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Originaire de Rodrigues: l’ambitieux Joey Labour devenu physicien médical
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Originaire de Rodrigues: l’ambitieux Joey Labour devenu physicien médical
Le travail bien accompli mène au succès. Joey Labour, 27 ans, ne dira pas le contraire. Son parcours académique, brillant et impressionnant, est le reflet des efforts de ce Rodriguais, qui a coiffé son objectif de devenir physicien médical, spécialisé en médecine nucléaire.
Les fruits de ses accomplissements ne sont pas tombés du ciel. Joey Luc Cédric Labour a toujours eu la ténacité de réussir dans ses études dès son plus jeune âge. Sa scolarité a commencé à l’école maternelle d’Accacia puis s’est poursuivie à l’école primaire de Baie-Aux-Huîtres, où il a été classé aux examens du Certificate of Primary Education. Il a pu intégrer le Rodrigues College pour ses études secondaires, où il a concouru dans la filière scientifique et a été le premier lauréat à Rodrigues de la cuvée de 2012.
Joey Labour ne se plaint pas de sa période de scolarité sur son île natale. «Ma scolarité s’est déroulée dans un cadre parfait, paisible et pas très «stressant, comme je peux le constater chez beaucoup d’étudiants à Maurice avec des cours particuliers», confie-til. «J’ai eu un bon encadrement de la part de mes parents, Sylvestre et Marie Josée Labour, qui sont enseignants.»
Le jeune homme s’envole pour la France pour la suite de ses études. «J’avais pensé faire des études supérieures à la faculté des Sciences et Ingénierie de l’université Paul Sabatier, Toulouse III, à Toulouse, pour devenir ingénieur en mécanique aéronautique», explique le jeune homme. «Sur place, j’ai changé d’avis et j’ai repensé ma motivation professionnelle pour quelque chose de plus utile pour l’être humain et j’ai terminé ma Licence en Electronique, Electrotechnique, Automatique à la Faculté des Sciences et Ingénierie de l’université de Toulouse. Cela me permettait de me spécialiser dans le domaine de la physique médicale en Master dans la même université, à la faculté de médecine et d’ingénierie.»
«Major»
Joey Labour réussit son Master avec brio, étant même le premier de sa promotion, et décroche une bourse pour son doctorat à la suite de son stage de Master qu’il a effectué au Centre de Recherche en Cancérologie de Toulouse et aussi à l’Institut universitaire du cancer de Toulouse Oncopole. «Ma bourse de thèse était financée par Philips Healthcare et c’est fait au laboratoire CREATIS à Lyon et au Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard, dans cette même ville.» Joey Labour a axé sa thèse sur le traitement du cancer du foie par radioembolisation en utilisant un atome, l’yttrium-90. Suite à l’injection de ce produit dans les tumeurs du foie des patients, il est possible d’effectuer une imagerie, la Tomographie par émission de positons (TEP). C’est un traitement qui tombe sous la médecine nucléaire.
D’ailleurs, mardi a eu lieu la présentation de sa thèse et la famille du jeune Rodriguais a eu la chance d’y assister en visioconférence. «C’était un moment mémorable et très intense en émotions, même en visio, et cet événement rend tout le monde heureux. Ma soutenance, même dans un cadre scientifique, faisait rappel à Rodrigues dès le début de ma présentation et le jury a rappelé mes origines à la fin de la soutenance et a montré l’intérêt que j’avais pour mon île dans ce moment assez précieux pour ma famille et moi», soutient notre intervenant avec satisfaction. «Ma mère, mon père et ma sœur Cloey, ainsi que tous mes proches ont été là avec moi et c’était chouette ! Je ne le vivrais pas deux fois ce moment-là et je suis toujours sur mon petit nuage. Mes amis sont venus de Paris pour ce jour spécial, Catheline et Milaine, mes deux mères de cœur, qui habitent dans le sud de la France, sont venues aussi sur place pour l’occasion.»
Joey Labour se spécialise donc dans le domaine de la physique médicale. Selon ses explications, la physique médicale est un domaine de la physique appliquée, qui regroupe les applications de la physique en médecine, qui fait l’interface entre les différentes technologies et le patient. Cela implique les interactions des rayonnements (dits rayonnements ionisants) au corps humain. Il y a plusieurs sousdomaines spécifiques, qui peuvent être classés en Imagerie médicale, tout ce qui est imagerie X-ray, scanner CT, Radiothérapie : principalement pour le traitement des cancers et la Médecine nucléaire : pour le diagnostic des cancers ou autres pathologies, mais aussi des traitements des cancers par isotopes (ou atomes) radioactifs.
L’ascension du jeune homme ne s’arrêtera pas là. Actuellement, son contrat a été étendu au Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard à Lyon, et son projet est financé par Philips Healthcare. «Je vais continuer sur la même thématique de ma thèse mais aussi d’autres thématiques liées à la physique médicale. Je n’en dirais pas plus sur mon projet professionnel mais il y a pas mal de choses à venir, cela restera une surprise», confie-t-il. «Mes études ne se termineront pas ici car j’ai pas mal de perspectives afin d’atteindre d’autres buts, qui seront finalement dirigés vers un projet qui sera consacré à Rodrigues et Maurice. Mais cela va dépendre des financements et la reconnaissance de mon diplôme sur le sol mauricien, et la reconnaissance de mes capacités dans les domaines dans lesquels j’ai fait mes études, car il y a plusieurs axes possibles.»
Le physicien déplore d’ailleurs un manque d’accessibilité aux techniques de médecine nucléaire à Maurice pour le traitement des patients, considérée comme la médecine moderne. «Je souhaite qu’on puisse investir puisque cela aide grandement dans la détection précoce des cancers, dans le traitement et dans le suivi de la maladie. J’espère de tout cœur pouvoir apporter mon grain de sel à l’avenir dans le domaine de la santé.»
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