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Agression mortelle à Stanley : un habitant de Cité Barkly interpellé
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Agression mortelle à Stanley : un habitant de Cité Barkly interpellé
?Boucher, monstre? L?individu immonde qui a fait cela mérite de passer sur la chaise électrique.? Les commentaires de quelques-unes des personnes venues témoigner de leur sympathie à Devianee Ramiah sont on ne peut plus clairs. L?époux de cette femme, Ram Sunasee, propriétaire de la pension de famille ?l?Auberge La Comète? à Stanley, a été mortellement agressé au sabre.
Il est minuit passé dans la nuit de mardi à mercredi quand Ram Sunasee, 64 ans, entend du bruit sur l?escalier jouxtant sa maison qui mène aux huit chambres constituant sa pension de famille située à l?étage. Avant qu?il ait eu le temps de réagir, on frappe à la porte latérale du salon qui communique avec ledit escalier.
Ne pensant pas à mal, il ouvre. Une main rageuse lui assène plusieurs coups de sabre, lui lacérant le visage, les yeux, la mâchoire et les doigts de la main qu?il a soulevée pour parer aux coups. Sa femme, Devianee, qui accourt en compagnie de leur petite-enfant, Ashita, 16 ans, le découvre gisant dans une mare de sang. Elles prennent peur et vont se cacher dans une chambre du rez-de-chaussée. Par la fenêtre, elles réclament le secours des voisins.
Ceux-ci ne tardent pas à arriver pour constater que Ram Sunasee, celui qu?ils connaissent depuis des années et qui se montre ?toujours prêt à aider et à rendre service?, est au plus mal. On le transporte à l?hôpital Victoria, Candos. A son fils aîné, Bevin, père de la jeune Ashita, Ram Sunasee dévoile l?identité de son agresseur, avant de rendre l?âme. La Criminal Investigation Division de Rose-Hill a interpellé un suspect d?une trentaine d?années qui habite Cité Barkly, Beau-Bassin. Son interrogatoire se poursuit ce matin.
?Il était comme un frère?
Devianee, 56 ans, n?est plus que l?ombre d?elle-même. Elle reste assise loin du cercueil réfrigéré où repose la dépouille de Ram Sunasee, dont la tête est presque entièrement bandée, de même que les mains. Bevin, son fils, s?assied près de la bière. Son regard triste va du corps inerte de son père à la personne qui vient se recueillir devant sa dépouille.
Ram Sunasee gère la pension de famille l?Auberge La Comète depuis une vingtaine d?années. Sa femme l?aide. Le couple emploie une femme de ménage. La majorité de leurs clients viennent de la Réunion. D?ailleurs hier, un Réunionnais devenu son ami, Alain Désiré Voye, 65 ans, qui habite Plaine-des-Palmistes, a fait le déplacement avec son épouse Esteli.
Les Voye et les Ramiah se sont liés d?amitié depuis plus de 10 ans et deux fois l?an, les Réunionnais séjournent à l?auberge. Quand ils ont besoin de se reposer, les Ramiah vont chez les Voye. Alain Voye déclare que Ram Sunasee était trop gentil. ?Il travaillait dur. En octobre dernier, je lui avais dit d?arrêter de faire la nuit vu son âge. Mais il aimait cela. Et quand un client ne pouvait pas payer le plein tarif, il lui disait de donner ce qu?il a?.
Les deux couples se téléphonaient tous les 15 jours. ?Il était comme un frère pour moi. Ses enfants et les miens, c?est pareil. Moi gaign enn joli choc ce matin.? Il ne concevait pas ne pas être là pour les funérailles de Ram Sunasee. ?Je ne comprends pas pourquoi on lui a fait cela?.
L?autopsie de Ram Sunasee, pratiquée hier matin par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, médecin légiste, attribue le décès au choc causé par de multiples blessures. Le mobile de cette agression sauvage demeure encore une énigme. Les funérailles de la victime auront lieu cet après-midi à 13 heures, le temps pour sa cadette qui vit en France, Bénita, 34 ans, de regagner le pays.
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