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Japon: démission d'un ministre critiqué pour ses liens avec la secte Moon
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Japon: démission d'un ministre critiqué pour ses liens avec la secte Moon
Un ministre du gouvernement japonais a annoncé sa démission lundi après des critiques concernant ses liens avec la secte Moon, un groupe religieux qui fait l'objet d'une attention accrue depuis l'assassinat en juillet de l'ancien chef du gouvernement Shinzo Abe.
Daishiro Yamagiwa, le ministre chargé de la Revitalisation économique, a déclaré à la presse ne pas vouloir que les allégations sur ses liens avec le groupe aussi connu sous le nom d'Eglise de l'Unification, qu'il n'a pas nommé, «affectent le débat parlementaire».
Le Premier ministre Fumio Kishida avait ordonné la semaine dernière l'ouverture d'une enquête gouvernementale sur l'Eglise de l'Unification, au centre des attentions au Japon car l'assassin présumé de M. Abe en voulait à ce groupe, auquel sa mère aurait fait des dons très importants, menant leur famille à la ruine.
Le suspect pensait que l'ancien Premier ministre était proche de la secte.
Le groupe a nié tout acte répréhensible, mais de nombreux anciens membres ont critiqué publiquement les pratiques de la secte Moon, accusée d'imposer des objectifs de dons à ses fidèles.
Les révélations sur ses liens avec des personnalités politiques de premier plan au Japon ont par ailleurs contribué à faire baisser la cote de popularité du gouvernement Kishida, qui n'est plus soutenu que par 38% de la population, selon un sondage de la chaîne de télévision publique NHK.
D'après les résultats d'une enquête interne du Parti libéral-démocrate (PLD, droite nationaliste) au pouvoir, annoncés début septembre, près de la moitié de ses élus au Parlement avaient eu des liens avec la secte Moon.
Souvenirs «confus»
Les médias locaux ont évoqué de façon répétée ces dernières semaines le nom de M. Yamagiwa en lien avec le groupe religieux, notamment car le ministre apparaît sur une photographie prise en 2019 en compagnie de plusieurs personnes dont Hak Ja Han, la veuve du fondateur de l'Eglise de l'Unification.
Le ministre, vivement critiqué au Parlement sur ce sujet, a reconnu qu'il s'agissait bien de lui, mais a déclaré lundi que ses souvenirs au sujet de cette photo étaient "confus".
Il avait auparavant reconnu avoir également participé à un événement organisé par l'Eglise de l'Unification en 2018.
M. Yamagiwa a fait savoir qu'il prévoyait de continuer à siéger au Parlement nippon.
«Je regrette profondément que ma participation à plusieurs rassemblements de l'organisation ait donné du crédit à ladite organisation», a-t-il dit.
En raison de ces révélations, «j'ai dû donner des explications. En conséquence, cela a causé des problèmes au gouvernement», a-t-il déclaré.
M. Kishida a déclaré qu'il avait accepté la démission du ministre et qu'il annoncerait le nom de son successeur mardi.
L'enquête du gouvernement qu'il a ordonnée pourrait aboutir à un ordre de dissolution de la secte Moon au titre de la loi sur les organisations religieuses, qui lui ferait perdre ce statut, ainsi que son exemption de taxes, mais elle pourrait continuer à fonctionner.
Seuls deux groupes religieux au Japon ont déjà été visés par un tel ordre, dont l'un est la secte Aum Shinrikyo, qui avait perpétré l'attentat au gaz sarin dans le métro de Tokyo en 1995.
La secte Moon, créée en 1954 par Sun Myung Moon (1920-2012) en Corée du Sud, est devenue progressivement un empire économique présent dans de nombreux secteurs, faisant de son fondateur un milliardaire.
Connue pour célébrer des mariages collectifs de masse, l'Eglise affirmait en 2012 compter trois millions de fidèles dans le monde, un chiffre exagéré selon des experts.
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