Publicité
Jean-Paul Belmondo: Le Magnifique qui aimait Maurice
Par
Partager cet article
Jean-Paul Belmondo: Le Magnifique qui aimait Maurice
L’acteur français Jean-Paul Belmondo nous a quittés le lundi 6 septembre dernier, à 88 ans. Des fans et amis, il en a aussi chez nous. Visiteur régulier de Maurice, l’acteur y était venu pour la première fois, le 15 décembre 1968, aux bras de l’actrice Ursula Andress, sa compagne de l’époque. Son dernier séjour remonte à 2020, quand il avait fêté le nouvel an sous nos latitudes. Retour sur ce qui liait cet acteur regretté à Maurice.
1968 : Première visite avec Ursula Andress
Le couple d’acteurs Jean-Paul Belmondo et Ursula Andress qui se promène devant le Collège Royal à Curepipe. Cette scène peu banale a été immortalisée le 15 décembre 1968 par Vel Kadressen, le photographe attitré de l’express dès sa parution, le 27 avril 1963, jusqu’à sa retraite presque 45 ans après. Ses photos sont parmi les pépites des archives de l’express.
C’est en Une de l’édition du mardi 17 décembre 1968 que son objectif montre pas à pas la balade du couple d’acteurs et de leur entourage. On y voit un intérêt marqué pour l’ex-James Bond girl. Jean-Paul Belmondo et Ursula Andress s’étaient rencontrés en 1965 sur le plateau de tournage du film de Philippe de Broca, Les tribulations d’un chinois en Chine.
La veille, toujours en Une de l’express, les lecteurs apprennent qu’il s’agit d’une visite de 24 heures seulement. Les vedettes ont fait le saut de La Réunion, où Jean-Paul Belmondo tournait des scènes de La sirène du Mississipi avec Catherine Deneuve. C’est Ursula Andress qui explique au journaliste Lindsay Rivière qu’ils «ne font que passer à toute vitesse et seulement en touristes». Elle précise que «c’est notre première visite dans cette partie du monde».

Jean-Paul Belmondo et Ursula Andress ont été invités à Maurice par Claude Lagesse (NdlR, homme d’affaires et propriétaire de l’aéroclub Air Grand–Baie). Les acteurs sont d’ailleurs arrivés à Maurice, de La Réunion, en avion privé.
À Curepipe, Jean-Paul Belmondo Ursula Andress ont fait du shopping, passant des Arcades Currimjee au magasin Beautés de Chine où ils «s’attardèrent près d’une demi-heure, examinant divers articles, mappes et bibelots». Avant de partir pour Grand-Baie.
Critique de film : Michel Bédu écrit à Belmondo… qui lui répond
Double clin d’œil. À l’acteur disparu et à l’un de ses admirateurs, Michel Bédu, lui aussi décédé. Il avait enseigné le journalisme à l’Alliance Française et avait aussi été chroniqueur dans l’express.
C’est après avoir vu Un homme et son chien, film de Francis Huster sorti en 2008, que Michel Bédu écrit à Jean-Paul Belmondo, qui y joue. La lettre est datée du 31 janvier 2010.
D’emblée, le ton est donné. Michel Bédu commence par ces mots : «Je n’écris jamais à un acteur pour lui faire part de ma félicité ou de ma déception. J’ai toujours trouvé cela un peu niais.»
Pourquoi écrit-il alors ? Parce que le film lui a fait vivre un «moment intense, que je dirais fatal (…) et qui m’a tiré des larmes – larmes de compassion mais de joie aussi par la force de ce talent si pudique, si profond, si vrai». Michel Bédu a été frappé par le contraste de cette prestation avec «l’acteur remuant, cascadeur ironique, risque-tout, auquel nous avons affaire d’habitude».
Nous ne pouvons qu’imaginer la réaction de Michel Bédu en recevant la réponse de Jean-Paul Belmondo écrite sur le papier à en-tête de l’acteur. Elle est datée du 19 septembre 2010. À la lire, on entend presque la voix si caractéristique de l’acteur en train de la dire. «J’ai des difficultés pour écrire, mais je voulais vous remercier de votre lettre si sympathique dont les mots me sont allés droit au cœur.» La lettre et sa réponse sont publiées grâce au concours de Sandra, fille de Michel Bédu et leur amie Gilberte Guého.
Jean-Baptiste Urbini : L’enthousiasme du collectionneur
La photo de Vel Kadressen montrant Jean-Paul Belmondo devant le Collège Royal de Curepipe fait partie de la collection de Jean-Baptiste Urbini. «Ces négatifs sont intéressants parce que c’est la première visite de Belmondo à Maurice et on le voit avec Ursula Andress. Des photos d’eux ensemble, on en compte moins d’une dizaine». Si c’est vrai que sur la photo, Jean-Paul Belmondo est de profil, ce qui singularise la photo, c’est le «point de repère que représente le Collège Royal de Curepipe. Tout de suite, on sait que c’est à Maurice».
2020 : Le dernier séjour
Rama Poonoosamy, directeur de l’agence Immedia se souvient du dernier séjour à Maurice de Jean-Paul Belmondo. Nous sommes fin décembre 2019. Le voyage s’est décidé au dernier moment. Rama Poonoosamy et Andrew Slome, alors directeur de La Pirogue, feront tout pour que l’acteur et ses proches – il y a parmi sa plus jeune fille Stella – passent de bons moments dans l’établissement. «Du 28 décembre 2019 au 6 janvier 2020, Jean-Paul et des proches ont fêté le nouvel an à Maurice». Ce sera son dernier voyage chez nous, regrette Rama Poonoosamy.
Depuis 10 ans, il affirme qu’avec l’acteur, «on se voyait chaque année, soit à Maurice, soit à Paris, selon ses disponibilités». Après ces déjeuners ou dîners, ici ou dans la capitale française, «il y avait toujours des gens qui voulaient se faire prendre en photo avec lui. Les gens faisaient la queue pour ça».
Comment survient leur première rencontre ? Rama Poonoosamy cite, «notre ami commun avec Jean-Paul, Louis-Michel Colla», directeur du Théâtre des Mathurins et du théâtre de la Gaîté-Montparnasse à Paris. Flashback. Il y a une dizaine d’années, Louis-Michel Colla invite Rama Poonoosamy à dîner au Royal Palm. À table, il y a Jean-Paul Belmondo. Une amitié est nouée.
Rama Poonoosamy se souvient aussi d’un épisode au restaurant Claude, à Paris. Après le déjeuner, il offre une copie du recueil de poésie Ti bato papye, d’Alain Fanchon, à Jean-Paul Belmondo. «Je lui explique le contenu du recueil. La force de ce poème inspiré d’un jeu d’enfant, où le bateau représente à la fois la traversée de la personne et du pays», se souvient Rama Poonoosamy. Ce poème a été traduit en 55 langues dans le recueil. Ce à quoi l’acteur lui a répondu : «Tu sais Rama, je n’écris presque plus. Mais je sais toujours dire je t’aime dans je ne sais combien de langues.»
Publicité
Publicité
Les plus récents