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La croissance du Royaume-Uni menacée par l'inflation et la guerre en Ukraine

11 mars 2022, 05:33

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La croissance du Royaume-Uni menacée par l'inflation et la guerre en Ukraine

 

Après une reprise record en 2021, l'économie au Royaume-Uni est à présent menacée par la guerre en Ukraine qui alimente l'envolée de inflation et met sous forte pression les finances des ménages.

Le Produit intérieur brut (PIB) britannique, dont les chiffres de janvier seront publiés vendredi, avait accusé un léger recul en décembre en raison du variant Omicron.

Les économistes s'attendent à le voir repartir mais ont déjà revu en forte baisse, sans attendre, leurs prévisions 2022.

Les Britanniques sont sortis davantage en janvier à mesure que les craintes d'attraper le variant s'atténuaient, et l'économie montrait des signes que les pénuries commençaient à s'atténuer.

Mais «les prix de l'énergie ont bondi en réponse à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, aggravant les perspectives déjà terribles de l'inflation», remarquent les analystes de Pantheon Economics.

La hausse des prix devrait peser sur la demande, ce qui se répercutera sur la croissance tout en aggravant les retards dans les chaînes d'approvisionnement, ajoute Yael Selfin, économiste de KPMG.

«Les niveaux élevés d'incertitude, le resserrement des conditions de financement» avec des taux d'intérêt en hausse, «et les perturbations du commerce pourraient réduire la croissance à 3,3% cette année et 0,8% l'an prochain», selon elle.

Un gros coup de frein comparé au rebond de 7,5% de l'économie britannique en 2021, la plus forte progression du G7, après une contraction historique de 9,4% l'année précédente à cause de la pandémie, également la plus forte du G7.

Le centre de réflexion économique CEBR est encore plus pessimiste: "la hausse du coût de la vie, une baisse de la consommation et des exportations en raison des sanctions contre la Russie" pourraient faire tomber la croissance à 1,9% cette année et à zéro l'an prochain, selon lui.

Les analystes s'accordent à dire que l'inflation dépassera allègrement la dernière estimation de la Banque d'Angleterre, qui envisageait début février un pic à 7,25% en avril.

Choc sur le pouvoir d'achat 

 

Elle pourrait atteindre 8,7%, prévient le CEBR, faisant chuter drastiquement le niveau de vie des Britanniques cette année, de quelque 2.553 livres (plus de 3.000 euros) par ménage en moyenne, selon les estimations du centre de réflexion.

La pression monte sur le Chancelier Rishi Sunak pour agir. Il avait déjà annoncé début février 9 milliards de livres d'aides aux plus modestes face au coût de la vie, ce qui risque de s'avérer bien insuffisant pour compenser la chute du pouvoir d'achat.

«Pour conserver le même degré de protection contre la hausse des prix, M. Sunak pourrait avoir besoin de trouver plus de 12 milliards de livres supplémentaires» au moins, estime ainsi le centre de réflexion économique IFS.

M. Sunak, qui prône le retour à l'orthodoxie budgétaire après les lourdes dépenses de la crise sanitaire, se trouve ainsi face à un dilemme, selon l'IFS: «dépenser et emprunter encore des milliards, ou laisser les ménage faire face à un choc sur leurs revenus» qui sera peut-être le plus important «depuis les années 70».

Paul Dales, de Capital Economics, estime que le gouvernement peut se permettre d'emprunter davantage «pour amortir le coup porté au pouvoir d'achat des ménages», sans pour autant porter atteinte à ses objectifs d'équilibre fiscal.

Le Royaume-Uni n'est en effet «pas aussi exposé aux conséquences économiques de la guerre en Ukraine que le reste de l'Europe», notamment car le pays, producteur d'hydrocarbures, est moins dépendant des énergies russes que d'autres pays, rappelle-t-il.

Le 23 mars, M. Sunak est attendu au tournant lors de son "discours de printemps", sorte de mini-présentation budgétaire devant le Parlement.

En attendant, la banque d'Angleterre, gardienne de la stabilité des prix, a déjà relevé à deux reprises ses taux d'intérêts depuis fin 2021 pour tenter de calmer l'inflation et les économistes s'attendent à la voir agir à nouveau la semaine prochaine.

 

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