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?Allo, je vous appelle de la prison??
Mais que se passe-t-il donc à la prison centrale tous les soirs ? D?après certains détenus, lock-up rimerait avec ?bate?. Les autorités démentent alors que des coups de fil de détenus se font insistants. Où est donc la vérité ?
Le 18 avril dernier, les autorités pénitentiaires décident de prendre les choses en main. L?indiscipline qui régnait avait transformé le lock-up en vrai parcours du combattant. D?après les règlements, les détenus doivent rentrer en cellule à 18 heures. Récemment, ils se baladaient toujours à 20 heures.
Depuis cette date donc, les gardes-chiourme appliquent la discipline : tous les détenus doivent être en cellule. Mais ces derniers ne l?entendent pas de cette oreille. Pour faire face à cette résistance, certains membres de la Prison Supporting Squad (PSS) n?ont trouvé rien de mieux que? de battre les détenus. Selon les dires de ces derniers, du moins. Dimanche, un incident entre un détenu et un de la PSS a dégénéré et a fini en coup de poing au nez du détenu.
Le commissaire de prisons, Bill Duff, affirme ne pas être au courant de cet incident en particulier. Il admet qu?il y a eu des incidents dimanche soir mais affirme que c?est le contraire qui s?est produit : des détenus ont agressé un membre de la PSS et l?incident a été rapporté à la police. Il insiste que le but de l?opération est de faire les prisonniers respecter la discipline et certainement pas de leur faire violence.
Toujours est-il que ces détenus se plaignent constamment de violence. ?Souvent ils (PSS) menacent de revenir nous battre à 21 heures quand tout le monde est en cellule. Et ces cas ne sont pas rapportés à l?administration?, se plaint un détenu. Fait plus troublant, c?est par des appels téléphoniques que ces détenus nous informent de leur calvaire. Ils ont des numéros de portable, ils sont joignables n?importe quand et ils font fi des règlements. En toute impunité.
Des appels que l?express reçoit pratiquement tous les soirs. Et ils disent toujours la même chose : ?Bann la pe bate. Gete ki ou kapav fer pou ed nou.? Un garde- chiourme réagit : ?Les plus grands menteurs se trouvent à Beau-Bassin et qu?il ne faut pas les prendre au sérieux.? Bill Duff ajoute ?qu?à l?heure actuelle, c?est la nourriture qui semble préoccuper les prisonniers et non la violence alléguée.?
Mais le 25 avril, un détenu nommé Robin Lafleur aurait été battu par des membres de la PSS. Il aurait été transféré ensuite à la prison de haute sécurité, La Bastille. Lafleur y serait resté jusqu?au 7 mai. Pendant ce temps, d?après lui, les officiers de la prison ont refusé sa requête de voir un médecin. Mais, sur son insistance, le détenu Lafleur a été transféré à l?hôpital de la prison samedi dernier. Il s?y trouve toujours.
Un officier de la prison affirme ne pas savoir ce qui se passe vraiment. ?Les PSS ne vont certainement pas confirmer cette thèse. Mais je pense que la vérité se trouve quelque part entre la version des détenus et celle de Duff. On ne peut accuser le commissaire de ne pas dire la vérité non plus puisque ses informations dépendent de ce que lui disent ses subordonnés.?
L?avocat Jean-Claude Bibi, qui avait défendu les intérêts de Wendy Lafleur en 2003 après que ce dernier se soit retrouvé dans un coma après des coups ?sauvages? des PSS, affirme qu?il ne serait pas ?étonné que les PSS continuent ces actes illégaux. Aucune mesure n?a été prise en 2003 ? il y a eu cover-up et c?est avec l?accord tacite du Premier ministre qu?ils continuent à battre en toute impunité.?
Le problème ajoute l?avocat, c?est qu?il n?y a aucun mécanisme pour que les prisonniers puissent se plaindre officiellement de violence. Bill Duff réfute : ?Il y a certainement une façon pour eux de se plaindre. Ils peuvent écrire à l?officier en charge et demander à faire une déclaration officielle. C?est arrivé récemment.? Alors que se passe-t-il vraiment ? En attendant un autre coup de fil?
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