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A 84 ans, Mugabe refuse de céder les rênes du pouvoir?

24 mars 2008, 00:00

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A 84 ans, le président Robert Mugabe est en campagne pour briguer un nouveau mandat lors de l?élection du 29 mars, marquée par l?irruption d?un «dissident» du parti au pouvoir.

Au pouvoir sans discontinuer depuis l?indépendance en 1980, l?homme fort de l?ex-Rhodésie a profité récemment de son anniversaire, célébré deux jours après sa date de naissance à Beitbridge, près de la frontière avec l?Afrique du Sud, pour formellement lancer sa candidature à un nouveau quinquennat.

La donne est bousculée cette année car Mugabe n?aura pas comme seul grand rival le chef de file de l?opposition Morgan Tsvangirai, leader du Mouvement pour un changement démocratique, mais aussi un ancien allié, l?ex-ministre des Finances Simba Makoni, qui promet de s?attaquer à la profonde crise économique.

La célébration de son anniversaire a donné le ton de la campagne et Mugabe a ciblé ses critiques contre Makoni, qui a déjà été expulsé du parti au pouvoir, la Zanu-PF, et a été qualifié de «prostituée» par le chef de l?Etat.

Le pays connaît un taux d?inflation de plus de 100 000 %, des pénuries régulières de denrées et de carburant. Makoni, comme d?autres adversaires de Mugabe, impute la responsabilité de cette situation à une gestion catastrophique du pays par le chef de l?Etat. «Cette fois, Mugabe ne peut pas tourner autour du pot. Il devra parler de questions concrètes, dire comment il compte réparer l?économie, alors que beaucoup de gens sont persuadés que c?est le gouvernement qui l?a mise dans cet état», déclare John Makumbe, un politologue hostile à Mugabe.

Sabotage par les puissances occidentales

Le président répond d?ordinaire que les problèmes économiques du Zimbabwe sont le résultat du sabotage du pays par les puissances occidentales, qu?il accuse de comploter pour le chasser du pouvoir en raison de sa politique d?expropriation des terres appartenant aux Blancs pour les redistribuer aux Noirs.

Le dirigeant a récemment affirmé que l?ancienne puissance coloniale britannique et ses alliés tentaient de déstabiliser le pays en envoyant des centaines de personnes au Zimbabwe sous couvert d?organisations non gouvernementales.

Les opposants à Mugabe voient là une nouvelle accusation destinée à masquer les propres failles du gouvernement mais placent quelques minces espoirs de changement dans l?élection du 29 mars. «Avec Mugabe et la Zanu-PF aux commandes, l?avenir est sombre, vide. Que Makoni puisse apporter quelque chose de différent reste encore une question sans réponse. Mais ce qui est clair, c?est qu?avec Mugabe, il n?y a aucun avenir du tout», écrivait récemment l?hebdomadaire Standard dans un éditorial.

Chris CHINAKA

© Le Monde 2008 Distribué par The New York Times Syndicate

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