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Ajournement surprise du ?Fisheries Bill?

12 mai 2005, 00:00

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Mauvaise humeur ou prudente stratégie ? Les commentaires vont bon train après l?ajournement surprise, réclamé par Seewoosagur Ramgoolam, de l?examen en comité du ?Fisheries Bill? à l?Assemblée législative. Les tenants de la mauvaise humeur font état des fréquents froncements des sourcils ramgoolamiens, à la lecture des dispositions de ce projet de loi tandis qu?Iswardeo Seetaram s?efforce de résumer les débats parlementaires en deuxième lecture. Les signes de mécontentement et d?exaspération se multiplient au point que le Premier ministre éprouve le besoin d?aller quérir des explications auprès des fonctionnaires présents et dans leurs petits souliers.

Mais non, répliquent les partisans de la stratégie de prudence. Seewoosagur Ramgoolam sait incomplète sa ?majorité? parlementaire (si fragile et incertaine que les guillemets ne sont pas de trop). Il se doute aussi que l?opposition mijote des amendements radicaux à apporter à la nouvelle loi régissant la pêche, amendements pouvant, si votés, ridiculiser de nouveau le gouvernement.

Bérenger, par exemple, fait un exposé critique et un constat d?échec de l?industrie de la pêche. Les mesures enfin préconisées arrivent trop tard. La tisane après la mort. Les lagons, les récifs, les bancs sont déjà pillés. La faillite hauturière n?a d?égale que celle de la diversification agricole. Le plan de développement prévoit, par exemple, que les barachois peuvent produire 300 tonnes de poisson par an. Ils n?en produisent qu?une douzaine. La production de Saint-Brandon a diminué de moitié entre 1972 et 1978. Deux grosses compagnies de pêche ont fermé leurs portes (N.B. : on se croirait en? 2005). Nos importations en produits de la mer nourricière passent de 1 800 tonnes en 1970 à 5 500 tonnes en 1977. Le GM fait voter le Maritime Act et l?Agalega Act mais sans en appliquer les mesures préconisées. La coopération avec la pêche seychelloise, déjà en avance sur la nôtre, est inexistante. Notre zone maritime économique et exclusive est décimée par des bateaux étrangers non contrôlés par aucun patrouilleur digne de ce nom. On commence seulement à mettre fin à la pêche à la dynamite et à la chasse sous-marine. Il se réjouit cependant que le Fisheries Bill inclut Tromelin et les Chagos et fait explicitement mention de nos droits de pêche et d?atterrissage sur ces îles.

Madan Dulloo reproche au gouvernement Ramgoolam de centraliser tous les pouvoirs en matière de pêche entre les mains d?une seule personne. Il dénonce la surveillance inadéquate de nos rivières et étangs.

Shirin Aumeeruddy-Cziffra attire l?attention sur la sévérité impitoyable d?une loi, prévoyant, par exemple, la confiscation pure et simple de l?embarcation et des autres équipements (sennes, filets, lignes, moteurs, casiers) en cas de délit. Cette confiscation d?outils de travail peut léser gravement des innocents n?ayant rien à faire avec le délit commis ou allégué et se retrouvant du jour au lendemain privés des moyens d?assurer le gagne-pain de leur famille.

C?est alors que Ramgoolam, père, réclame, à la surprise générale, l?ajournement des travaux parlementaires.

Ne quittons pas pour autant le secteur de la pêche et des îles lointaines sans passer en revue l?actualité de la mi-mai 1980, ayant trait à ces secteurs. Il est ainsi question de la réintroduction dans les eaux mauriciennes du? dugong (ce qui vaut à ROG une de ses meilleures caricatures, à savoir un face à face dugong/Iswardeo sans préciser qui effraie le plus l?autre). Il s?agit (le dugong, bien sûr) d?un mammifère marin à corps massif, de l?ordre des cétacés, à chair comestible et très appréciée des gourmets. Taïwanais, Coréens, Russes et Chinois ont allègrement dépeuplé nos eaux de cette espèce marine, faute d?un contrôle anti-pillage digne de ce nom. L?Australie serait désireuse d?aider Maurice et les Seychelles à repeupler leurs eaux en dugongs. Il est aussi question d?un sanctuaire de cétacés dans la partie occidentale de l?océan Indien mais, faute de contrôle adéquat des pays riverains, ce beau projet demeure lettre morte. Les Seychelles et Maurice se mettent d?accord pour établir, d?ici juillet 1980, une carte marine commune et délimiter à l?amiable leurs eaux territoriales respectives. Sydney Moutia est nommé commissaire résident de Rodrigues. On craint que la population rodriguaise, alors de 30 000 habitants, ne double d?ici l?an 2 000. Ces craintes apportent bizarrement de l?eau au moulin des tenants d?un contrôle des naissances par des moyens non naturels. Jean Allot de CODIP confirme que la MBC refuse de diffuser une publicité en faveur du magazine français Le Point, faisant état de la publication d?un dossier sur l?océan Indien, avec mention de la mainmise américaine sur Diego Garcia et des menées des grandes puissances sur la route du pétrole. Toujours cette peur servile des grandes puissances !

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