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Ananas : un commerce prospère
L?entrée de la maison de Rajesh Haulkory ressemble à une rampe d?accès. Elle a été conçue de façon à faciliter l?accès aux véhicules des nombreux distributeurs qui y font le va-et-vient pour s?approvisionner en ananas.
Ce commerce peut rapporter gros, mais à condition de savoir s?y prendre et de trouver preneurs. Rajesh Haulkory, la quarantaine bien sonnée, s?est jeté de tout son poids dans ce domaine, il y a 25 ans. Aujourd?hui, ses idées novatrices ont porté leurs fruits et il fournit quelque 10 tonnes d?ananas par semaine.
Même si le marché d?ananas demeure l?épine dorsale de son commerce, il s?est aussi lancé dans la distribution d?autres fruits tropicaux : bananes, grenadines, mangues, prunes et letchis. Cette année, il a doté la chambre froide pour les bananes d?un appareil d?Ethy Gen Gas, une technologie américaine pour faire mûrir plus rapidement ce fruit.
Ananas à Rs 1.50 et bananes à 5 sous
?Avant, il fallait tremper les bananes dans une solution pour les faire mûrir. Mais le procédé prend beaucoup plus de temps et comporte des risques pour la santé. Avec la technologie américaine, les bananes mûrissent en l?espace de quatre jours et la peau n?est pas tâchetée de noir. Le gaz spécial utilisé répond aux normes de sécurité internationale exigée pour les besoins de la consommation?, rassure-t-il.
Après ses études secondaires, Rajesh Haulkory décide de prendre la relève de son père comme cultivateur d?ananas. Il héritera d?une plantation familiale d?une superficie de sept arpents. ?Je me souviens que mon papa vendait des ananas aux marchands et aux ventes aux enchères. A l?époque, on vendait l?ananas à Rs 1.50 et la banane à 5 sous?.
Au départ, Rajesh Haulkory écoule ses fruits aux marchés de Goodlands, de Rivière-du-Rempart et de Centre-de-Flacq. ?Lorsque j?ai rencontré des distributeurs, il m?ont suggéré de leur fournir des ananas. Mais c?est en 1985, que j?ai commencé à en livrer?.
Au fil des années, son commerce grandit et il doit également acheter des ananas à des planteurs des villages avoisinants pour répondre à la demande. ?Je distribue aussi des ananas aux hôtels Ambre, Casa Florida, Beach Club, à Super U et Monoprix. Mais la plus grosse part de ma production va à d?autres distributeurs?.
Rajesh Haulkory cultive des ananas de la variété Victoria que les planteurs préfèrent pour l?exportation. ?La pulpe de cette variété est plus charnue et plus savoureuse. J?ai aussi appris que le tronc de l?ananas protège contre le cancer?.
Le producteur regorge d?idées. Il veut se lancer dans l?exportation d?ananas à valeur ajoutée. ?Je compte mettre sur pied une unité de traitement d?ananas. Les fruits seront épluchés ? une tâche que beaucoup de clients ne se résignent pas à faire ? et placés dans des barquettes avant d?être commercialisés. Je pourrais aussi écouler une partie sur le marché local?. Rajesh Haulkory lorgne aussi sur un projet d?embouteillage de jus d?ananas.
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