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Affaire Boskalis : le Central CID semble s’être trompé sur le compte de Maunthrooa

13 juin 2012, 20:00

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Affaire Boskalis : le Central CID semble s’être trompé sur le compte de Maunthrooa

Prakash Maunthrooa pourrait obtenir une révision des accusations portées contre lui. Il a été arrêté pour des délits commis entre 2006 et 2007 alors qu’il avait démissionné de la Mauritius Ports Authority en 2003 pour se porter candidat à une élection partielle au No 7, à la suite de l’installation de sir Anerood Jugnauth au Réduit.

En voulant aller vite dans l’enquête sur les pots-de-vin versés par la firme néerlandaise Boskalis à des responsables de la Mauritius Ports Authority (MPA), le Central CID semble s’être trompé sur le compte de Prakash Maunthrooa, ancien directeur général de cet organisme.

Ce membre du Mouvement socialiste militant (MSM) a été arrêté et traduit devant le tribunal de Port-Louis aux côtés de l’ancien ministre travailliste Siddick Chady sous trois chefs d’inculpation en contravention avec le Prevention of Corruption Act (POCA) et le Financial Intelligence and Anti Money Laundering Act (FIAMLA) ce mercredi 13 juin 2012. Ce, alors qu’il n’était pas employé par la MPA au moment des faits.

Le délit remonte aux années 2006 et 2007, moment où Boskalis a obtenu un contrat de Rs 537 millions pour le dragage de la rade de Port-Louis, ce qui le blanchit automatiquement. En effet, Prakash Maunthrooa avait démissionné de la MPA en 2003 pour se porter candidat sous la bannière MSM dans la circonscription No 7.

Il briguait alors le siège laissé vacant par sir Anerood Jugnauth. Ce dernier avait, selon un accord électoral avec le Mouvement militant mauricien, démissionné de son poste de Premier ministre pour devenir président de la République.

Prakash Maunthrooa avait cependant mordu la poussière face au candidat travailliste Rajesh Jeetah. Depuis, il avait prêté ses services à la société Boskalis en sa qualité d’ancien directeur des services portuaires. Ce qui expliquerait les sommes versées sur ses comptes en banque, soit 30 000 dollars et 106 525 euros, à différents intervalles entre 2006 et 2007. Ces versements ont été effectués après que la MPA a alloué ce fameux contrat à la firme néerlandaise.

L’interrogatoire de Prakash Maunthrooa s’est déroulé durant toute la journée de mercredi et ce n’est que vers 23 heures qu’il a quitté l’enceinte des Casernes Centrales en compagnie de son homme de loi, Me Roshi Bhadain. Il devra retourner au Central CID ce jeudi 14 juin pour une session de travail avec les hommes de l’adjoint au commissaire de police Pregassen Vuddamalay.

La police pourrait revoir les chefs d’inculpation contre Prakash Maunthrooa en fin de semaine. Surtout que les enquêteurs lui reprochaient d’avoir utilisé l’appareil de télécopie de son bureau, à la MPA, pour transmettre un fax à Boskalis. Or, il n’occupe plus ce bureau depuis 2003.

D’après l’acte d’accusation rédigée par la police, Prakash Maunthrooa aurait agi avec la complicité de Siddick Chady, Chietanrao Luximon, Raymond Lagesse, Georges Michel Gilbert Philippe et Pieter Boer pour blanchir les pots-de-vin qu’il aurait perçus de Boskalis entre 2006 et 2007. Et aussi d’avoir aidé, entre autres, la société de Siddick Chady, Blockbuster Video Network, à obtenir 30 000 dollars, soit près d’un million de roupies, de Boskalis.

Il est aussi reproché à l’ancien homme fort du port d’avoir réclamé 12 000 euros à Boskalis en faveur d’un certain Roselio Jimenez. De même qu’une somme de 88 525 euros pour un dénommé Yudeshwar Teeluck.

Valeur du jour, Siddick Chady devra expliquer comment il a perçu un total de 55 450 euros et 110 000 dollars de Boskalis, à travers Blockbuster Video Network, alors qu’il siégeait comme président du conseil d’administration de la MPA. Et d’avoir utilisé cet argent pour acheter des films devant être diffusés dans ses salles de cinéma.

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