Publicité
Artiste toujours
André Maurice, voix familière de Radio Réunion, dit de lui qu?il est un «chanteur marrant.» C?est le cas de le dire. Jean-Claude Gébert est allé humer l?air du séga d?ambiance, pour concocter une petite merveille sonore baptisée : Zoli ti ségas.
Sans prétention aucune, l?ancien animateur du Tifin Musical qui mettait du soleil dans nos après-midi, a fait valoir ses talents d?humoristes, de musicien, de compositeur et d?interprète. Une vaste entreprise, commencée sur le ton du gag, en écoutant, un matin, Dragostea Din Tei des Ozone. Jean-Claude Gébert, croqueur de l?époque, s?amuse alors à jongler avec l?air de cette chanson. Poussé par sa femme Gladys à mettre des paroles au succès commercial et planétaire des Ozone, de son imagination bouillonnante, née le fameux Nou maye nou mayé. Un coup de génie devenu une sorte de chant patriotique en raison du mélange linguistique qui s?y trouve.
Jean-Claude Gébert est aujourd?hui chanteur de séga, mais dans un autre registre. Le chanteur ne s?apitoie pas sur le sort de la société. Au contraire. Pas de pleurnicheries. La société est suffisamment déprimée, pas la peine d?en rajouter. Il ne se pose pas en donneur de leçons. A la place, il propose un florilège de ségas à l?humour badin, fidèle à la personnalité de celui qui les porte. Au fait, «Savez-vous planter le chou à la mode kouma kot nou ?» Jean-Claude Gébert a la réponse.
Avec des rythmes effrénés, des mélodies travaillées et une recherche musicale pointue, Jean-Claude Gébert hâche les conventions populaires à coups de mélodies entraînantes. Les textes sont enjoués, ils oscillent entre le sourire et le gros rire. Il ramène ainsi le séga mauricien vers ses premières amours.
«La radio est un virus, on en guérit jamais»
L?auteur-compositeur-interprète, produit par KDM Music à la Réunion, puise néanmoins son inspiration de tous les jours : de la Tantine Bika qui vend des faratas pour faire «arriver» ses fils, au «ayo» dont nous sommes friands et même des comptines de notre enfance, Jean-Claude Gébert brosse une galerie de personnages attachants et chatoyants. L?idée : faire monter la température pour une fiesta bien mauricienne. On virevolte du sitar à la batterie, de la batterie à la basse, du séga au seggae. Un album à faire danser les 7 à 77 ans.
Jean-Claude Gébert joue de plusieurs instruments de musique. Claviers, batterie, guitare, accordéon, harmonica ou flute, il se plaît à tout caresser. Lui qui a été sans doute l?animateur radio le plus inventif de son temps, l?un des premiers à utiliser le téléphone pour communiquer avec l?auditeur, a toujours aimé fabriquer du rêve. A cinquante-cinq ans, il n?a rien perdu de sa superbe et avoue d?entrée de jeu, être toujours surpris que des jeunes surtout, l?arrêtent pour lui parler de la radio, comme s?il avait fait «quelque chose d?extraordinaire». De sa voix si étrangement familière, il s?extasie encore des bons moments passés derrière le micro, à l?écoute de l?auditeur.
Mais aujourd?hui, la page est définitivement tournée. Il ne ressasse pas le passé, mais garde en mémoire les moments riches en émotions, à travailler aux côtés de Marie-Josée Baudot ou de Manda Boolell. Si l?homme aime toujours créer, il laisse libre cours à son savoir-faire en concevant des spots publicitaires pour la radio. Par-delà son riche parcours, ce que l?on retiendra, c?est son idéal de carrière : se lancer des défis et s?ouvrir toujours, de nouvelles perspectives. Zoli ti ségas en est la preuve irréfutable. Chapeau bas.
Publicité
Publicité
Les plus récents