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Alpha Blondy
Comment passe-t-on de l?envie d?être prof d?université au statut de chanteur mondialement reconnu ?
Je crois que la question de destin revient à la volonté de Dieu.
D?accord, mais il fallait du talent pour réussir dans la musique.
Du talent et beaucoup de chance.
Une quinzaine d?albums en vingt ans de carrière, quel est le secret de cette longévité et de cette richesse ?
L?amour du public. C?est le plus grand stimulant pour une carrière comme la mienne.
Où trouvez-vous l?inspiration ?
C?est un don. Celui qui dit qu?il fait un effort est un menteur. L?inspiration appartient à Dieu. C?est lui qui nous la donne, qui met l?inspiration dans nos cerveaux.
Pouvez-vous nous parler de vos deux projets d?albums ?
L?album qui va sortir bientôt, le 14 juin est une compilation, un very best of Alpha Blondy, qui comprend aussi cinq ou six titres revisités par de jeunes artistes, Magic System, 113, Sayan Supa Crew. Ce sera un album de 16 chansons, bien fourni. Si vous voulez vraiment le best of Alpha Blondy, c?est celui qu?il vous faut.
Avez-vous aussi un nouvel album en préparation ?
Oui, ce sera très beau. Il y aura une certaine maturité, beaucoup de sagesse. Mes fans ne seront pas déçus.
Toujours sur la vague reggae, c?est le moteur de votre musique ?
Oui, le reggae dans sa grande diversité, le reggae aux différentes épices, au miel, à la sauce arachide, au curry. Tout sera reggae mais avec un apport d?instruments nouveaux.
Quel regard posez-vous sur cette nouvelle vague de musiciens africains, Magic System, Amadou, Mariam ?
Africains et non Africains, beaucoup sont Français d?origine africaine. Ils ont apporté quelque chose qui m?a séduit, la manière dont ils perçoivent la musique. Ils ont écouté petit, et ils ont travaillé sur ces chansons avec leur feeling.
Qu?est-ce que vous écoutez en ce moment ?
J?écoute toutes les bonnes musiques. Quand je viens dans un pays, je veux connaître la musique locale, pas celle de la télé ou de la radio, mais les talents cachés.
Connaissez-vous la musique mauricienne ?
J?ai eu des amis mauriciens, en Côte d?Ivoire, des musiciens qui jouaient à La Cabane Bambous. J?espère que j?en retrouverai certains à Maurice.
?Je n?ai pas de regrets. Je n?ai pas fait de critiques négatives. Quand je critique, je propose des solutions, je remue sept fois la plume dans l?encrier avant d?écrire.?
Avez-vous un message pour vos fans mauriciens, un mot sur le concert ?
Je croise les doigts pour que les conditions soient réunies pour faire la fête avec mes amis mauriciens, pour que tout se passe bien. Et je donne un conseil à tous mes frères : l?école pour les enfants. Les erreurs commises par le passé seront réparées par une génération d?élite. Du courage et de la solidarité. La lutte continue, il ne faut pas baisser les bras.
Avez-vous déjà baissé les bras au cours de votre vie?
? je n?ai jamais baissé les bras ! Je suis tombé, mais je me suis relevé. J?ai un allié terrible, Dieu. Quand je me décourage, il me botte le ?
Vous avez déclaré : ?Nous sommes des tisserands de rêves », à quoi rêvez-vous aujourd?hui ?
Il y en a tellement. J?aimerai construire une école, qui irait de la maternelle à la terminale. Je voudrai former une élite de scientifiques. Le problème des pays sous-développés, c?est l?éducation. Je voudrai copier le modèle japonais et pousser les jeunes. Le deuxième rêve, ce serait de créer des dispensaires dans les petits villages de Côte d?Ivoire et d?Afrique.
Vous chantez aujourd?hui pour réaliser ces rêves précisément ?
C?est pas tout d?être engagé, il faut concrétiser son engagement. J?ai de gros rêves, il faut donc que je chante beaucoup et vite.
Alpha Blondy, chanteur engagé, regrettez-vous certaines prises de positions ?
Je n?ai pas de regrets. Parce que je n?ai pas fait de critiques négatives. Quand je critique, je propose des solutions, je remue sept fois la plume dans l?encrier avant d?écrire. Je dis des vérités, mais sans blesser, sans blessures.
Vous n?avez jamais été tendre avec les politiciens, n?avez-vous jamais été tenté par une carrière politique ?
Non. Le problème de l?Afrique, c?est qu?il faudrait les hommes qu?il faut, aux places qu?il faut. Chacun sa place. Il faut que les politiciens doués pour la chose politique fassent de la politique. Mais ce n?est pas parce que l?on critique que l?on peut faire mieux.
Pourquoi être artiste engagé ? Un artiste se doit-il de s?engager ?
Non. Moi, j?adore le zouk love. Il faut quand même des chansons pour draguer les nanas. C?est très noble les chansons d?amour. Il faut de tout pour faire un monde.
Comment vivez-vous les conflits africains ?
J?ai compris très vite que les politiciens sont frappés d?une sorte d?ignorance politique. Ils ont appris sur le tas, et n?ont pas cette mentalité démocratique. Les coups d?état ne font qu?aggraver les choses.
Nos politiciens gagneraient à copier le côté positif de la politique de l?Occident, sans pour autant la singer. Il ne faut pas une démocratie africaine mais une démocratie tout court.
Il faut maintenant, pour sortir de cette ignorance, faire une sélection de l?élite, que l?on enverrait étudier à l?étranger et qui reviendrait au pays. Et bien sûr, que tout le monde puisse aller à l?école. Lorsque l?Afrique aura vaincu l?ignorance, l?Afrique se réveillera. Et cela changera toutes les données, car avec nos matières premières et le savoir, nous serons enfin indépendants.
Le planning d?Alpha Blondy est digne de celui d?un chef d?Etat. Ou un ambassadeur de la musique de la paix, le reggae. Alpha Blondy est la référence du reggae africain et sera en concert chez nous le 4 juin au Stade Germain Commarmond à Bambous. Mais avant d?entrer en scène, quelques jours de folie, au programme d?Alpha Blondy, entre rendez-vous, conférence de presse, visites officielles et concert, dont un à La Réunion.
Voyez plutôt, rencontre avec le président de la République, Sir Anerood Jugnauth, audience auprès de Leela Devi Dookun Luchoomun, ministre des Arts et Culture, rencontre avec la Masa, rencontre avec des enfants orphelins et remise d?une donation à la médiathèque du centre. Une dernière visite d?importance lorsque l?on sait l?attention qu?il accorde à l?éducation.
Alpha Blondy arrivera dans l?île le 2 juin, tôt le matin, pour une journée marathon qui le mènera de son hôtel le Voile d?Or, à un restaurant chic de Grand Baie, en passant par le Caudan.
Vendredi 3 juin, escapade à La Réunion où le chanteur donnera un concert.
Et enfin, samedi 4 juin, le grand jour pour les amoureux du reggae. Alpha Blondy se reposera dans son hôtel avant de se diriger avec son équipe vers le Stade de Bambous. Aux environs de 18 heures 30 et 19 heures, il devrait donner une séance de dédicace. Et à 20 heures, les bonnes vibrations.
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