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Air Mauritius enquêtera sur Nirvan Veerasamy
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Air Mauritius enquêtera sur Nirvan Veerasamy
Le managing director d’Air Mauritius, Nirvan Veerasamy, se retrouve sous les feux des projecteurs. Cela depuis mardi lorsqu’une question parlementaire évoquait les “business de Nirvan Veerasamy”. Il y aurait conflit d’intérêts entre son poste actuel et ses autres activités.
Et Xavier Duval, vice-Premier ministre et ministre du Tourisme, devait y répondre n’a pas caché son irritation. Hier, il a demandé au conseil d’administration d’Air Mauritius d’enquêter sur ces allégations. Il compte aussi soulever la question avec le Premier ministre, expliquent des sources à l’Hôtel du gouvernement.
“Mo na pas pou toler sa”, a martelé le Premier ministre qui a rappelé aux personnes qu’il a nommées à des postes importants, qu’il n’acceptera pas qu’elles s’adonnent à un business en parallèle.
Des rumeurs quant au fait que l’Hôtel du gouvernement ou le conseil d’administration aurait demandé à Nirvan Veerasamy de quitter son poste, circulent depuis deux semaines. Le fait qu’on s’attaque à son talon d’Achille, à savoir, ses diverses compagnies dans l’aviation est, font ressortir des sources, une façon indirecte de lui demander de partir.
Mais il n’en est rien. Et le principal concerné dément de son côté un éventuel départ.
C’est une question parlementaire à deux volets de Suren Dayal, backbencher de l’Alliance sociale et député du PTr sur le renouvellement d’un contrat liant Air Seychelles à Air Mauritius qui a tout déclenché.
Le député a demandé à Xavier Duval, s’il était au courant qu’un des cosignataires du renouvellement de l’accord entre Air Seychelles et Air Mauritius pour exploiter la route Maurice-Seychelles-Londres, en janvier 2006 était le capitaine Savy. Et que ce dernier est un directeur de la compagnie Veiling dont Nirvan Veerasamy est le cofondateur. Ce dernier en est le directeur mais en congé. Pris de court, le ministre Duval a indiqué qu’il n’était pas au courant et cherchera les informations nécessaires.
<B>“Je n’ai fait que renouveler cet accord”</B>
En fait, Suren Dayal savait bel et bien que le renouvellement de cet accord en janvier 2006 a été paraphé, entre autres, par Nirvan Veerasamy et David Savy d’Air Seychelles. Il aurait été très bien renseigné sur ce dossier par des proches de l’Hôtel du gouvernement et du PTr.
C’est ainsi qu’il a fourni lui-même la réponse en affirmant que les informations dont il dispose sont vraies. “A la lumière de ce qui a été dit, est-ce que le vice-Premier ministre est d’accord avec moi qu’il y a conflit d’intérêts ?”
Xavier Duval ne répond pas et souligne simplement : “It seems that both are directors of a third company.”
Nirvan Veerasamy, serein, fait ressortir que le député Suren Dayal “fait son travail de parlementaire et qu’il apprécie les questions posées en vue de chercher des réponses dans l’intérêt national”. Mais il estime qu’il n’y a aucun conflit d’intérêts dans ce dossier car il n’a jamais bénéficié d’avantages financiers et économiques personnels. “C’est un accord qui avait été paraphé bien avant mon arrivée à la tête d’Air Mauritius par mon prédécesseur qui a fait un excellent travail – Megh Pillay. Je n’ai fait que renouveler cet accord.”
Il souligne qu’il est toujours un des actionnaires de la compagnie Veiling. L’entreprise opère dans le secteur de l’offshore et est spécialisée dans la location, l’achat et l’affrètement d’appareils d’aviation.
“La firme dont fait état Suren Dayal n’a jamais eu des transactions avec Air Mauritius”, précise Nirvan Veerasamy. Il dément également les allégations selon lesquelles un de ses proches serait à la tête d’une compagnie qu’il aurait récemment créée. Cette entreprise basée à l’étranger s’occuperait de l’achat de pièces de rechange pour les avions d’Air Mauritius. “Cette histoire est vraiment farfelue. C’est de la science-fiction.”
Toutefois, depuis trois semaines, d’autres informations circulent sur le fait que l’achat de pièces de rechange par Air France pour Air Mauritius ne se fait plus à cause de ce proche de Nirvan Veerasamy. Cette affaire aurait même suscité la colère de l’Elysée qui l’a exprimée haut et fort au bureau du PM.
Le managing director d’Air Mauritius ajoute que si vraiment il a commis des irrégularités, on le saura tôt au tard. “Il y a tellement de garde-fous financiers chez Air Mauritius et des comités d’audit qu’on saura tôt ou tard si je travaille pour mon propre compte au détriment d’Air Mauritius. Au fait, la veille de mon entrée en poste chez Air Mauritius, j’ai soumis ma démission de toutes les instances des firmes que j’ai fondées et dont je suis le directeur.”
Nirvan Veerasamy a été nommé en septembre 2005 par le Premier ministre avec l’appui du conseil d’administration de la compagnie. “Je poursuis la mission qui m’a été confiée pour réformer de fond en comble Air Mauritius et je partirai à la fin de mon contrat pour reprendre mes activités au sein de mes compagnies. être à Air Mauritius n’est pas une question d’argent, c’est un service militaire que je fais dans l’intérêt de mon pays”, déclare Nirvan Veerasamy.
Ce dernier est-il donc victime de détracteurs ? Des informations proches de l’Hôtel du gouvernement indiquent qu’un proche du pouvoir lorgnerait son poste. Le nom d’un parlementaire de l’Alliance sociale circule également dans certains milieux comme étant très proche de la compagnie Veiling.
Après un calme plat, Air Mauritius entre de nouveau dans une zone de turbulences. Déjà des e-mails diffamatoires à l’encontre de la compagnie circulent depuis trois semaines sur le Net.
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