Publicité

Visite papale: la vente de produits dérivés s’amplifie

26 août 2019, 18:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Visite papale: la vente de produits dérivés s’amplifie

T-shirts, objets souvenirs, jeux, photos, transport : ces produits et services sortent le grand jeu pour la visite du pape, le 9 septembre. Dans les rues, commerces et paroisses, vente et fabrication vont bon train. Quel en est le coût ? Est-ce rentable ?

Il est 18 h 20, jeudi 22 août. Assise sur un petit seau, Meera étale ses produits à la gare de Curepipe. Cadres à photo, pin’s, bougies : tous portent l’effigie du pape François. Bien qu’elle ne détaille pas leur provenance, Meera affirme que les Mauriciens sont déjà très demandeurs : «Les gens ne veulent pas manquer cette visite unique le 9 septembre. J’ai un lot de souvenirs. Ça se vend rapidement.» Le pin’s s’arrache à Rs 25, les photos à Rs 100 et les bougies à partir de Rs 150, durant la soirée.

À Port-Louis comme sur Facebook, d’autres commerçants s’attellent à la vente. Moorgan Aroulen, d’Upgrade Tees, propose des t-shirts blancs du pape, à Rs 200 l’unité. «Les commandes affluent pour enfants et adultes. On les livre dans plusieurs régions gratuitement ou par voie postale, avec un supplément.» Il désigne également des tasses et gourdes à Rs 250 et des porte-clés à Rs 100 l’exemplaire. On peut même faire immortaliser la visite papale sur son «phone cover», ajoute-t-il.

Proche des jeunes

À la Pastorale des Jeunes à Rose-Hill, on se démarque du traditionnel t-shirt. Aussi, l’instance vend des maillots de football de San Lorenzo, en Argentine, l’équipe favorite du souverain pontife. «Le pape François est proche des jeunes. On s’est basé dessus pour créer notre concept pour la visite papale», déclare Benoît Duvergé, responsable de projets. Un millier d’exemplaires a été produit pour des jeunes issus des associations participant à l’événement. 60 % ont déjà été vendus à Rs 250 l’unité. 20 % sont déjà réservés. Le stock restant sera accessible au public. «La production totale nous coûte Rs 475 000. Nous avons cherché des sponsors pour pouvoir les vendre au prix actuel.» Abdel Sheik Dawood, associé au projet et responsable de Del Design, fabrique aussi des t-shirts et sacs pour d’autres organismes. Il a réduit ses tarifs pour la bonne cause : «Comme c’est pour l’Église, l’impression était de Rs 20 à 25 au lieu de Rs 35. Pour des banderoles, c’était à Rs 400 au lieu du tarif normal de Rs 800

Ailleurs, paroisses et autres points de vente religieux regorgent d’objets. À la Procure à Curepipe, des cubes de prière fabriqués main, par Pascale Harel, se démarquent. Vendus à Rs 350 la pièce, ils sont en bois. Chaque façade présente une façon de prier avec un doigt de la main. «Je fais de l’artisanat depuis plus de dix ans. Ces cubes ont d’abord été façonnés pour les premières communions, confirmations et autres cérémonies. Puis, je les ai adaptés pour la visite papale. Mais c’est difficile de les vendre.» À ce stade, la moitié de ses produits a été vendue dans les paroisses. L’objet rapporte-t-il ? «Oui, mais sans pour autant faire du profit en masse.» Elle a aussi fabriqué des magnets à Rs 25 l’unité.

Jeux

Du côté de La Vie Catholique, on fait d’abord ses jeux. Selon Danièle Babooram, la rédactrice en chef, il s’agit d’un jeu classique style «Serpent» avec une grille et des pions fabriqués en bouchon recyclé. Une série de questions est posée au fil de l’avancement sur la carte. 5 000 jeux ont été imprimés.

Parallèlement, 9 000 médailles en bronze vieilli ont aussi été produites à l’effigie du pape et du père Laval par cette même instance. «Pour les jeux de société, nos coûts de production sont de Rs 250 000 et pour les médailles, Rs 600 000. Chacun est vendu à Rs 100 la pièce. Nous ne faisons pas de grosses marges, comme nous sommes les seuls à les financer», explique Gérard Anodin, le directeur administratif. Leur prévente s’élève à moins de 10 % dans chaque catégorie. Néanmoins, avec la vente officiellement lancée le week-end dernier, l’engouement pour la médaille se précise.

Fourgons et autobus

Les services ne sont pas en reste. D’après Pravesh, responsable d’Alouette Tours, fourgons et autobus sont sollicités pour le déplacement des participants à la messe du 9 septembre : «On nous a contactés pour transporter les Réunionnais. Huit vans climatisés disposant chacun de 30 places ont été réservés.» Pour le trajet débutant de l’hôtel situé au Nord et allant vers Marie-Reine-de-la Paix et le retour, le coût est de Rs 4 000 par autobus. «Le profit sera d’environ 20 %.»

Pour l’heure, les Mauriciens n’ont pas beaucoup réagi pour ces modes de transport. «Toutefois, nous faisons provision pour des fourgons et autobus allant de 14 à 60 places.» D’après un autre opérateur, ces demandes devraient affluer les jours précédant l’événement. «Les Mauriciens en parlent beaucoup. Ils préfèrent y aller en famille et éviter les soucis de stationnement de leur propre véhicule. Ils voient dans les transports en commun un côté plus pratique

Coup de pouce au diocèse

Qui finance les dépenses liées à la visite du pape à Maurice? Sans révéler les chiffres, le département des finances du diocèse de Port-Louis précise qu’il prendra en charge les travaux d’amélioration et de rénovation à Marie-Reine-de-la-Paix. «Il faut ajouter les dépenses pour la sonorisation et la célébration de la messe comme l’hostie, les décorations, les chasubles, etc

Qui a entrepris ces tâches? Selon sœur Agathe, 23 chasubles et 23 aubes ont été fabriquées par les sœurs du Carmel. Ces créations seront destinées au pape et aux évêques. Une vingtaine d’étoles a aussi été confectionnée pour les prêtres. Le tout a été effectué à partir de tissus achetés d’un marchand de la capitale. Quant au logo, il a été gratuitement conçu par la firme Gung Ho. «Il fallait le créer en quelques jours, faire valider par le Vatican. Après les retours, nous avons tout peaufiné», affirme Stéphane Mackay, le directeur.

Rodrigues

Du côté de Rodrigues, Gabriel Azie, artisan de Trèfles, respire enfin après avoir fabriqué 510 paniers en vacoa destinés à la communion pour la messe à Marie-Reine-de-La-Paix. «Cela m’a pris trois mois. Je travaillais dessus avec un groupe puis ai confectionné 25 grands plateaux pour la cérémonie.» Combien cela a coûté ? Rs 65 000 pour le matériel et la main-d’œuvre, précise-t-il. Des frais qui seront à la charge du diocèse de Port-Louis, selon lui. L’établissement a d’ailleurs lancé une campagne de levée de fonds pour la visite papale.

 

En chiffres

<p style="text-align: justify;">1 200 volontaires seront de service le 9 septembre. C&rsquo;est ce qu&rsquo;affirme Thierry Goder, leur responsable. Ce chiffre comprend 700 personnes qui accueilleront et canaliseront les fidèles vers les diverses zones définies à Marie-Reine-de-la Paix. Les 500 autres seront des brancardiers et issus de divers mouvements comme le Groupe 40, le Centre d&rsquo;Accueil de Terre-Rouge, etc. Ils accompagneront les personnes qui assureront la communion. Selon lui, la police a procédé au<em> &laquo;screening&raquo; </em>de leur profil. Ces bénévoles s&rsquo;organiseront entre eux pour leurs frais de transport et seront de service gratuitement.</p>

Publicité