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Affaires obscures
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Le Premier ministre se dit satisfait des explications du ministre de la Justice, accusé d?ingérence dans l?enquête de la police sur l?affaire Sada Curpen. Son attitude était prévisible. Il ne pouvait pas agir autrement après avoir refusé, lundi, la démission de Rama Valayden. Mais on aura remarqué, hier au Parlement, la circonspection de Navin Ramgoolam pendant qu?il répondait à la PNQ du leader de l?opposition. A aucun moment n?a-t-il osé affirmer haut et fort son soutien à son Attorney General.
Soutien mou, mais soutien tout de même. Ce n?est pas dans l?intérêt électoral des travaillistes de rompre avec Rama Valayden à ce stade. Celui-ci jouit d?une position enviable sur l?échiquier politique. Il est le joker qu?il faut au PTr pour compléter son jeu. Il est le cheval de Troie que ce parti essentiellement rural utilisera pour s?introduire dans les zones périurbaines. Les travaillistes fondent également de grands espoirs sur le leader du MR pour faire vaciller la citadelle mauve à Rose-Hill ? Stanley et, éventuellement, faire tomber Paul Bérenger. L?enjeu politique est de taille pour le parti de Navin Ramgoolam. Il ne lâchera pas son précieux allié.
Le Premier ministre souhaite que Rama Valayden conserve son poste mais ne fait pas preuve de conviction en donnant sa version des faits au Parlement. Il sait qu?il y a des coïncidences, sinon des incohérences, dans ses explications. Le Premier ministre a encore des efforts à faire pour que l'ombre du doute cesse de planer sur toute cette affaire.
Il lui faut d?abord expliquer les circonstances qui ont poussé Rama Valayden à passer un coup de fil à l?ASP Lablanche le 23 juillet dernier, peu de temps après que la police a arrêté Bernard Joly, lui-même dénoncé par une passeuse présumée, Cindy Legallant. Navin Ramgoolam dit qu?il croit son ministre de la Justice quand celui-ci affirme qu?au moment où il appelle le haut gradé de la police, il n?était pas au courant de l?enquête policière sur le trafic allégué de Subutex pour le compte de Sada Curpen. Rama Valayden voulait tout simplement s?enquérir des «whereabouts of a Mauritian Citizen, that is, Mr Joly», dit le Premier ministre. Certes, il n?a aucune raison de penser que Rama Valayden ment. Il n?en reste pas moins qu?il y a une conjonction inexplicable d?événements. Ce n?est pas la première fois que Sada Curpen ou son entourage semble bénéficier d?une attention spéciale. Par exemple, le parquet n?avait pas objecté à un déplacement de Sada Curpen à l?étranger alors qu?un jugement prononcé contre lui est en appel.
De même, on ne comprend pas pourquoi le Premier ministre a précisé que l?Attorney General a pris l?engagement que ce genre d?incident ne se reproduira plus alors que, selon lui, le coup de fil de Valayden était motivé par des raisons humanitaires. Le ministre s?est-il donc engagé à faire taire sa vocation humanitaire ?
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