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Ajay Beedasee, «Managing director» de «GNP Wear»

7 juillet 2008, 00:00

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Comment la crise dans le secteur textile mauricien affecte-t-elle votre entreprise?

Mon marché se réduit continuellement car mes produits sont de moins en moins compétitifs. Je me suis spécialisé dans la production des pantalons, jeans, et jackets que je commercialise sur le marché local et aussi à La Réunion.

Jusqu?à l?année dernière, j?écoulais annuellement 2 000 à 3 000 jackets. Cette année, je n?en ai vendu aucun. Le marché mauricien de vêtements est envahi par des produits importés. Ces produits sont presque tous vendus à un prix nettement inférieur au coût de production locale. Imaginez-vous un magasin qui vend à Rs 135 un pantalon Jeans importé alors que pour ce même pantalon fabriqué localement, il faut compter Rs 185.

Comme les entreprises de la zone franche, nous nous tournons aussi vers les travailleurs étrangers. Cependant, nous devons les rémunérer à un taux supérieur à celui de la zone franche.

Que faites-vous pour faire face ?

Je crois que le professionnalisme avec lequel j?ai jusque-là fait mon travail a énormément payé. Cela m?a valu la fidélisation de mes clients. Mais cela ne peut durer.

Du côté du marché local, comme du côté de mes clients réunionnais, la sensibilité aux coûts commence par prendre le dessus. En juillet, je reçois habituellement des commandes pour la fin d?année. Surtout de la part de mes clients étrangers mais je n?ai rien eu pour le moment.

Je n?ai encore licencié aucun de mes employés. J?allais même en recruter encore mais avec la baisse de mes activités, j?ai arrêté la procédure de recrutement de trois travailleurs étrangers. J?emploie actuellement 48 agents dont 15 étrangers. Je continue de frapper à toutes les portes pour obtenir des commandes et pour pouvoir augmenter mon niveau d?activité.

Le textile mauricien a-t-il encore un avenir ?

L?avenir du textile mauricien, et particulièrement celui des petites entreprises, dépend de la volonté du gouvernement à le maintenir en vie. Je le dis parce qu?il suffira de réglementer les importations pour donner une chance à nos entreprises de survivre. Nous ne voyons pas le gouvernement là où nous l?attendons. A quand la loi anti-dumping ? On devrait penser à l?ouverture du marché si on veut renforcer le tissu entrepreneurial local. Moi, je suis optimiste et je suis prêt à tenir quelque temps encore.

Si l?Etat ne réagit pas, je me lance dans l?importation d?ici deux ans. Il est temps d?imposer des quotas aux importateurs. Mon client réunionnais importe sur quotas. Pourquoi est-ce qu?un petit pays comme Maurice ne veut pas protéger ses entrepreneurs ? Il ne sert à rien de vouloir protéger des emplois si on n?est pas sûr de fonctionner pendant longtemps.

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