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Affaire Clearstream,de Villepin contre-attaque
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Affaire Clearstream,de Villepin contre-attaque
Le premier ministre réaffirme qu’il "n'a jamais été question, à aucun moment, de s’intéresser à quelque personnalité politique que ce soit" dans les enquêtes qu’il a ordonnées sur l’affaire. Or, selon les extraits publiés par Le Monde du témoignage devant la justice du général Philippe Rondot, ancien conseiller pour les affaires de renseignement au ministère de la défense, M. de Villepin, alors ministre des affaires étrangères, lui avait demandé d’enquêter sur le président de l’UMP. “Je n’ai pas à commenter des informations de presse, déclare le chef du gouvernement au Figaro. Le général Rondot est un grand serviteur de l’Etat avec lequel j’ai eu à traiter depuis des années de menaces sur la sécurité du pays, de prises d’otages et de démantèlement de filières criminelles ou terroristes”. Il ajoute qu’il lui “a confié, dans le cadre des orientations fixées par le président de la République et comme ministre des affaires étrangères, une mission de vérification de l’action de certains réseaux ou intermédiaires dans l’affaire de la vente des frégates de Taïwan”.
Mais l’essentiel de l’entretien porte sur l’avenir : Dominique de Villepin explique qu’“après la crise” - il fait alors allusion à celle liée au contrat première embauche, “il faut aller de l’avant”.
Démentant les rumeurs d’un départ de son ministre de la cohésion sociale Jean-Louis Borloo, le premier ministre affirme ne pas voir “la nécessité” d’un remaniement gouvernemental et estime que chercher des “boucs émissaires” n’est pas “une bonne solution”. “Ce qui compte c’est la détermination, l’énergie, la constance de l’équipe gouvernementale : elles sont là. (...) Une équipe qui a traversé des épreuves en sort plus forte, plus expérimentée et plus soudée”, souligne-t-il.Le chef du gouvernement assure que ses relations avec Jacques Chirac, “très proches”, n’ont pas changé depuis le conflit du CPE. Quant à ses liens avec le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, au coeur de la manipulation Clearstream, il les juge bons. “Nos tempéraments sont différents, mais nous avons tous les deux fait le choix d’avancer ensemble, en confiance, pour faire gagner notre majorité”, déclare-t-il. Mais “il faut être très attentif à la façon dont nous disons les choses, dans le respect de la personne humaine”, une allusion aux propos du président de l’UMP, qui a invité les étrangers “qui n’aiment pas la France à la quitter”.
“Je sors de cette crise avec l’envie de faire mieux”, affirme M.de Villepin, récusant les bruits selon lequel “le gouvernement a la tentation de différer des décisions”. Il affirme ainsi que la loi modifiant celle de 2004 sur la participation de l’Etat dans Gaz de France “sera bien adoptée dans les délais”, avant la fusion avec Suez. Et si l’interdiction du tabac dans les lieux publics a été repoussée le temps d’une “grande consultation”, “nous ne sommes pas dans une période d’attentisme. Le monde ne doit pas s’arrêter de tourner parce que nous sommes à un an de l’élection présidentielle”, prévient-il. Si lui se défend de toute “ambition”, il entend “tout faire pour que la droite gagne” en 2007.
Quant à sa cote de popularité dans les sondages, environ 25 %, le premier ministre n’en est pas “surpris”. “Quand on mène une action difficile, on en voit toujours la trace dans les sondages”, affirme-t-il.
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