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Armstrong intouchable

26 juillet 2004, 20:00

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Il y a 35 ans, un jour d’arrivée de Tour de France remporté par Eddy Merckx, un Américain nommé Armstrong et prénommé Neil, était devenu le premier homme à marcher sur la lune.

Il devait être écrit dans les astres qu’un autre Américain, prénommé Lance, deviendrait le premier homme à gagner le Tour de France à six reprises.

Si Lance Armstrong est parvenu à dépasser ce 25 juillet 2004 Jacques Anquetil, Eddy Merckx, Bernard Hinault et Miguel Indurain, seuls vainqueurs de cinq Tours, il faut se demander ce qu’il a de plus qu’eux.

Peut-être a-t-il pris le meilleur de chacun : la science de l’effort juste du Normand, la rage de vaincre du Belge, la détermination du Breton et le sens de la méthode de l’Espagnol.

Peut-être a-t-il profité de circonstances favorables, d’adversaires qui n’avaient aucune de ces qualités, qui à trop vouloir l’imiter ont perdu leur propre savoir-faire.

Au soir du sacre de l’Américain, on peut également se demander si l’histoire du cyclisme reflète la réalité de 101 ans de Tour de France en proposant tout au sommet de sa pyramide le seul nom de Lance Armstrong.

Les nostalgiques d’une époque qui présentait des champions présents et vainqueurs de février à octobre répondront certainement par la négative.

Les tenants d’un cyclisme devenu sport de spécialistes aux apparitions sont de plus en plus rares témoigneront qu’Armstrong est passé maître dans l’art de fixer son attention sur la seule course qui vaille la peine à ses yeux, le Tour de France.

En six ans de domination sur la plus grande course du monde, Armstrong n’a jamais semblé aussi maître de son sujet que cette année. Tout s’est déroulé exatement comme il l’avait imaginé.

Objectif 2005 ?

La préparation de sa sixième victoire a commencé le jour de la présentation du parcours, en octobre dernier, à Paris.

Avec toutes les difficultés rassemblées dans les huit derniers jours, il savait qu’il devait seulement se présenter au sommet de sa forme dans les Pyrénées, quitte à ne pas gagner le Dauphiné-Libéré dont il était le double vainqueur sortant.

Armstrong avait ensuite souligné les temps forts de l’épreuve et pas une seule fois il n’a raté le rendez-vous.

Deuxième du prologue à Liège, il est devant tous ses rivaux. Vainqueur avec l’US Postal du contre-la-montre par équipes sous la pluie entre Cambrai et Arras, il possède déjà plus d’une minute d’avance sur Jan Ullrich.

Il s’isole dans La Mongie puis dans le Plateau de Beille en compagnie d’Ivan Basso, dont il imagine qu’il se contente déjà du podium, et écoeure tous ceux qui pensaient deux semaines plus tôt pouvoir le battre enfin, Jan Ullrich, Tyler Hamilton, Iban Mayo et Roberto Heras.

Pour les décourager davantage, Armstrong signe un exploit rarissime en remportant les quatre dernières étapes en montagne avant d’écraser le dernier contre-la-montre à Besançon et d’offrir aux Etats-Unis un neuvième Tour de France, autant que l’Italie.

“En 1999, sur les Champs-Elysées, je me disais que je pouvais mourir heureux”, affirme celui qui n’était à l’époque pas encore certain d’avoir vaincu le cancer.

“Je n’imaginais pas pouvoir gagner un, deux, trois, quatre, cinq, six Tours de France. Beaucoup de personnes pensaient qu’il était impossible que je gagne six fois. Je l’ai fait.”

Parce que son équipe aura en 2005 un nouveau sponsor, Discovery Channel, on peut parier que le Texan sera bien présent le 2 juillet 2005 pour disputer le prologue sur l’Île de Noirmoutier.

Et qui, dans l’actuel peloton, serait capable de s’opposer à un septième sacre ?

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