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Activités illégales
L?enjeu, à ce stade, n?est pas de parler d?une réunification de l?opposition. Depuis les dernières législatives, on aura tout entendu, tout vu et pratiquement tout dit sur l?explosion de l?alliance MSM-MMM. Et, par pudeur pour l?opinion publique, ou par décence pour ses propres partisans, le leader du MMM devrait calmer ses ardeurs d?un éventuel remake du c?ur dans le soleil, ou vice-versa !
Une année seulement s?est écoulée depuis les élections ; l?heure est à la critique de l?action gouvernementale, au partage des convictions et des idées de développement pour le pays, afin de conforter ou de contrebalancer la politique prônée par le pouvoir en place. Or la nouvelle posture de Paul Bérenger relève davantage d?un marketing politique contresaison ou d?une stratégie de survie que d?une simple proposition patriotique.
Il est évident que lors des prochaines consultations, qu?elles soient en 2010 ou avant, le MMM ne pourra pas se présenter tout seul. Les mauves, privés du MSM, puis du PMSD, devront courtiser un parti quelconque pour aspirer à une éventuelle reconquête du pouvoir. On a coutume d?assister, avec des yeux plus blasés qu?ahuris, à des mariages de convenance, faits dans l?urgence du scrutin. Dans ces unions précipitées, on fait volontairement abstraction du « caractère baisère » de l?un ou de l?« inexpérience » de l?autre.
Or si les élections ne sont pas « derrière la porte » et si Pravind Jugnauth n?a manifestement aucune envie de renouer avec Paul Bérenger, pourquoi diable le MMM, après avoir subi l?affront de perdre le siège de leader de l?opposition, malgré le fait d?avoir débauché Ashock Jugnauth, appelle à la réconciliation de l?opposition ? Est-ce que les mauves sont à ce point désespérés, fatigués, en manque de soutien ?
Pourtant aujourd?hui l?Alliance sociale est vulnérable sur le plan politique. Et alors même que les slogans et la démagogie d?hier se réadaptent difficilement aux exigences économiques d?aujourd?hui, aux Casernes centrales, une « affaire » chasse une autre, entachant l?image gouvernementale. De même chaque semaine apporte son lot de manifestations dans la rue. Ces faits existent et la presse les reflète quotidiennement.
Autre fait observé sur le terrain : plusieurs ministres et députés se font rares dans leur circonscription, ou discrets quand ils s?y pointent. Le congrès « hi-tech » des rouges, qui avait attiré une bonne foule, s?est tenu à la veille de la hausse des prix. Et aujourd?hui il y a un réel besoin des rouges de faire face à ceux qui les ont portés au pouvoir, à faire taire ce sentiment de « trahison » sur lequel mise l?opposition. Le nouveau secrétaire général des rouges, libre de toute contrainte ministérielle, a d?ailleurs fait de l?occupation « du terrain » sa priorité.
Car le pire ennemi de l?Alliance sociale ne se trouve pas dans l?opposition éclatée, mais en son sein, dans sa démarche. Les princes du jour doivent trouver une juste balance entre les affaires, certes préoccupantes, du pays et celles de leur circonscription : ce qui est difficile mais crucial. Car même si l?économie redémarre, si les investisseurs arrivent, les élus de juillet 2005 seront examinés par rapport à ce qu?ils ont accompli dans leur circonscription, là où ils avaient promis un avenir meilleur.
Alors que l?inflation frappe de plus en plus fort, que le chômage grimpe, que les conditions sur le plan international ne s?arrangent guère avec la situation au Proche-Orient, les fléaux sociaux risquent d?empirer. Et ironie du sort : alors que la diaspora est invitée à revenir au pays, une deuxième vague d?émigration se confirme avec ces jeunes couples qui partent s?établir ailleurs, dans un pays où « on peut économiser pour les enfants », dans un pays où trouver une place dans une école ne nécessite pas des moyens illégaux?
On parle ces jours-ci beaucoup de paris. Celui du gouvernement est certes de faire venir les capitaux et le savoir-faire étrangers pour rebooster l?économie, mais ce pari ne peut être relevé qu?en sauvegardant nos compétences locales et en assurant un climat social sain et prospère. Et celui de l?opposition est d?être à l?écoute du public pour rappeler à l?ordre le gouvernement et de relativiser sa gestion du pays, sans toutefois créer de psychose inutile. Tout autre activité politique devrait être décrétée illégale !
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