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Journée mondiale des migrants: pourquoi ils ont choisi de rentrer au pays

16 décembre 2018, 20:00

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Journée mondiale des migrants: pourquoi ils ont choisi de rentrer au pays

Ces Mauriciens espéraient partir un jour sans retour. Mais ils ont finalement refait le détour. Immigrés, ils ont rebroussé chemin. Pour quelles raisons reviennent-ils au pays ? Comment ont-ils vécu la situation ? Le point à l’occasion de la Journée mondiale des migrants, célébrée le 18 décembre.

«Mon cousin nous a trompés. Il nous avait promis une belle vie là-bas, mais nous avons vécu un enfer», déclare Santa, 33 ans. Avec son mari Kevin, 35 ans, elle se rend en Amérique du Nord pour immigrer. Pour ce faire, le couple laisse ses deux enfants, âgés de 8 et 9 ans, à Maurice. Il leur promet de revenir les chercher une fois installés.

Dès l’arrivée, les choses virent au cauchemar. «Nous avions vendu notre maison et notre voiture pour rajouter à nos économies et des bijoux en or. Le cousin a pratiquement tout pris dès notre arrivée. Il disait que c’était pour assurer nos frais. Il nous a hébergés et devait nous aider à trouver un emploi, en vain. Après quelques mois, il nous a envoyés travailler dans une usine de vêtements», raconte la jeune femme.

Peinant à s’adapter, elle décroche au bout de quelques semaines. Idem pour son mari. Le cousin fait alors pression et veut obtenir plus d’argent d’eux. «Il était furieux qu’on quitte cet emploi. Il nous menaçait de nous jeter à la rue si on ne trouvait pas un autre job», lâche cette employée de banque.

Ne pouvant plus supporter la situation, elle tombe sur un réseau de Mauriciens basé dans ce pays. Par hasard, elle y trouve un ami qu’elle contacte immédiatement. Le lendemain matin, le couple file en douce chez ce dernier pour y trouver refuge. «Nous avions pu cacher quelques derniers bijoux et devions les vendre pour repartir», ajoute Santa.

Amer et désillusionné, le couple rentre au pays en 2017. Il lui faut alors tout commencer à zéro : trouver du travail, louer une maison et surtout se remettre de l’échec. Avec le soutien familial, le couple a pu se relever.

Ce retour au pays, Nadia l’a aussi vécu. Effectuant sa scolarité au Zimbabwe, elle savoure le goût du grand air, les kilomètres de routes traversant les villes, villages et le chemin de fer filant à l’infini. Des images gravées en elle. De retour à Maurice, elle part étudier en Inde après le secondaire. Elle y rencontre son conjoint, qui partage la même passion du voyage et de l’exploration.

«Après notre mariage, nous sommes allés vivre en Angleterre. Au bout de cinq ans, nous avons immigré au Canada. Ma fille avait 2 ans et j’attendais notre deuxième enfant», raconte-t-elle. Son conjoint la précède dans le déplacement afin de trouver du travail et un foyer. Grâce à sa polyvalence, le jeune homme y parvient rapidement.

Après trois ans et demi passés au Québec, Nadia a un déclic : elle veut rentrer à Maurice. «Ma famille était bien trop loin et on ne voulait pas priver nos enfants de la joie de connaître leurs grands-parents.» Grâce au soutien de son entourage, son conjoint et elle ont trouvé un lopin de terre, construit une maison et recommencé à travailler.

De leur côté, Darren et Jaysen, deux frères, étaient partis en Angleterre. «On était inscrits pour des études et on cherchait du travail, en vain. Comme on n’avait pas de famille là-bas, on subsistait avec nos économies», explique Jaysen, l’aîné, employé dans un hôtel du Nord désormais.

Hélas, après un an et demi, les deux frères n’arrivent plus à joindre les deux bouts. «Nous n’avions même pas de quoi manger.» Expulsés de leur logement, ils sont obligés de dormir à la belle étoile. Leurs parents interviennent alors pour les faire rentrer.

 

En chiffres

<p style="text-align: justify;">D&rsquo;après un relevé des Nations unies, il y avait 258 millions de migrants internationaux en 2017. L&rsquo;Asie et l&rsquo;Europe mobilisent davantage les immigrés, à raison de 80 millions et 78 millions respectivement. En troisième lieu, on trouve l&rsquo;Amérique du Nord avec 58 millions de migrants internationaux. Et selon les Population and Vital Statistics, la Net International Migration était de 925 Mauriciens de janvier à juin 2018.</p>

<p style="text-align: justify;">En outre, selon Massood Joomratty, avocat spécialisé dans le droit d&rsquo;immigration au Canada, le dernier recensement de la population canadienne en 2016 révèle que 15 900 personnes au Canada ont indiqué Maurice comme lieu de naissance.</p>

 

Les raisons d’un retour au pays

<p style="text-align: justify;">Pourquoi les Mauriciens immigrés reviennent-ils au pays ? <em>&laquo;Plusieurs d&rsquo;entre eux y accompagnent simplement leurs enfants et bénéficient des frais universitaires inférieurs grâce à la résidence permanente comparés à ceux pour les étudiants étrangers.&raquo;</em> D&rsquo;autres reviennent pour des obligations contractuelles ou des transactions professionnelles inachevées. Le mal du pays constitue une autre raison derrière la décision de retour.</p>

<p style="text-align: justify;">Quel soutien existe-t-il pour les immigrés qui veulent revenir au pays ? À l&rsquo;Organisation mondiale pour les migrations de Maurice, une demande d&rsquo;assistance a été faite par une trentaine de Mauriciens sous le programme d&rsquo;aide au retour volontaire et à la réinsertion<em>. &laquo;Parmi ceux qui reviennent, certains parlent de contraintes et de choix liés à l&rsquo;emploi. Ils évoquent aussi des problèmes familiaux, de santé, de logement&hellip;&raquo;</em> confie une représentante de l&rsquo;institution.</p>

<p style="text-align: justify;">Dans d&rsquo;autres situations, le retour est plutôt positif. Certains Mauriciens rentrent pour investir ou développer leur activité à Maurice, fort de l&rsquo;expérience acquise&nbsp; à l&rsquo;internationale.</p>

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