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Après 37 ans, Pierre Rivet quitte l?industrie sucrière
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Après 37 ans, Pierre Rivet quitte l?industrie sucrière
Depuis vendredi, Pierre Rivet, qui a servi la Mauritius Sugar Producers? Association (MSPA) comme secrétaire pendant 12 ans et plus largement l?industrie sucrière pendant 37 ans, s?est retiré. Tout au long de son parcours professionnel, qui a la couleur et le goût d?une longue amitié, il s?est fait un point d?honneur de conseiller et de négocier dans le respect de ses interlocuteurs. Une notion sans doute inspirée de son éducation et de ses convictions religieuses.
C?est à 19 ans que Pierre Rivet intègre l?industrie sucrière ?par le biais de contacts?, dit-il. Il commence au Syndicat des sucres et, en parallèle, étudie en vue de passer l?examen de Chartered Secretary. Il est embauché par le Mauritius Sugar Industry Research Institute où il demeure 15 ans. Belle-Vue-Mauricia le débauche ensuite comme directeur du personnel. Et c?est à partir de 1992 qu?il se joint à la MSPA où il a terminé sa carrière.
Sa plus grande satisfaction, souligne-t-il, tient au fait que dans toutes les fonctions qu?il a occupées, l?homme a toujours été son interlocuteur pri-vilégié. ?J?ai travaillé avec différentes hiérarchies au sein de l?industrie, eu divers contacts avec les fonctionnaires des ministères et d?organismes parapublics côtoyé des présidents-directeurs généraux comme des laboureurs. À chaque instant, je me suis efforcé d?être vrai, à l?écoute et de mettre en avant mes valeurs et principes que sont le devoir de discrétion, la rigueur dans l?analyse, le souci d?une loyauté et d?une intégrité sans faille, savoir prendre sa juste place et avoir la parole ferme quand cela s?avérait nécessaire. Mais le tout dans le respect de l?autre.?
Si Pierre Rivet qualifie de ?dramatique? la baisse du prix du sucre mauricien sur le marché mondial, il est d?avis que cela amènera une révision des manières de faire et des mentalités. ?Je refuse de parler de survie car cela signifierait faire des efforts pour sauver les meubles et ça, c?est épuisant. Là par contre, ce qu?il faut, c?est se réinventer, faire du neuf. À partir de là, n?importe quoi peut arriver.? Il est de ceux qui pensent que le prix garanti du sucre mauricien a endormi les réflexes de l?industrie. Celle-ci a tout de même fini par se réveiller. ?Entre les années 80 et 90, il y a eu un sursaut et tout un processus a été enclenché au niveau de la mécanisation dans les champs par ex-emple. Mais cela ne s?est pas fait au rythme que nous aurions pu souhaiter. Mais je suis confiant que la transformation va se poursuivre.?
S?il croit énormément dans les amendements au Labour Act et à l?Industrial Relations Act que se propose d?apporter en janvier le ministre du Travail, Pierre Rivet pense qu?il est souhaitable que l?industrie et les syndicats s?asseyent ensemble pour dégager de nouvelles conventions de travail sans ingérence de l?Etat. ?Il faut laisser le secteur se débrouiller. Et avec un nouveau cadre légal, hopefully, tout devrait aller pour le mieux.? Marié à Liliane, ce père de quatre enfants dont le benjamin termine ses études de prêtrise en vue d?être ordonné l?an prochain, ne croit pas qu?il trouvera le temps long maintenant qu?il est retraité. Très engagé avec son épouse dans l?église et en particulier dans la Communauté du Chemin Neuf, il continuera sa mission de soutien aux couples, voyagera, fera de longues marches, lira et écrira ses souvenirs. L?an dernier, il avait fait la même démarche et couché sur papier ses souvenirs d?enfance à l?intention de ses proches. Ces derniers l?ont invité à continuer. Qui sait, une nouvelle vocation est peut-être en gestation?
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