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Ce que la pandémie a apporté de positif…
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Ce que la pandémie a apporté de positif…
Les cas «positifs» n’ont pas cessé de nous hanter depuis mars 2020. Pourtant, le Covid-19 ne se résume pas qu’à la négativité. Sur le plan familial, mais aussi professionnel, entre autres fronts, la pandémie a eu des retombées positives.
«Définitivement, le Covid-19 a fait basculer nos vies. On prend plus conscience de l’importance des choses et des relations. Avant la pandémie, quand on touchait notre boni de fin d’année, on allait au restaurant mais là, on ne sait pas jusqu’à quand durera cette crise et les futures hausses de prix», confie Cindy Marianne, 41 ans. Maman de deux enfants de 16 et 17 ans, elle est en télétravail jusqu’à mi-janvier. Cela lui permet de maximiser le temps en famille. «On ne sort pas vraiment et même si on passe du temps ensemble à faire beaucoup de ménage entre les tâches professionnelles, cela cimente nos relations», précise-t-elle. Une pratique qui n’aurait pas pu être autant appliquée si le virus n’était pas passé par là. Malgré son côté fataliste sur les vies humaines, le Covid-19 a certes eu de belles répercussions.
Anne Marie Priscil, 51 ans, en sait aussi quelque chose. Travaillant dans le tourisme depuis des années, elle s’est retrouvée sans revenus, face à la pandémie. Mais battante comme elle est, elle s’est réinventée avec Stéphane Maurymoothoo, responsable de la plateforme Ti Travayer Malheureux. Le duo a fondé ASGP, une entreprise de lavage de voitures au domicile des clients, en novembre. Une innovation qui marche fort. «J’avais tout perdu et j’ai dû même vendre des biens pour subsister. Puis, on a élaboré l’idée du lavage de véhicules à domicile vers la fin de novembre. Cela nous a ouvert la porte vers une nouvelle voie. La situation pandémique m’a finalement rendue plus forte», déclare-t-elle.
Elle ajoute que même sur le plan alimentaire, des changements sont perceptibles depuis la crise sanitaire. Exit le gaspillage. Les repas sont accommodés pour deux à trois jours. «On réfléchit mieux avant de dépenser comme on ne sait pas de quoi demain sera fait. Mes émotions étaient débalancées. Le courage et la patience m’ont fait avancer. Si le Covid-19 n’était pas là, je serais restée dans mon petit coin avec mes touristes. Maintenant je me vois mettre la main à la pâte et devenir femme d’affaires un peu rêveuse», poursuit-elle.
Pour sa part, Nathalie Gauthier, responsable du marketing d’Adrien’s Dream, distingue plusieurs aspects positifs, dont le besoin de réfléchir avant de dépenser. «Avant le Covid-19, nous avions l’aisance d’acheter, même parfois sans regarder le prix. Depuis la pandémie et la crise financière, on fait plus attention aux achats. De plus, notre masse salariale a diminué. Auparavant, nous étions 29 effectifs et, avec la reprise du tourisme, nous sommes passés à 18. Nous exécutons exactement le même service que quand nous étions plus nombreux», explique-t-elle. D’autant que le virus a fait germer la polyvalence chez des employés. Par exemple, les skippers ne se contentent plus seulement de piloter leurs bateaux. Ils prêtent main forte à la cuisine, travaillent le soir après avoir enchaîné leur journée. «Le Covid-19 a permis de réaliser que rien n’est acquis. Les gens préfèrent travailler et faire des heures supplémentaires», indique-t-elle. Parallèlement, elle évoque le soutien financier de l’État. Sans cette subvention, son équipe et elle n’auraient pas tenu le coup. Encore moins réussi à redé- marrer les activités touristiques à la réouverture des frontières.
De son côté, Vishal Singh Balluck, enseignant, observe plus d’implication des parents en ce qui concerne les études. Les enfants ont également appris à gérer leur temps pour les devoirs après la fermeture des écoles due à la recrudescence de cas positifs au Covid-19. Cela dit, l’expérience en ligne n’était pas forcément idéale pour les enseignants qui doivent assurer la suppléance des cours virtuels à défaut du présentiel. «Les élèves disaient ne pas comprendre la méthode en ligne», confie-t-il. Rester à la maison pouvait paraître ennuyeux mais cela a permis de protéger le personnel scolaire. Autre point positif : la pandémie a permis de valoriser pleinement des amitiés authentiques.
Le fait d’être en télétravail a aussi favorisé un gain de temps. «Je n’avais plus à sortir très tôt pour prendre deux autobus pour me rendre à mon bureau et au retour. Je suis aussi coupée de l’environnement du bureau qui rajoutait souvent au stress», confie Clara, 36 ans, employée dans les télécommunications. Elle observe une meilleure productivité depuis qu’elle travaille à la maison ainsi qu’une réorganisation des tâches ménagères. «Évidemment, cela demande du boulot. On ne chôme vraiment pas en work from home. Je me suis même disciplinée à pratiquer du sport plus régulièrement en aménageant un petit espace dédié», poursuit-elle.
Le sport a aussi été au rendez-vous pour Alicia, coach de sport. Dispensant des cours de danse depuis 2018 à temps partiel, elle a perdu toutes ses clientes avec le Covid-19. Elle a alors commencé à animer des sessions en ligne gratuites et, au déconfinement, à offrir des sessions pour les femmes de son quartier en petits groupes. «Finalement, la pandémie m’a fermé une porte pour en ouvrir d’autres. Ce ne sont pas juste les cours que je partage avec elle mais un nouveau mode de vie pour qu’elles retrouvent la santé. Comme je travaille de la maison, c’était plus facile de m’organiser pour les cours et éviter le rush du retour à la maison après le bureau», déclare-t-elle.
«Le Covid-19 a permis de réaliser que rien n’est acquis.»
D’après Sanjay Matadeen, économiste et senior lecturer à la Middlesex University Mauritius, globalement, les employés ont pu mieux planifier leur temps en travaillant de la maison. «Cela a été positif au sens où s’ils veulent cuisiner et passer du temps avec leurs enfants ainsi que faire de l’exercice, ils pouvaient s’y adonner», affirmet-il. De plus, ceux exerçant à Port-Louis ont enfin pu être libérés de l’éternelle congestion routière du matin. En voiture, il faut souvent sortir une heure et demie à deux heures avant pour rallier la capitale et y arriver à 9 heures. Pire pour les habitants du Sud qui doivent prendre l’autobus dès 6 h 30. À l’arrivée, ils sont déjà fatigués. Aussi, avec le Covid-19, ils pouvaient dormir un peu plus et aspirer à huit heures de sommeil et à moins de stress le matin. Mais le seul bémol, notamment dans le secteur financier, c’est qu’il n’y a pas d’heure précise pour terminer sa journée de travail, soutient-il.
Cette positivité est-elle partie pour durer ? Selon l’économiste, il faut une vraie politique nationale sur la nouvelle normalité. «Ce sera malheureux mais il se peut que l’on retourne à l’old normal après le Covid-19. Par exemple, on aurait pu travailler trois jours au bureau et deux jours à la maison ; cela aiderait à gérer la congestion routière. On n’aurait alors pas eu à investir autant dans de nouvelles routes. Celles-ci ne font que déplacer les embouteillages d’un rondpoint à l’autre», déclare-t-il. Cela aurait des retombées positives sur l’économie et le bien-être des Mauriciens, ajoute-t-il.
À côté, des entreprises privées comptent bien faire perdurer ce nouveau système qui leur a valu une réduction des frais de loyer, d’électricité, de stationnement, etc. De plus, plusieurs Mauriciens travaillent plus et on note une hausse de productivité, notamment dans le secteur financier. Sur le plan relationnel, l’économiste estime que cela pourrait revenir à l’ancien modèle en l’absence d’une stratégie nationale pour maintenir cette positivité.
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