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Air France veut contrecarrer son empreinte carbone

16 juin 2008, 20:00

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Ie groupe Air France/KLM a convié 200 journalistes du monde entier à son siège social à Roissy la semaine dernière pour leur faire part de sa volonté de combattre le changement climatique. Osmose était bien sûr de la partie.

Selon le Groupe intergouvernemental d?experts sur le changement climatique (GIEC), 26 600 millions de tonnes de CO2 sont déversées annuellement dans l?atmosphère.

Le transport aérien contribue un peu moins de 3% à ce chiffre, soit 798 millions de tonnes de CO2. Si cette part pâlit face à celle du transport terrestre (environ 10%), le président-directeur général d?Air France/KLM, Jean-Cyril Spinetta, a annoncé lé désir du premier groupe aérien mondial en chiffre d?affaires d?enrayer ses émissions de gaz à effet de serre (GES) lors d?un séminaire de presse intitulé Air France s?engage. D?autant plus que le prix du carburant ne cesse de grimper.

La démarche d?Air France/KLM se décline en cinq volets majeurs : «Investir dans une flotte moderne, moins gourmande en carburant et rejetant moins de CO2 ; organiser un réseau autour de hubs pour limiter la démultiplication des moyens ; chasser systématiquement les consommations inutiles de carburant pour baisser les émissions gazeuses ; militer pour une intégration équitable du transport aérien dans le système européen d?échange de permis d?émission ; et, sans attendre cette intégration, agir avec des partenaires pour contribuer à la lutte contre le changement climatique.»

Selon Jean-Cyril Spinetta, la modernisation reste le meilleur moyen de réduire la consommation de carburant (chaque tonne de carburant consommée émet 3,15 tonnes de CO2 ). Pour la période 1998-2012, le groupe aura consacré 14 milliards d?euros au renouvellement de sa flotte. Ces investissements ont permis à Air France de diminuer de 12% la consommation de kérosène par passager au cours des six dernières années, soit 850 000 tonnes de carburant au total. Pour cette raison il rejette avec véhémence toute possibilité d?un système de taxe environnemental. Les coûts supplémentaires qu?impliquerait une telle taxe seraient préjudiciables à la capacité du groupe d?acheter des appareils moins énergivores.

Il est vrai que la dernière génération d?avions est beaucoup moins gourmande (10 ans séparent deux générations) que la précédente. A titre d?exemple, le Boeing 777-300 ER consomme 16% de moins de carburant que son prédécesseur, le 747-400, et le Boeing 777 Freighter 18% de moins que le 747 Cargo. Mais même si la flotte long-courrier d?Air France compte parmi les plus jeunes du monde, Jean-Cyril Spinetta concède toutefois que la grande majorité des anciens appareils continuent d?opérer, même s?ils ne le font plus sous les couleurs d?Air France. Certains sont vendus aux entreprises de leasing alors que d?autres sont adaptés pour le fret.

Mais la démarche d?Air France va au-delà de l?achat d?une flotte moderne. Son ?réseau hubbé? permet d?améliorer le taux de remplissage des avions long-courrier. «Plus la taille de l?avion est importante, plus la consommation de carburant par passager est réduite. En rassemblant les petits flux, le hub permet d?augmenter le taux d?occupation des vols long-courriers et d?exploiter ainsi des avions de plus grande capacité dont les émissions de CO2 sont moindres», explique un document compilé par la compagnie d?aviation.

Mesures de traque au gaspillage</B>

C?est sans doute le troisième volet qui fait le plus appel à ce que Jean-Cyril Spinetta appelle «le volontarisme et l?imagination» du groupe. Tous les moyens sont bons pour augmenter son efficacité énergétique. Parmi les mesures adoptées dans la traque au gaspillage, on note une réduction de la masse des avions, des procédures de vol adaptées pour réduire les consommations de carburant, et une meilleure gestion du trafic aérien, aussi bien en vol qu?au sol. Ce qui veut dire, par exemple, des sièges et trolleys plus légers, et une diminution d?attente au sol.

De plus, Air France se dit favorable au système d?échange de permis d?émission, à condition qu?il s?applique de façon égale à toutes les compagnies aériennes du monde. Faute de quoi les opérateurs non-européens bénéficieront d?un avantage compétitif sur leurs concurrents européens sans avoir à juguler leurs émissions de GES. Les clients d?Air France peuvent aussi contribuer à la lutte contre le changement climatique. Grâce au calculateur de CO2 sur son site Internet, les passagers d?Air France peuvent découvrir le volume de CO2 émis au cour de leur voyage en fonction du type d?appareil utilisé, la consommation de carburant et du poids des bagages transportés. De plus, il ont la possibilité de contrecarrer leur impact environnemental en faisant un don à l?ONG de Yann Aalthus-Bertrand, GoodPlanet.org (voir hors-texte), qui a mis en place un programme intitulé Action Carbone.

Il est encourageant de voir une entreprise de la taille d?Air France/ KLM s?engager de façon active dans la réduction de ses émissions de GES. Il est toutefois à noter que l?impératif économique engendré par la hausse du prix du carburant reste la principale incitation pour la parcimonie énergétique. Jean-Cyril Spinetta en a d?ailleurs concédé autant. «La rareté énergétique est un puissant moteur de vertu écologique.» Si on suit cette logique, le pic du pétrole devient le meilleur allié des écologistes.

Projet Madagascar : un programme de conservation «holistique» </B>

● L?inimitable Yann Aalthus-Bertrand, photographe rendu célèbre par sa merveilleuse collection intitulée «La Terre vue du ciel» et fondateur de l?ONG GoodPlanet.org , était sur place pour parler de Projet Madagascar. Financé par Air France, ce projet d?un montant de 5 millions d?euros sera mis en ?uvre par la «World Wildlife Foundation» sur une surface totale de 500 000 hectares. La capacité de stockage de carbone des forêts qui seront protégées et restaurées s?élève à entre 60 et 70 millions de tonnes de carbone. Yann Aalthus-Bertrand a expliqué pourquoi la Grande île a obtenu le projet, devançant ainsi le Brésil et la Papouasie . «C?est compliqué de trouver un projet intelligent. Madagascar est très déboisé mais il y a une vraie politique gouvernementale de lutte contre la déforestation. C?est vraiment un projet formidable qui visera aussi à remettre la responsabilité de préserver leurs forêts aux Malgaches.»

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