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Appels téléphoniques de Chetty : Hurnam veut une enquête

26 avril 2005, 00:00

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À l?audience d?hier sur l?enquête préliminaire contre Dev Hurnam, avocat et parlementaire, ce dernier a demandé à la cour d?ordonner au commissaire des prisons de produire les trois sim cards saisies sur le détenu Antoine Chetty qui était alors en détention.

Cette enquête préliminaire est engagée pour motif de complots contre le Senior Puisne Judge (SPJ) Bernard Sik Yuen et les inspecteurs de police Hemant Dass Ghoorah et Robinson Lisette. C?est Antoine Chetty qui a formulé les accusations et qui est maintenant interrogé.

L?avocat assure sa propre défense. Il a également demandé l?ouverture d?une enquête policière sur les appels téléphoniques de Chetty effectués sur un portable et ce, de la prison même de Beau-Bassin où il était incarcéré. Chetty a objecté que les détails des appels entrants et sortants sur ces numéros soient révélés.

Cette nouvelle joute dans l?affaire résulte de certains faits admis par le témoin durant l?audience d?hier. En effet, interrogé par Dev Hurnam, Chetty a confirmé que le 4 février dernier deux sim cards, un téléphone portable et un chargeur pour téléphone ont été retrouvés sur lui pendant une fouille menée par un des officiers du Prison Security Service. Chetty était alors incarceré à la New Wing de la prison de Beau-Bassin. Mais le témoin a nié qu?il était en possession d?une troisième sim card retrouvée le 26 septembre 2004. Cette troisième sim card avait été saisie par l?officier Arivagen Carpen. Ce dernier, dans une déposition, a soutenu que ce jour-là, alors que Chetty retirait un mouchoir de sa poche, une sim card est tombée. Chetty a maintenu, pour sa part, que cette carte ne lui appartenait pas, qu?elle avait été retrouvée sur l?herbe.

Chetty a concédé avoir utilisé seulement une des sim cards pour téléphoner à sa concubine, Anju Lallah. Selon lui, les autres cartes étaient défectueuses. Il a objecté qu?un relevé des appels téléphoniques faits au moyen de ces cartes soit produit en cour.

La police mise en cause

D?autre part, le témoin a aussi reconnu un autre fait : il y a deux semaines, alors qu?il était témoin, il avait été escorté aux quartiers généraux de l?Anti-Drug and Smuggling Unit (Adsu) à Port-Louis. Cela se serait passé après une audience. C?était à la requête du Deputy commissioner of police (DCP) Ravin Sooroojbally avec lequel il dit avoir conversé ce jour là pendant environ une minute.

Dans son intervention, Me Hurnam a soutenu que la cour détient bien la juridiction nécessaire pour demander aux opérateurs de lignes téléphoniques de fournir les informations qu?il demande. Le magistrat Anil Kumar Ujoodha lui a rappelé que ce genre d?informations est protégé par la confidentialité en vertu du Telecommunications Act. Pour lever cette clause de confidentialité, il faudrait impérativement que la police demande et obtienne l?ordre d?un juge siégeant en référé.

Me Hurnam a insisté que cette cour a la juridiction nécessaire pour obtenir ces informations et ce, en vertu du District and Intermediate Courts Act. Autre argument de l?avocat : la police ne peut être sollicitée pour présenter cette demande au juge des référés car elle est elle-même mise en cause. Il a rappelé que sa démarche vise à faire la démonstration de sa thèse de complot contre sa personne. Pour étayer ses dires, il a évoqué, outre la ?convocation? du témoin Chetty aux bureaux de l?Adsu, deux autres occasions où il y aurait eu interférence avec le témoin : les 3 et 6 février dernier, Chetty aurait reçu la visite du DCP Sooroojbally et des hommes de l?inspecteur Hector Tuyau. Ceux-ci étaient chargés de l?enquête sur les conspirations alléguées montées par Dev Hurnam.

La cour donnera aujourd?hui ses conclusions sur les arguments des deux parties.

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