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Anticiper la crise énergétique

7 septembre 2005, 20:00

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L?avenir pourrait nous réserver le pire des scénarios. Des automobilistes investissant, dans un complet embrouillamini, des stations-service, des centrales thermiques en panne, des autobus et autres modes de transport incapables de quitter les garages, une hausse drastique du prix de produits comme le pain? Dans quelques années, si la situation n?évolue pas, c?est le spectacle affligeant auquel on risque d?être confronté.

Parce que le prix du baril du pétrole a déjà franchi la barre mythique de 70 US dollars. Ici et là, la panique et un sentiment d?urgence se sont installés. Et surtout parce que Maurice se montre, de plus, velléitaire dans ses initiatives pour affronter le pire. C?est un peu comme ce mode alternatif de transport sur lequel on travaille depuis des années. Ou encore comme l?effacement du régime préférentiel qu?on avait prévu mais qu?on n?avait pas pris au sérieux. Bref c?est caractéristique du pays.

L?exemple du Brésil

Au niveau mondial, pour contourner le problème du pétrole, on exploite diverses sources dont les énergies renouvelables comme l?éolienne, le photovoltaïque, l?hydroélectrique, le géothermique, la biomasse. à Maurice l?accent est mis sur la cogénération ou la production de bioéthanol, qui s?appuie sur la biomasse.

La nécessité d?une nouvelle politique énergétique est pressante. Michaël Atchia, ancien directeur du programme des Nations unies pour l?environnement, plaide, lui, la cause de la conversion du sucre en carburant. Il propose ainsi l?introduction de biocarburants fabriqués à partir du sucre de canne. Il estime que les biocarburants non polluants peuvent alléger le poids de la consommation des transports en commun. A cet effet, il cite l?exemple du Brésil, qui utilise 55 % de sa récolte de canne à sucre pour fabriquer du carburant.

?La fin de l?ère du pétrole se situe entre 2040 et 2080 et, au plus tard, à 2100. Le prix du baril est passé de 2 US dollars dans les années 70 pour passer à 70 US dollars. Le prix va grimper et on finira dans une situation où seulement les riches des pays les plus développés pourront se le permettre?, prévient Michael Atchia. Il prône, par conséquent, la production d?éthanol. à son avis, si on commence dès maintenant à en produire, on pourrait dans dix ans devenir autosuffisants, voire exporter de l?éthanol. ?D?importateur de pétrole, on deviendrait exportateur d?éthanol.?

Sensibilisation essentielle

Pour Kishore Baguant, ancien chairman du CEB, et désormais au département du Génie civil à l?université de Maurice, il faut absolument réduire la dépendance au pétrole. ?Il faudrait développer des ressources locales comme la bagasse, dont le potentiel a été reconnu depuis longtemps?, explique-t-il. à cet effet, une série de mesures a déjà été prise, comme l?installation de la centrale thermique de Belle-Vue, celle de Fuel et Beau-Champ et la prochaine mise en place de celle de Savannah.

Ces initiatives permettent-elles de penser que Maurice pourrait réduire considérablement sa dépendance au pétrole ? ?Il n?y a pas de solution miracle. On exploite déjà la bagasse, et l?éolienne peut être une grande contribution, alors que l?Ocean thermal energy conversion est au stade de développement. Mais il y a des critères techniques ainsi que des coûts à prendre en compte?, répond Kishore Baguant, ajoutant qu?il faut développer deux axes d?action. D?abord une politique de planification pour répondre aux besoins, et ensuite une étude sur les caractéristiques des demandes en énergie.

En effet, il ne s?agit pas simplement de nouvelles politiques énergétiques. Celles-ci ne produiront pas de résultat probant s?il n?y a pas parallèlement de campagne de sensibilisation sur le gaspillage énergétique. La sensibilisation du consommateur est essentielle pour une gestion rationnelle de nos ressources. Surtout en l?absence d?identification d?une énergie de substitution à l?or noir, une denrée appelée à être de plus en plus rare avec les besoins de la Chine et de l?Inde. à elles seules, ces deux nations consommeraient jusqu?à 50 % de la production totale en 2025.

Autant prendre de l?avance sur les événements et mettre dès maintenant en place les mesures qui s?imposent.

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