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Affaire Vanessa Lagesse : Résultats ADN ou gel des poursuites, réclame Bernard Maigrot

23 août 2011, 00:00

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Affaire Vanessa Lagesse : Résultats ADN ou gel des poursuites, réclame Bernard Maigrot

L’amant de la styliste Vanessa Lagesse demande l’intervention de la Cour suprême pour bloquer les procédures enclenchées à son encontre. A défaut, il réclame l’accès aux preuves scientifiques que la police dit posséder.

Soit l’un, soit l’autre. Bernard Maigrot réclame le gel des procédures judicaires à son encontre pour le meurtre de Vanessa Lagesse. Ou, à défaut, que le Central CID se décide à lui communiquer les résultats des nouveaux tests ADN conduits en France et qui l’impliqueraient afin qu’il puisse préparer sa défense.

Ce sont là les grandes lignes de la plainte logée en Cour suprême le jeudi 18 août contre le Directeur des poursuites publiques (DPP), le commissaire de police et l’Etat par l’homme d’affaires qui avait été l’amant de victime.

Dans ce document rédigé par l’avoué Jaykar Gujadhur, Bernard Maigrot, arrêté une deuxième fois en dix ans, refait le récapitulatif de cette affaire et allègue que la police lui a souvent nié ses droits constitutionnels.

Après que le corps sans vie de la styliste a été découvert chez elle, à Grand-Baie, le 10 mars 2001, il est convié quatorze jours plus tard aux bureaux de la Major Crimes Investigation Team (MCIT). C’est alors, dit-il, qu’il dit avoir failli être kidnappé par l’équipe de l’officier Hurrydeo Raddhoa, qui, pourtant, n’était pas responsable de cette enquête.

Ce jour-là, poursuit Bernard Maigrot, son épouse, Isabelle, et lui-même ont été priés à se soumettre à un prélèvement d’empreintes digitales. L’empreinte d’un doigt ayant été retrouvée à côté de la baignoire dans laquelle flottait le corps de Vanessa Lagesse.
Des membres de la police scientifique se sont également rendus à son domicile pour vérifier ses chaussures et des vêtements, en quête d’indices. Ses deux véhicules ont également été passés au peigne-fin. En vain. Il se prête également à un prélèvement ADN, poursuit-il dans sa déposition.

Le 23 avril 2001, les choses se gâtent. Il dit avoir été embarqué manu militari par la CID de Curepipe d’Hurrydeo Raddhoa vers un nouveau bâtiment devant abriter le poste de police de Midlands. L’accès à ses avocats lui ayant été refusé, soumis, ajoute-t-il, à des séances de torture, il dit avoir été contraint à faire des aveux.

C’est seulement après, dit Bernard Maigrot, qu’il ne parvient à parler à ses hommes de loi, et cela durant seulement dix minutes. Il est de nouveau embarqué. Cette fois, pour le bungalow de Vanessa Lagesse où il est soumis à une reconstitution des faits filmée sous tous les angles.

Le lendemain, il est traduit en Cour de Mapou sous une accusation provisoire de meurtre. Ce n’est que le 6 juillet 2001 qu’il bénéficie de la liberté conditionnelle. Le 14 avril 2003, il est formellement inculpé bien qu’aucune preuve scientifique ne lui ait été communiquée.


De l’autre, le commissaire de police et Hurrydeo Raddhoa ne s’en privent pas pour accorder des interviews à la presse où, allègue-t-il, ils le présentent comme le coupable. Le 22 avril 2003, il intente une action en cour contre ces officiers et deux jours plus tard, le Parquet décide que l’enquête préliminaire sur le meurtre doit démarrer.

Le 21 avril 2005, Bernard Maigrot peut enfin avoir accès au dossier du ministère public pour sa défense. Cela après un recours en Cour suprême le 24 février 2004. Le 28 novembre 2007, il est déféré aux Assises et, coup de théâtre, le DPP décide d’abandonner les procédures enclenchées contre lui le 2 juin 2008.

Fin novembre 2010, c’est à travers la presse que Bernard Maigrot apprend que la police disposerait de preuves scientifiques contre lui. Il réclame des explications. En pure perte. Le 27 janvier 2011, son épouse est interceptée à l’aéroport alors qu’elle doit subir un examen médical à la Réunion.

Bernard Maigrot contacte de nouveau la police et il apprend qu’il ne pourra effectuer des voyages outremer, sa présence étant requise avec la réouverture du dossier. Le 23 mai 2011, il se rend au rendez-vous fixé et on l’informe que la police dispose de « preuves scientifiques » contre lui dans cette affaire, sans plus de détail.

Il est arrêté le même jour, inculpé en Cour de Mapou et libéré sous caution le 3 juin 2011. Pour l’homme d’affaires, les autorités mauriciennes n’ont pas respecté l’alinéa 5 et 10 de la Constitution. Ce, durant la période de 2001 à 2008 au cours de laquelle, dit-il, il a été torturé, a dû subir la lenteur de justice de même que les « caprices » du ministère public concernant des éléments de son dossier.

Cette fois, l’on est train de « prétendre » qu’il y a de nouvelles preuves contre lui pour justifier le déni de ses droits fondamentaux, indique l’avoué Jaykar Gujadhur dans sa plainte. Les demandes de Bernard Maigrot doivent être entendues le 22 septembre.

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