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Budget 2021-2022: Et si la culture rapportait de l’argent
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Budget 2021-2022: Et si la culture rapportait de l’argent
Deux volets distincts. D’abord les secteurs créatifs, durement touchés par la pandémie et toujours à l’arrêt à cause de l’interdiction de rassemblement de plus de 10 personnes. Ensuite le secteur culturel, ce qu’Avinash Teeluck traduit par «surtout le patrimoine». C’est en ces termes que le ministre des Arts et du patrimoine culturel a expliqué la teneur de sa rencontre avec son collègue des Finances, vendredi, pour la préparation du Budget 2021-2022.
Musées privés en difficulté
«Nous demandons plus de considération pour les musées, surtout les musées privés. Ils font face à des difficultés dans l’opération.» Avinash Teeluck n’oublie pas les musées publics, «surtout en termes de rénovation et de maintenance».
Dans le cas des musées privés, deux enseignes ont récemment donné de la voix. Au début du mois, Goorooduth Chuttoo, du Musée de la petite collection, a commencé à vendre des objets accumulés au fil des décennies. La faute à l’absence de revenus, conséquence directe de l’absence de visiteurs. Le responsable avait évalué à Rs 80 000 par mois la somme nécessaire pour faire tourner ce musée de Rose-Belle reconnu par le Mauritius Museums Council, mais sans bénéficier d’une aide financière de l’institution.
En habitué de la course d’obstacles, Tristan Bréville, fondateur du Musée de la photographie, avait, lui, lu le fond de sa pensée au ministre des Finances, lors des consultations pré-budgétaires. Invité de la seconde séance ouverte à des représentants du secteur triés sur le volet, il avait lancé : «Je ne suis pas venu ici aujourd’hui pour répéter ce que cinq ans de cela j’étais venu demander.» Il a rappelé que le musée de la rue du Vieux Conseil a «55 ans d’existence, 27 ans de présence dans la capitale, 27 ans de combat avec la mairie de Port-Louis». Le musée occupe un local appartenant à la mairie et il n’a eu de cesse de déplorer le manque d’entretien. Si une réunion des responsables a eu lieu au mois de janvier de cette année, Tristan Bréville reste avec une série de questions qu’il a posées à Renganaden Padayachy : «Plus haut vous a-t-on empêché de faire un geste ? Est-ce qu’il y a un concurrent qui lâchement est en train de détruire ce projet ? Est-ce qu’il y a des artistes ici ou ailleurs qui ne sont pas d’accord avec ce musée?» Il s’est aussi demandé «quelles sont ces confréries ou organisations socioculturelles qui, dans l’ombre, commandent le gouvernement ? Qui donc est en train de nous faire du tort jusqu’à donner l’impression que nous sommes des begging artists ?» Avant de s’écrier : «Pourquoi l’État ne peut-il pas collaborer avec le privé ?»
Pour les musées publics, la rénovation du musée national d’histoire à Mahébourg est vivement attendue. Le mois dernier, le musée de Mahébourg a vu les fortes averses s’infiltrer par le toit en bardeaux en mauvais état. La maison Robillard attend une rénovation depuis 2018, opération retardée, faute de fonds.
Demeure la question : rénover pour quoi faire ? Si ce n’est pas pour renouveler l’offre muséale, ni organiser une vie autour des musées, avec des manifestations régulières, alors pourquoi y investir l’argent public ? En somme, le prochain Budget donnera-t-il une juste considération au potentiel économique, à la valeur ajoutée du patrimoine ?
Des «espaces pour évoluer»
«Trouver des moyens pour créer davantage d’espaces pour permettre aux artistes de continuer d’évoluer.» Une promesse ? C’est ce que souhaite le ministre des Arts et du patrimoine culturel. Sans donner des détails quant aux moyens concernés. L’an dernier, le plan d’aide proposant des cachets pour des concerts virtuels avait fini par changer de formule, quand les artistes ont retrouvé les scènes, après le déconfinement.
Cette année ? Des artistes eux-mêmes lancent des plateformes en ligne, sans attendre, ni dépendre du ministère. Citons, par exemple, Studio B ou encore Motikam, une équipe autour d’Elvis Heroseau. Elle a lancé son premier concert virtuel le samedi 29 mai, avec une longue série de têtes d’affiche.
«Status of Artist Bill» : l’espoir
«Professionnaliser le secteur» avec le Status of Artist Bill. C’est un leitmotiv des interventions d’Avinash Teeluck. On se souvient que le discours du Budget 2016-2017 annonçait déjà que le Status of Artist Bill serait présenté au Parlement. Depuis des consultations – notamment en présence d’une experte de l’Unesco – ont déjà eu lieu. L’année 2021 sera-t-elle la bonne, pour les artistes qui souhaitent enfin avoir un statut légal.
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