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Accusée d?avoir volé son mari
par Nicolas ATCHIANE
Une femme de 75 ans, ligotée et bâillonnée par un individu qui a fait irruption le 24 avril dernier à son domicile à Beau-Bassin. En présence de sa belle-fille, Shenaz Ibraham. L?homme emporte Rs 300 000 d?une sacoche dissimulée dans un tiroir de bureau. La Major Crimes Investigation Team a arrêté trois suspects. Ils ont participé hier à une reconstitution des faits.
Parmi eux, la belle-fille, 33 ans. Elle est soupçonnée d?avoir commandité ce vol avec la complicité de Camatchee Moorghen, son ami.
Ce dernier, âgé de 25 ans et habitant cité Barkly, a été arrêté jeudi. En présence de Me Ashwin Khandai, il a nié avoir participé au vol. Il aurait, dit-il, engagé un homme de main pour mettre ce plan à exécution. Ce dernier a aussi été arrêté.
Interrogé sur ses rapports avec la jeune femme, Camatchee Moorghen a confié aux enquêteurs que Shenaz «ti pe fer so zes ar mwa. Apre ki travay la finn fer mo ti pou gagn enn bout ar li?»
La jeune femme a avoué, en présence de son avocate, Me Lovena Sowkhee, avoir participé à ce plan car elle aurait subi des violences de son mari. «Li fer mwa kwi manze pou so bann travayer ek li fer mwa fer embalaz so bann produi tou le zour ziska tar. Li pa donn mwa enn sou.» Elle considère que l?argent emporté lui appartenait car elle y a contribué pendant des années. Elle estime donc qu?il ne s?agit pas d?un vol.
Concernant ses rapports avec Camatchee Mooghen, elle a confié aux enquêteurs qu?elle a fait sa connaissance en allant déposer ses enfants à l?école. Ils étaient devenus, dit-elle, très proches. «Mo ti pe rakont li mo bann mizer.»
Le jour du vol, la victime et sa belle-fille sont seules à leur domicile. La septuagénaire est surprise par un homme masqué dans le couloir de la maison. Ce dernier, armé d?un couteau, somme la vieille femme d?entrer dans une chambre où se trouve un bureau. Le malfrat ne prend même pas la peine de ligoter la belle-fille qui assiste à la scène sans réagir.
«Donn larzen», lance-t-il à la septuagénaire. Et il se rue lui-même vers le tiroir qui contenait l?argent. Ce qui intrigue le beau-frère de Shenaz, Dev (prénom fictif), c?est que le tiroir en question était fermé à clé. «C?est mon frère qui garde toujours la clé en sa possession. Nous nous sommes demandé comment le voleur connaissait l?endroit exact où était gardé l?argent.» Lui et ses proches, ont trouvé intrigant pourquoi le malfaiteur a ligoté et bâillonné sa mère et non sa belle-s?ur. Celle-ci se trouvait sur place mais n?a pas été menacée par l?agresseur.
Une semaine après ce vol audacieux, l?époux décide de fouiller la maison. Il découvre sous le matelas des enfants, un téléphone portable dont il ignorait l?existence. Et constate que des appels ont été reçus quelques minutes avant le cambriolage. Des SMS reçus font état de déclaration d?amour. «To mo la vi. To mo lamour. Mo kontan zis twa...» Dev dit avoir des doutes sur Shenaz Ibraham car celle-ci était la seule à savoir où son époux avait gardé l?argent.
Interrogée sur la présence du téléphone, Shenaz Ibraham avoue à son époux que celui-ci lui appartenait mais nie connaître la personne qui a passé les appels quelque quatorze minutes avant que le vol n?ait lieu. En explorant le domicile, le double des clés du tiroir a été retrouvé dans une armoire sous les vêtements de la jeune femme?
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