chaussettes
<B>EST-CE</B> le ronron continu des machines, les rideaux blancs, l?entrain des huit petites couseuses ? Rekkha Cowaloossur, entrepreneuse de 42 ans, a beau réfléchir sur ce qui fait le succès d?Arvani Ltd. ?Peut-être est-ce l?ambiance de famille...?, laisse-t-elle entendre. Grâce à Bidwan, son amie et collègue, et les autres, Rekkha gère aujourd?hui Arvani Ltd, entreprise de chaussettes. De main de maître?
A l?étage, les ventilateurs crachotent sur la chaleur de Mare- d?Albert. Au mur, un tableau de Vishnu et Lakshmi veille sur le travail. Rekkha quitte son bureau où elle faisait les entrées comptables dans l?ordinateur, pousse la porte. A travers la vitre, des machines cylindriques spécialisées tissent les chaussettes à toute vitesse avec du coton, du nylon et de l?élastan. Brandies à un mètre du sol, les bobines de fil s?effritent furieusement. Au bas, les chaussettes peu à peu se tissent. Tout cela sous l??il vigilant de Pankaj, le technicien.
?Les gens croient qu?on fabrique les chaussettes en les découpant d?un tissu. C?est faux, on les file?, explique Rekkha.
Une presse électrique moderne
Après le tissage, les chaussettes sont transmises à la salle de couture délimitée par un simple muret. Dans cette pièce, l?humble profil de Bidwan se penche sur la machine à coudre d?un vert écaillé. Elle fignole le rebord des chaussettes. Agée de 38 ans, cette mère de trois enfants travaille à Arvani Ltd depuis le début. ?Avant, mo ti pé coude pou mo-même. Alors, sa travail-là pas trop différent?, dit-elle.
Au sous-sol, le repassage va bon train. Le visiteur qui s?attend à voir s?agiter des fers à repasser sera déçu. Stoïque et moderne, une presse électrique vieille de six ans laisse échapper de la vapeur à chaque fois que son couvercle se referme sur les chaussettes aplaties. Celles-ci sont préalablement enfilées dans un écrin de carton, pour préserver leur forme caractéristique. ?Le repassage prend 30 secondes pour chaque lot de six chaussettes?, explique Rekkha. Les paires repassées vont ensuite immédiatement à l?emballage, fin prêtes pour la distribution.
Arvani Ltd peut répondre à plusieurs types de commandes. Dans le passé, l?entreprise a satisfait des commandes provenant de l?école pré-primaire Step Ahead, aussi bien que des établissements primaires. Mais la voie d?écoulement traditionnelle reste les magasins de vêtements et les hypermarchés.
Les chaussettes d?Arvani Ltd sont destinées à une clientèle assurée, malgré la diversité des exigences. Afin d?y répondre, l?entreprise a multiplié sa gamme de chaussettes. Les chaussettes de type Arvani se distinguent par leur couleur sobre et affichent leur style exécutif, alors que les Fitness sont plutôt destinés aux sportifs. Des coloris plus criards définissent deux autres lignes : Angelia conçue pour les enfants, et Silex pour le grand public. La fourchette de prix des produits Arvani varie de Rs 20 à Rs 100.
<B>FEMMES D?AFFAIRES</B>
Rekkha et Bidwan, deux battantes
- Tout est parti d?un rêve ! Avant de lancer l?entreprise, Rekkha Cowaloossur attendra d?élever ses deux filles Vandhana et Aradhna. ?J?étais assez active dans l?association de femmes de Mare-d?Albert, mais cela ne suffisait plus?, confie-t-elle.
En 1995, elle assiste à un forum indien de la National Small Industries Corporation Ltd. Là, Rekkha est exposée au textile international, ce qui va la décider? ?Le textile, oui. Mais quelque chose d?original?, se dit-elle alors. Ce sera les chaussettes !
Les ingrédients du succès ? Il y en a plusieurs : une volonté inébranlable, une vigilance aux goûts des clients et le support de monsieur Cowaloossur. ?Il m?a donné carte blanche.?
L?époux, directeur commercial à Mauritius Telecom, l?a également beaucoup aidée financièrement. Bidwan, couseuse, travaille avec Rekkha depuis le début. Elles se sont connues à l?association de femmes. ?Si compagnie fermé, mo pou chagrin?, avoue-t-elle. Outre son boni de présence et les heures supplémentaires, Bidwan obtient un salaire de Rs 3 400 qu?elle arrondit grâce à des travaux de couture à domicile.
<B>CONCURRENCE</B>
L?envers de la chaussette
- Arvani Ltd a débuté ses opérations en 1998 grâce à un emprunt à 15 % de la DBM, en plus de fonds privés. Au début, l?entreprise essuie refus après refus avant de trouver sa clientèle de détaillants. ?Non. Nous ne voulons pas de vos échantillons?, répondent-ils. Ironie du sort : ils sont ceux-là même aujourd?hui à écouler les chaussettes Arvani. Seulement trois entreprises sont engagées dans cette activité à Maurice. Ce nombre traduit le peu de concurrence au sein du secteur. Arvani doit affronter le dumping sauvage pratiqué par des pays asiatiques à Maurice. Sa participation en 2002 à une mission de promotion conjointe de l?EPZDA-SMIDO à la Réunion lui a coûté cher. ?Nul n?est sûr du résultat. Beaucoup d?entrepreneurs se montrent intéressés par nos échantillons, sans donner de suite !? Elle prévoit pour 2004 l?acquisition d?une nouvelle machine de filage et envisage une ouverture sur le Zimbabwe et le Kenya, par le truchement d?un agent.
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