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Angleterre, quel gâchis !

2 juillet 2006, 20:00

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L?Angleterre a une nouvelle fois été sortie après la séance des tirs au but (1-3) avec, notamment, les tirs catastrophiques de Lampard, Gerrard et Carragher, seul Owen Hargreaves a réussi son penalty.

Si l?Allemagne est la reine des séances de tirs au but, l?Angleterre, elle, est la dernière de la classe dans cet exercice. Il faut voir là une certaine forme de nullité, car c?est la troisième fois que les anglais se font éliminer en trois tentatives, après Italia 90 et France 98.

Cette Coupe du monde marque la fin d?une génération de joueurs que beaucoup d?observateurs ont qualifié qu?elle est la meilleure depuis 1966, l?année où l?Angleterre a remporter son unique titre international. Exit les Beckham, Campbell et autres Neville. Les Anglais ont peut-être laissé filer entre leur mains (ou pieds ?) leur meilleure chance de remporter, enfin, un tournoi majeur depuis 40 ans. En 2010, en Afrique du Sud, autant dire que ce sera une mission quasi-impossible vu la chaleur qu?il fera, puisqu?ils ont mis en cause ce facteur pour expliquer leur piètre performance !

Comme Gary Neville et David Beckham l?ont dit avant le début du tournoi, ils n?auront pas d?excuse s?ils échouent cette fois-ci; ils devront assumer leur responsabilité en cas d?échec.

Pour un échec, c?en est un cuisant, car ils avaient les moyens de réaliser quelque chose de grand en Allemagne. Mais qu?est-ce qui n?a pas marché alors qu?ils avaient toutes les cartes en main : les joueurs, le support de leurs fans venus en grand nombre, un groupe relativement facile au premier tour et un Portugal privé de son maître à jouer, Deco ?

Trois facteurs implacables expliquent cette déroute cuisante : l?entraîneur, les joueurs et la Football Association (FA). Précédé d?une excellente réputation avec, notamment, ses passages à succès au Benfica de Lisbonne et à la Lazio de Rome, Sven-Goran Eriksson était pour beaucoup, du moins pour les Anglais, celui capable de faire, enfin, triompher l?Angleterre sur la scène internationale.

Malheureusement, il faut se rendre à l?évidence, qu?il n?avait pas l?etoffe pour diriger cette sélection. Il a manqué de charisme, de passion, d?agressivité et surtout de présence d?esprit pour réussir.Même le grand psychanalyste Sigmund Freud aurait rendu son tablier s?il avait été chargé d?expliquer les sélections et autres choix tactiques de l?entraîneur. En effet, il aura du mal à fournir une explication valable à la sélection d?un Theo Walcott sans aucune expérience, la titularisation d?un Michael Owen en perte de vitesse et de l?isolement d?un Wayne Rooney en attaque, d?autant que ce dernier revenait tout juste d?une blessure et n?était pas à 100% de ses moyens.

Plus difficile encore, la relation, limite conjugale, entre le Suédois et son capitaine David Beckham. Alors que le joueur du Real Madrid était visiblement dépassé par le niveau de la compétition, il fut, néanmoins, maintenu dans le onze de départ. Plus fidèle qu?Eriksson tu meurs !

Les joueurs cadres de l?équipe sont passés, complètement, à côté de la plaque.

Frank Lampard résume, à lui seul, ce fait marquant. Les seuls à avoir été à la hauteur sont : Joe Cole, Ashley Cole, Peter Crouch et Owen Hargreaves (l?homme du match contre le Portugal durant 120 min).

Et, enfin, il y a la Football Association. Si l?Angleterre aspire un jour à remporter un trophée majeur, elle devra faire le ménage dans cette prestigieuse instance, qui est dirigée par des gens incompétents qui ne pensent qu?a leur petite personne au détriment de la nation. Pour ne pas déroger à la règle, la FA a remplacé Eriksson par Steve McClaren, quelqu?un qui ne risque pas de bouleverser quoique-ce soit dans le paysage iconoclaste du football anglais. Sam Allardyce devra repasser. Dur, dur d?être supporter de l?Angleterre de nos jours?

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