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Ally Lazer : «Les barons de la drogue ont des protections...»
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Ally Lazer : «Les barons de la drogue ont des protections...»
Il est recherché depuis mardi. Et ce n?est pas la première fois. Ashraf Mohamed Ali, 34 ans, fait encore parler de lui. Cet homme, dont le nom figurait apparemment sur la liste de 40 présumés trafiquants qu?avait soumise Ally Lazer aux autorités en 1996, aurait été arrêté à quatre reprises depuis. Et selon le travailleur social, pour les quatre affaires, il n?aurait été condamné qu?une seule fois. Pour Ally Lazer, il n?y a donc pas à sortir de là : «Si les barons de la drogue sont devenus aussi puissants, c?est parce qu?ils ont des protections occultes !»
Selon Ally Lazer, à chaque fois qu?Ashraf Mohamed Ali a été «coincé», il était en possession d?importantes quantités de drogue. Et alors qu?il aurait parfois échappé à la condamnation, ceux qu?il avait utilisés comme passeurs auraient eu moins de chance. «Une enseignante australienne de 52 ans qui agissait comme passeuse l?avait identifié. Toutes les preuves y étaient mais Ashraf Mohamed Ali avait retrouvé la liberté. L?enseignante a, elle, été envoyée à l?ombre.»
Les trafiquants de drogue ne devraient pas avoir de caution, poursuit Lazer. «Après 25 ans de travail de terrain, je ne connais aucun trafiquant qui soit sorti de prison et qui ait abandonné son business de la mort. Combien de gens Ashraf Mohamed Ali a-t-il tué depuis 1996 en propageant le poison qu?est la drogue ?» Le véritable problème, dit-il, est la corruption à tous les niveaux. «Il y a vraisemblablement des policiers qui sont complices de ces trafiquants.»
La dernière arrestation d?Ashraf Mohamed Ali remonte à une dizaine de jours. Il avait alors été surpris dans la voiture d?un policier qu?il aurait eue en emprunt pour une livraison de drogue. Cette voiture était celle du sergent Sanjay Khuputh qui a, par la suite, été arrêté. «Dans les documents remis en 1996 aux autorités, j?avais d?ailleurs fait mention de trois policiers comme étant des trafiquants de drogue : deux membres de l?Anti Drug and Smuggling Unit et un sergent de police. Les trois ont été jugés, condamnés et emprisonnés.» Et de se targuer, dans la foulée, d?avoir mis hors-circuit un magistrat pour complicité dans une affaire de drogue.
Ally Lazer fait, en outre, ressortir qu?Ashraf Mohamed Ali n?a jamais travaillé de sa vie et qu?il est le propriétaire d?un des plus grand centres commerciaux de Plaine-Verte. Le Dangerous Drug Act 1986 stipule que les richesses mal acquises de tout trafiquant de drogue qui a été trouvé coupable doivent être saisies. Mais le travailleur social précise que les plus rusés enregistrent leurs biens au nom de leurs proches.
Poursuivant sa ligne de pensée, il soutient que «25 000 toxicomanes doivent prendre trois doses d?héroïne par jour, ce qui est l?équivalent de Rs 1 000. Quand on demande à ces personnes où elles obtiennent Rs 30 000 par mois, elles répondent : Be nou al trase. Nous cherchons à savoir d?où provient la violence mais les faits sont devant nous».
Quoi qu?il arrive, Ally Lazer reste en tout cas déterminé à poursuivre son combat contre le fléau de la drogue. Et ce, même si «je sais que je mène ce combat au péril de ma vie?»
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