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Accès préférentiel
<B>Par Akilesh ROOPUN</B>
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, avait promis de ne pas faire de sa visite en Inde uniquement une tournée de “photo opportunities”. Pour des raisons historiques et politiques évidentes, une visite d’un Premier ministre dans la Grande péninsule a toujours valeur d’événement. Cette fois-ci, le chef du gouvernement a voulu privilégier le développement des échanges économique entre les deux pays.
La place accordée aux représentants du secteur privé dans la délégation témoigne d’une volonté de faire profiter aux opérateurs locaux le “goodwill” des rapports politiques et émotionnels existant entre les deux nations. Les entrepreneurs mauriciens doivent frapper à de nouvelles portes. Nos marchés protégés en Europe et aux Etats-Unis sont tous en voie de démantèlement. Par ailleurs, les investissements européens et américains ne se dirigent plus vers nous.
Les géants de l’Asie disposent des marchés domestiques en pleine expansion, tirée essentiellement par le rehaussement constant du pouvoir d’achat d’une classe moyenne de plus en plus consommatrice. Ils ont aussi des capacités industrielles et technologiques de même que des capitaux à exporter.
Les gouvernements des deux pays espèrent pouvoir activer l’entrée en opération d’une zone de libres-échange le plus vite possible. Les Mauriciens espèrent qu’une des premières retombées de cet accord sera l’avènement d’un marché niche pour les vêtements haut de gamme fabriqués à Maurice. Valeur du jour les produits de l’habillement sont taxés à pratiquement 100 % à la douane indienne. Vu la taille du marché indien, il n’y a aucune crainte d’invasion des produits mauriciens.
D’autre part, si la niche recherchée devient profitable, cela pourrait intéresser les grandes marques européennes et américaines à venir fabriquer à Maurice (à travers des franchises notamment) des vêtements pour être exportés vers le marché indien à travers un accès préférentiel.
Attirer l’investissement indien à Maurice reste néanmoins un pari difficile. Les entrepreneurs indiens sont beaucoup plus intéressés à écouler leurs produits sur le marché mauricien que d’y investir. L’idée de vendre Maurice comme une destination d’investissement aux opérateurs indiens intéressés par les marchés de l’Afrique australe n’a pas séduit beaucoup d’investisseurs jusqu’ici.
Maurice ne profite pas suffisamment de la montée en puissance de l’économie indienne. La présente mission pourra-t-elle aider à renverser la vapeur ? La signature prochaine d’un accord d’échanges global, le “Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement” entre les deux gouvernements des deux pays offre une plate-forme plus prévisible pour faire du business.
Maurice cherche l’expertise et les capitaux indiens pour faire décoller son industrie des technologies de l’information et des communications, du “seafood hub” et des activités à forte intensité de connaissance et de technologie.
Lundi dernier à New Delhi, le Premier ministre invitait les investisseurs indiens à venir embrasser les opportunités nouvelles qu’offrira une économie qu’il promet plus démocratisée. Il leur a expliqué qu’il nous faut plus d’acteurs pour exploiter de nouvelles sources de richesse avec l’essoufflement de nos secteurs d’activité traditionnelle. Il précisait aussi que les industriels peuvent également se lancer dans des activités que le gouvernement mauricien n’a pas au préalable identifié comme des moteurs de croissance.
Cette approche rejoint la nouvelle stratégie de promotion d’investissement qui privilégie l’exploitation d’une plate-forme d’activités diversifiée au lieu de se concentrer uniquement sur quelques gros secteurs.
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