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Appel à l?aide internationale
LE GOUVERNEMENT haïtien a appelé à l?aide internationale pour mettre un terme à la violente insurrection qui a gagné une nouvelle ville du centre du pays et menace de plus en plus le président Jean-Bertrand Aristide.
Le secrétaire d?Etat américain, Colin Powell, a exclu tout envoi, dans l?immédiat, d?une force armée en Haïti tandis que le chef de la diplomatie française Dominique de Villepin a fait part de la disponibilité de la communauté internationale pour aider à résoudre politiquement la crise.
?L?aide de la communauté internationale est essentielle?, a déclaré à Port-au-Prince le Premier ministre haïtien Yvon Neptune, qui a précisé que les autorités tentaient de reprendre le contrôle de la ville de Hinche, dans le centre du pays.
Aidés par des combattants de retour d?exil, une quinzaine d?insurgés ont attaqué lundi le poste de police de cette localité, a-t-on appris de source proche de la police. Les policiers, à cours de munitions, ont été autorisés à partir.
Le gouvernement a attribué l?attaque de Hinche à Louis Jodel Chamblain, ancien responsable d?une milice d?extrême droite qui a terrorisé les Haïtiens au début des années 1990.
Un correspondant de Reuters présent dans la ville, Michael Christie, a pu voir Chamblain pénétrer mardi à Hinche en tête d?un convoi de 4X4, escorté de quelque 25 hommes en armes et en tenue de camouflage. Les habitants qui n?ont pas fui la ville ont applaudi à son passage.
Chamblain et Guy Philippe, ancien chef de la police haïtienne, seraient rentrés ce week-end dans le pays en franchissant la frontière depuis la République dominicaine.
Une cinquantaine de personnes sont mortes à Haïti depuis que des insurgés ont pris, le 5 février, le contrôle de Gonaïves.
Trouver une solution politique
Neptune a affirmé que d?anciens membres de l?armée ou de milices paramilitaires avaient pu rentrer au pays parce que les Etats-Unis et la République dominicaine, qui leur avaient accordé l?asile, n?avaient pas pris les dispositions nécessaires pour les empêcher de retourner en Haïti.
Il a ajouté que le gouvernement haïtien était incapable de protéger des petites villes comme Hinche avec ses seules forces de police sous-entraînées et mal payées.
Aristide a démantelé son armée après avoir été rétabli au pouvoir en 1994 par les Etats-Unis à la suite d?un coup d?Etat contre lui. La police, qui ne compte que 5 000 hommes, a été dépassée aux Gonaïves et dans bien d?autres villes.
L?attaque de Hinche marque une nouvelle étape dans la crise haïtienne, où la situation semblait s?être stabilisée ces derniers jours. Les rebelles des Gonaïves eux-mêmes ont dit se sentir renforcés par l?arrivée de combattants de l?étrangers, en ajoutant qu?ils envisageaient d?avancer dans le pays.
La République dominicaine, qui partage avec Haïti la même île d?Hispaniola, a aussi demandé mardi l?aide internationale.
?Il est temps pour la communauté internationale, pour les agences de prêts multinationales et pour les gouvernements amis d?intervenir (...) dans l?aggravation d?une crise qui pourrait s?avérer très préjudiciable pour la région?, a déclaré Francisco Guerrero Prats, chef de la diplomatie dominicaine.
Neptune a estimé que les Etats-Unis auraient pu empêcher la prise de Hinche en fournissant davantage d?entraînement et de soutien logistique à la police.
Mais Powell a affirmé que Washington n?envisageait pas d?envoyer à ce stade une force militaire et préférait agir sur le terrain diplomatique.
?Nous ne sommes franchement pas enthousiastes à l?idée d?envoyer maintenant des forces militaires ou des forces de police pour mettre un terme aux violences auxquelles nous assistons?, a-t-il dit. ?A l?heure actuelle, nous souhaitons trouver une solution politique. Plusieurs pays sont d?accord pour, par la suite, envoyer une force de police pour observer le respect d?un accord politique.?
Mardi matin, sur les ondes de France Inter, Dominique de Villepin a de son côté appelé la classe politique haïtienne à ?un sursaut? et a fait part de la disponibilité de la communauté internationale à aider au retour au calme.
Le ministre des Affaires étrangères a précisé avoir ?demandé qu?une cellule de crise puisse se réunir au Quai d?Orsay en urgence aujourd?hui pour rassembler l?ensemble des administrations françaises et voir ce que nous pourrions faire comme contribution immédiate?.
Interrogé sur l?éventuel envoi d?une force de paix dans l?île en proie à la violence, Dominique de Villepin a rappelé que la France était en liaison avec ses partenaires ?dans le cadre des Nations unies, qui ont envoyé une mission humanitaire?.
Le Parti socialiste français a de son côté invité le président Aristide à démissionner pour créer les conditions d?un retour à la paix civile, tout en précisant dans un communiqué que les ?bandes armées (...) qui contrôlent une partie du territoire ne constituent en aucune manière la relève démocratique attendue par la population? et en renouvelant son soutien ?aux forces démocratiques et pacifiques? du pays.
Amy Bracken
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