Publicité

Abus de position

8 août 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Akilesh ROOPUN</B>

La concurrence fait débat. Maurice veut mettre son cadre régulateur sur les pratiques et systèmes de compétition au diapason des normes internationales. Le gouvernement se penche dans cette optique sur le ?Competition Bill? qui préconise des changements en profondeur dans la manière de faire du business à Maurice. La loi sur la concurrence fait partie de l?agenda de réforme économique. Le pays a grand besoin de réformer à la fois le marché du travail et le ?product market?.

Les consommateurs font souvent les frais d?une inflation artificielle provoquée par des pratiques anticoncurrentielles tels les cartels ou les collusions. Certaines enseignes prennent des positions dominantes, non en raison de leurs qualités intrinsèques mais en raison des abus de situation de monopole de leurs fournisseurs. Les prix grimpent sans justification, profitant de l?absence de choix du consommateur. La dominance abusive de certains produits dans la grande distribution, notamment, est souvent le fruit d?une concentration malsaine dans le business. Les magasins opérant en chaîne ont tendance à favoriser certaines marques au détriment de la liberté de l?acheteur.

La venue des opérateurs étrangers dans la grande distribution a amené un certain confort chez les ménages mauriciens. Ces derniers profitent des offres promotionnelles dans les divers points de vente. Mais derrière ces promotions se cachent souvent des pratiques anticoncurrentielles discrètes qui nuisent à l?intérêt des consommateurs à terme.

Le fournisseur doit souvent acheter de l?espace dans un supermarché pour aider à écouler ses produits. Ces activités (extra-commerciales) qui incluent aussi la vente des espaces publicitaires dans les brochures aux fournisseurs rapportent des revenus supplémentaires aux magasins, ce qui leur permet de vendre certains articles de consommation courante en dessous du coût de revient. Cette méthode est connue comme les marges arrières. Il s?agit d?une stratégie pour attirer le client dans le magasin avec l?objectif qu?il se laissera tenter par des produits plus chers. Le but est de toucher les ?impulsive buyers?. Cette pratique est interdite dans des pays comme la France où les lobbies des consommateurs sont très forts.

Les régulateurs des marchés s?intéressent beaucoup aux rapports entre les fournisseurs et les distributeurs au détail. Certains revendeurs utilisent leurs positions dominantes sur le marché pour dicter leurs lois à leurs fournisseurs en obligeant ces derniers à vendre à des prix très bas. Les petits entrepreneurs qui dépendent beaucoup de ces magasins pour survivre sont les plus touchés par ces abus.

Le ?Competition Bill? doit mettre un terme à ces injustices. Un des moyens efficaces de prévenir les pratiques douteuses est d?imposer un seuil sur les parts de marché qu?occupent les grands magasins et supermarchés. L?idée de décréter une limite de 30 % est sérieusement envisagée.

Il ne faut surtout pas perdre vue sur l?essentiel. Maurice a grandement besoin d?une loi innovatrice sur la concurrence pour traduire dans les faits sa stratégie d?ouverture.

Cerena vend ses sociétés Cerena, le cluster industriel et commercial de Rogers, se démantèle. La direction de Cerena a annoncé hier la décision de vendre la plupart des sociétés du groupe. Le gros du business passe chez Taylor Smith.

Les activités de Sofap (production de peinture), de Scott (commerce) et de Copharma (distribution pharmaceutique) seront reprises par Taylor Smith. Des négociations sont en cours pour la vente de Roger Fayd?herbe et d?Amro, deux activités dans le secteur de la chimie industrielle.

Sukpak, entreprise d?ensachage de sucres spéciaux, est la seule entité qui est épa rgnée. Elle sera intégrée à Rogers Shipping. Des exercices de ?due diligence? sont en cours avant que les accords de rachat ne soient finalisés. Le management de Cerena affirme que les 734 employés du groupe vont conserver leurs emplois.

La direction de Rogers réfléchit depuis quelque temps sur l?avenir même de Cerena. Ce dernier s?est retrouvé dans de sérieuses difficultés après avoir mis un terme aux opérations de sa filiale phare, à savoir Desbro International (fabricant et fournisseur de fer de construction), en mars de cette année. Les activités de Desbro représentaient près de la moitié du chiffre d?affaires du groupe. L?entreprise était le principal fournisseur de barres de fer sur la place avec plus de 75% des parts de marché.

Publicité