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Drogue sur les hors-bords: qui nous mène en bateau ?

4 novembre 2018, 20:00

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Drogue sur les hors-bords: qui nous mène en bateau ?

Ils ont failli arriver à bon port. Mardi 30 octobre, trois skippeurs ont été pris dans les filets de la police à Grand-Baie. Ils transportaient clandestinement non pas des passagers mais 110 kilos d’héroïne sur leur hors-bord. La National Coast Guard (NCG) les a interceptés. Le 11 novembre 2016, la gendarmerie réunionnaise avait interpellé le skipper mauricien Mike Brasse à bord du Sweet Love Mama, à Sainte Rose. Bilan : 42,6 kilos d’héroïne saisis.

Ces cas attirent l’attention sur le transit de la drogue par voie maritime. Quelles vérifications sont effectuées ? «Tous les bateaux entrant à Maurice doivent accoster au port. De là, ils doivent obtenir l’autorisation de cette instance, de l’immigration et de la douane. Les procédures sont similaires au passage à l’aéroport », confie une source de la Tourism Authority. Parallèlement, la NCG assure la surveillance. Nous avons essayé d’avoir des explications sur ce processus auprès de cette instance. En vain.

Si les autorités exigent ce passage obligé par le port, les opérateurs maritimes s’y plient-ils ? Ils le devraient, indique un autre interlocuteur. Dans la réalité, certains font fi du règlement. De plus, à ce jour, aucun système de monitorage ne permet de repérer les petites embarcations. Une mesure budgétaire a d’ailleurs été introduite en juin 2018.

Selon la représentante de la Tourism Authority, tout opérateur de bateau de plaisance doit détenir un permis pour assurer des sorties en mer. «Nous avons deux catégories de permis. Par exemple, la licence B permet de naviguer jusqu’à une distance de 12 miles nautiques et celle de la catégorie C est restreinte à 24 miles nautiques», confie Tommy Lamarque, skipper.

Si l’objectif est la pêche, une autorisation du ministère de l’Economie océanique et de la pêche est exigée. Quels contrôles s’appliquent dans ce cas ? «De mon temps, il n’y en avait pas. Mais la NCG peut intervenir auprès de n’importe quelle embarcation en cas de soupçons», déclare Sylvio Michel, ancien ministre de la Pêche. Par contre, il évoque l’existence d’un département de protection composé de fonctionnaires travaillant avec la police pour veiller à la pêche illégale. Il ajoute que la carte de pêcheur est exigée.

Néanmoins, certains passent entre les mailles du filet pour «d’autres trafics». «Malheureusement, notre problème n’est pas juste ce qui entre et sort de nos lagons. Il n’y a guère de contrôle», confie l’ancien ministre. Il critique également le manque d’équipements comme les hélicoptères, avions et bateaux, ainsi que de personnel de contrôle. Idem pour les vérifications qui semblent être aléatoires. D’autant que l’axe régional avec La Réunion, Madagascar et les régions avoisinantes se décuple, au vue des saisies de drogue. «Notre territoire semble être devenu une porte ouverte.»

 

Un système de repérage bientôt sur pied

<p style="text-align: justify;"><em>&laquo;Nous travaillons sur l&rsquo;élaboration de l&rsquo;Automatic Identification System&raquo;</em>, confie une source à la Tourism Authority. Ce système de monitorage, déjà installé sur les navires, sera désormais exigé pour les bateaux de plaisance. Cette mesure a été annoncée lors de la présentation du Budget, le 14 juin. Objectif : renforcer la sécurité en mer et repérer les activités de toutes ces petites embarcations. D&rsquo;après notre interlocutrice, la <em>Tourism Authority</em> se penche sur ce projet en collaboration avec les ministères du Tourisme, de la Technologie et de la Pêche, ainsi que le bureau du Premier ministre.</p>

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