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Coronavirus: l’épidémie ralentit, un «Ségur de la Santé» pour panser l’hôpital et les soignants

25 mai 2020, 09:32

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Coronavirus: l’épidémie ralentit, un «Ségur de la Santé» pour panser l’hôpital et les soignants

Après quinze jours de déconfinement et une épidémie de coronavirus qui semble refluer, le monde des soignants a les yeux rivés lundi sur le lancement du «Ségur de la Santé», vaste concertation destinée à améliorer ses conditions de travail, ses rémunérations et la prise en charge des malades.

Le long week-end de l’Ascension a vu rouvrir les portes des églises et de quelques mosquées pour fêter l’Aïd, mais aussi celles des mairies pour adouber les maires victorieux au premier tour, comme à Tourcoing (Nord) le ministre de l’Action et des Comptes Publics, Gérald Darmanin.

Dans les services hospitaliers, la pression se relâche un peu. Dimanche soir, dix personnes de moins étaient en réanimation par rapport à samedi. Santé Publique France donnera lundi le nouveau bilan de la mortalité, après un dernier chiffre de 28.289 morts pour les hôpitaux et les Ehpad diffusé vendredi.

Si les autorités se veulent prudentes, certains signes semblent encourageants. «On a fait une enquête sur la première semaine de déconfinement et on a mesuré que le virus circulait très peu dans les cabinets de médecine générale et très certainement dans l’ensemble de la population», a relevé sur BFMTV Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes MG France.

«Les indicateurs sont plutôt très favorables», a relevé pour sa part la directrice générale de Santé publique France, Geneviève Chêne, sur France 2, soulignant que si «le virus est toujours là, la circulation du virus reste faible». «La première vague est finie, c’est certain», même s’il est «beaucoup trop tôt» pour dire que l’épidémie est derrière nous, a renchéri Antoine Flahaut, directeur de l’Institut de santé globale de l’université de Genève sur BFMTV.

C’est dans ce contexte un peu moins sombre - avec des Français qui se ruent sur les laboratoires pour se faire tester - que s’ouvre lundi le «Ségur de la Santé».

Cette grande concertation, du nom de l’avenue où se trouve le ministère de la Santé, lancée par le ministre Olivier Véran, doit aboutir «mi-juillet». Elle répond à la promesse d’Emmanuel Macron qui avait évoqué fin mars «un plan massif d’investissement et de revalorisation» pour l’hôpital.

«On veut de l’argent !»

Déjà à cran avant la survenue de l’épidémie de Covid-19, médecins, infirmiers et l’ensemble des personnels de l’hôpital attendent bien autre chose que des applaudissements.

Le 15 mai, en visite surprise à l’hôpital parisien de la Salpêtrière, Emmanuel Macron s’était fait vivement interpeller par une infirmière lui réclamant «du flouze, du pèze, de la fraîche: on veut de l’argent!».

Hausse des salaires, temps de travail, gouvernance des hôpitaux... Tout sera passé à la moulinette de cette concertation.

Responsables syndicaux et collectifs de soignants seront réunis en visioconférence, qui débutera à 15H30 par un message du Premier ministre Edouard Philippe et comptera plus de 300 participants, représentants aussi des Ehpad, des établissements médico-sociaux et de la médecine de ville.

«Le vrai hommage aux soignants, ce serait de ne pas se moquer d’eux avec des promesses non tenues», a prévenu ce week-end le président de la Fédération hospitalière de France (FHF), Frédéric Valletoux dans le Journal du Dimanche.

«Combattants épuisés»

«Monsieur le président, montrez-nous qu’on peut compter sur vous», exhorte pour sa part un collectif de soignants et de paramédicaux, dont les collectifs Inter-Urgences et Inter-Hôpitaux, dans un courrier à Emmanuel Macron, publié par Libération.

«Il faut tenir, mais les combattants épuisés vont déserter si le «plan massif» que vous avez annoncé, monsieur le Président, n’est pas à la hauteur des enjeux», préviennent-ils, avant de détailler leurs propositions pour un «véritable service public» de santé.

En début de carrière, les rémunérations des infirmiers français, 1.500 euros, sont parmi les plus faibles des pays de l’OCDE.

Martin Hirsch, président de l’AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris), estime la remise à niveau pour les paramédicaux «de l’ordre de 15 à 20%», dans un entretien aux Echos.

Interrogé lundi matin sur BFMTV/RMC, le ministre des Finances, Bruno Le Maire, a simplement dit qu’il souhaitait une augmentation des salaires des personnels soignants. «Ils ont beaucoup donné, ils méritent d’être récompensés», a-t-il affirmé.

Autre question-clé qui agitera cette concertation pilotée par l’ex-dirigeante de la CFDT Nicole Notat: l’organisation du temps de travail, source de tensions récurrentes dans les hôpitaux. La réforme «passera par une remise en question de certains carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage», a prévenu M. Véran.

Outre le coup d’envoi de cette concertation, sont attendues cette semaine des précisions sur les grandes vacances et, peut-être, sur la réouverture des bars et restaurants qui trépignent de recevoir à nouveau des clients et de remplir leur tiroir-caisse.

Pour repousser le spectre des faillites et des licenciements, le gouvernement a annoncé dimanche 3 milliards d’euros d’exonérations de cotisations sociales pour les entreprises des secteurs les plus touchés comme la restauration, le tourisme, la culture ou le sport.

Ce coup de pouce concernera 500.000 entreprises et alourdira la dette, au-delà du seuil de 115% du produit intérieur brut, a prévenu M. Darmanin.

Côté automobile, filière plombée par la crise du coronavirus, des annonces du président de la République sont attendues mardi.

Renault doit dévoiler le 29 mai les contours d’un plan d’économies de deux milliards d’euros alors que le gouvernement, actionnaire à 15%, a exigé des conditions avant de donner un feu vert à un prêt de 5 milliards d’euros.

 

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