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Arnaud Dalais : ?Ne laissez pas tomber le textile?

28 janvier 2004, 20:00

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?NOUS n?avons pas le droit de laisser tomber un secteur aussi important que le textile. Il n?y a aucune raison de l?abandonner.? Telle a été la déclaration d?Arnaud Dalais, patron du groupe Ciel Textile, lors d?une visite effectuée, hier, par le ministre de l?Industrie Sushil Khushiram à la fabrique de tissus de Consolidated Fabrics Limited (CFL).

Arnaud Dalais accueille favorablement les propositions du ministre pour un rééchelonnement de la dette des entreprises textiles : ?L?endettement pose un problème de financement au secteur textile. Une restructuration de la dette serait la bienvenue.?

?Réconfort?. C?est sans doute le mot qui résume le mieux le mood des parties concernées à l?issue de cette rencontre. Pour les dirigeants de Ciel Textile ? actionnaire majoritaire de CFL? cette visite traduit l?intérêt du gouvernement pour le secteur. ?Il est réconfortant de voir un ministre de l?Industrie visiter les usines. C?est très important pour nous?, déclare Arnaud Dalais.

Après deux heures et demie d?inspection , ce qui a le plus retenu l?attention du ministre, c?est ?la passion et l?enthousiasme? montrés par les cadres tant pour maîtriser l?outil technique que pour développer un design et des produits innovants. ?Beaucoup d?entreprises se préparent à affronter l?abolition des quotas en 2005. Quand je vois les efforts déployés ici, cela me donne confiance que l?industrie survivra, a déclaré Sushil Khushiram. Certaines entreprises passeront par un moment difficile mais cela fait partie de la vie industrielle.?

Arnaud Dalais profitera de la présence du ministre pour faire passer un message : Ciel Textile ne baisse pas les bras mais apprécierait un coup de main: ?Les entreprises textiles ont financé leur croissance par des découverts et des investissements ?surdimensionnés?. Leur financement est aujourd?hui un gros problème. La restructuration de la dette est extrêmement importante.?

L?investissement à long terme mérite aussi l?attention. Cet investissement doit pouvoir être rémunéré et cette capacité dépend de la rentabilité. Arnaud Dalais estime que les Equity Funds seraient une solution.

Pour le président du groupe Ciel, l?histoire de CFL est le parfait exemple de la persévérance nécessaire à la réussite du textile. La fabrique de tissu a connu deux faillites ? sous les noms de Woventex puis d?Essar Textile. Elle est aujourd?hui de nouveau rentable et a réalisé Rs 20 millions de bénéfices pour l?année financière se terminant au 30 juin 2003.

Lorsque Ciel Textile a racheté la fabrique dans un souci d?intégration avec ses usines de confection de chemises ? Aquarelle et New Island Clothing ? elle a éprouvé des difficultés à maîtriser la production de tissus. Ce métier était nouveau. Et la faiblesse de l?euro et la crise à Madagascar n?ont pas aidé.

Ciel s?est dotée de l?expertise étrangère et a investi dans l?expansion de sa capacité de production. En même temps, CFL a fait de gros progrès dans le design et le développement de tissus.

Aujourd?hui, CFL produit 7,5 millions de mètres de tissus par an. Ce volume permet de fabriquer 5 millions de chemises. La possibilité de s?approvisionner localement a fait la force des usines de chemises de Ciel Textile. ?Importer du tissu est devenu non rentable. La survie des chemiseries dépendra de la disponibilité du tissu made in Mauritius?, déclare Harold Mayer, chef des opérations du pôle confection chez Ciel.

La stratégie de développement de CFL et de la filière chemiserie du groupe passe par une montée en gamme et une implantation en Chine, envisagée après 2006. ?Dans dix ans, il nous faudra produire dix millions de chemises en Chine pour nous permettre de continuer à produire cinq autres millions d?unités à Maurice.?

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