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Après l?interview, haro ! sur G. Duval
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Après l?interview, haro ! sur G. Duval
Les propos duvaliens (voir nos réminiscences d?hier) ne peuvent laisser indifférents des membres du gouvernement travailliste et leurs éditorialistes préférés. Prudents, ces derniers attendent toutefois que les ténors du Labour haussent la voix et donnent le ton, avant d?entonner leurs refrains antiduvaliens. L?occasion leur est donnée, lors de la prestation de serment de Ghislaine Henry, s?ur du leader du PMSD. Elle vient d?être nommée, après protestations, secrétaire parlementaire au ministère de l?Energie. L?express note l?existence au Réduit, de propos aigres-doux entre Seewoosagur Ramgoolam et Gaëtan Duval. Le Premier ministre digère mal ce que son allié au gouvernement pense de lui. Le ton est, en tout cas, donné. Les sous-fifres labourites peuvent à présent donner de la voix.
Le politburo du PTr (eh ! oui, on l?oublie souvent mais il existe et sait se rappeler, à l?occasion, à notre bon souvenir) émet un communiqué (qui ne sera pas rendu public), condamnant les ?propos irresponsables et inadmissibles? du leader du PMSD. Le papelard fait état du courroux conjugué de Seewoosagur Ramgoolam et de Veerasamy Ringadoo. Ils quittent d?ailleurs le château du Réduit dès la fin de la prestation de serment de Fifi Henry. SSR reproche à Gaëtan Duval de vouloir le contrôler. Cela fait rire aux éclats le leader du PMSD. Il y a ensuite une réunion d?urgence au bureau de Kher Jagatsingh, au ministère de l?Education. Le Politburo, ainsi réuni mais en l?absence de Ramgoolam, examine le contenu de l?interview incriminée. Il rédige une lettre de protestation qu?elle soumet au Premier ministre. Elle se plaint que les propos duvaliens ont ?avili? l?image publique du Père de la Nation. Elle dit l?inquiétude travailliste face à la menace duvalienne de démembrement de Rodrigues.
B. Sunker et B. Ramlagun, les porte-parole ? tout le monde le sait ? du Young Labour League, sont du même avis : G. Duval ?has vilified? leur gourou préféré to ?unbearable limits?. Cela éclabousse par ricochet le Labour. Duval doit observer un minimum de décorum en tant que partenaire de la coalition. Ses propos sentent la droite à plein nez. Il a tort de se prendre pour le Messie de l?île Maurice. Ce fossoyeur déclaré du socialisme n?a pas le droit de faire la leçon au PTr. La Ligue des Jeunes Travaillistes ne tolérera plus ses clowneries. Il ne réussira pas à diviser le PTr.
Il faut quand même 72 heures de réflexion à Advance, le quotidien de Ramgoolam, pour réagir et se faire l?écho de l?indignation anti-duvalienne qui s?empare du PTr. Les propos de Duval n?ont pas plu, paraît-il. Mais le journal de la rue Dumas se contente de publier la lettre du tandem Sunker/Ramlagun.
Le baume, jeté tardivement par Advance sur les blessures ramgoolamiennes, n?a pas suffi. Le lendemain, le quotidien travailliste doit donner une plus grosse artillerie. G.R. titre que Duval contredit Sir Gaëtan. Il rappelle l?éloge que le leader du PMSD consacre à son homologue au sein du PTr, à l?occasion de ses 80 ans. Quatre mois après, le nouveau chevalier se prétend le seul capable de réveiller un dormeur chronique. G.R. se fait donc l?écho de la lettre du Politburo adressée à SSR, soulignant ceci : ?La nette impression qui se dégage (de l?interview) c?est que le gouvernement sombre à cause de votre léthargie. Il faudra donc que, par acte de désespoir, sir Gaëtan Duval vienne à la rescousse? Nous ne pouvons accepter que ce triomphalisme dépasse la fantaisie personnelle.?
Jugdish Sewpal s?en prend, pour sa part aux élucubrations duvaliennes. A leur lecture, certains sont pris d?un mouvement de colère. Il vaut mieux en rire car qu?est Gaëtan Duval ? Un candidat battu aux législatives du 20 décembre 1976. Ses propos sont insignifiants. Les tonneaux vides font, on ne le sait que trop, le plus de bruit. Le titre de chevalier lui monte à la tête. Il dit que Ramgoolam dort 300 jours sur 365. Mais il parvient à se faire élire et réélire à Triolet depuis 1948. Il s?agit d?un remake de l?épisode Boodhoo, concocté par ?l?aristocratie et des patriciens?. Il faut de nouveau que le PTr s?humilie aux pieds de ses vainqueurs.
Cinq jours après la publication de l?interview conflictuelle, c?est au tour du journal de Boolell, The Nation, de murmurer quelque chose en faveur de Ramgoolam et contre Duval. Le titre est anodin à souhait : ?Duval sous les feux nourris des Travaillistes et du PSM?. Pour rassurer tout le monde, il est accompagné d?un cliché montrant Duval plus hilare que jamais aux côtés de Ramgoolam. Où mènera cette controverse ? se demande La Nation, qui semble prendre un malin plaisir à reprendre les propos sur Ramgoolam dormant 300 jours sur 365 et sur Ringadoo allergique aux idées nouvelles.
S?il est trop tôt pour envisager en février 1981 un raccommodage Ramgoolam-Duval, on note, en revanche, que le Premier ministre réconcilie, avant son énième départ, ses ministres Satcam Boolell et Robin Ghurburrun qui se sont entredéchirés dans la presse, même mauve. Avant de reprendre l?avion, il leur dit : ?Faire bons zenfants. Pas la guerre. Zotte tous les dé éna tort. Ferme zotte la bousse.? Bref, un sermon du vendredi d?une demi-heure, au Conseil des ministres.
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