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Culture : les chantiers de 2018
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Culture : les chantiers de 2018
Plus que de simples chantiers, les avancées attendues en 2018 dans le secteur culturel s’apparentent parfois à des travaux d’Hercule. Certains de ces développements sont attendus depuis longtemps. À nouvelle année, espoir renouvelé.
Poursuivre la restructuration de la MASA
Une série d’amendements à la Copyright Act ont été votés fin 2017. Parmi les changements : la société des droits d’auteurs reprend son appellation de Mauritius Society of Authors (MASA), au lieu de Rights Management Society.
Sous la présidence de Michael Lyndon Veeraragoo, il s’agit maintenant de poursuivre la restructuration de la MASA. Faut-il y voir un signe ? La distribution de royalties de décembre 2017 n’a pas été marquée par des récriminations de la part d’artistes mécontents des sommes payées.
Prochaine étape : l’élection des sept artistes qui siégeront au conseil d’administration de la MASA. Parmi les amendements votés, le ministre pourra désormais donner des instructions par écrit au conseil d’administration.
La société des droits d’auteurs a aussi vu ses attributions élargies. Les droits d’auteurs sont protégés 70 ans après la disparition de l’auteur au lieu de 50 ans. La société s’occupe aussi des droits des producteurs. Elle est l’arbitre dans le partage des royalties entre auteur et producteur. Au cas où il n’y aurait pas d’accord préalable entre eux, la MASA collecte les royalties et les distribue à 50 % entre les deux parties.
Il s’agit en outre d’assainir la gestion financière d’une institution marquée par la suspension de son directeur, dans le sillage d’une affaire de piratage de produits Sony.
50 ans de l’Indépendance : la réconciliation
Les activités marquant les 50 ans de l’Indépendance ont commencé l’an dernier. Nous avons vu défiler les actrices Emmanuelle Béart et Rani Mukherjee au Mauritius Cinema Week. La cantatrice reconvertie dans le blues et le gospel, Barbara Hendricks, a donné un concert au centre de conférences Swami Vivekananda.
Quelle place pour les artistes locaux ? Le 12 mars 2017 avait été marqué par l’appel au boycott lancé par un collectif d’artistes. Un appel qui n’avait pas été totalement suivi. Le comité interministériel des célébrations présidé par Nando Bodha saura-t-il réunir toutes les sensibilités ?
Rénovation du musée de Port-Louis : reviens, Dodo
Le dodo est temporairement absent de Port-Louis. Le musée de Port-Louis a fermé ses portes le 31 janvier 2017, pour une rénovation de 18 mois. Si le calendrier est respecté, le Mauritius Institute, qui abrite le musée d’histoire naturelle, pourrait rouvrir mi-2018. La majeure partie des travaux concerne la toiture qui coule et le parquet infesté de termites.
Avant la rénovation, les musées de Port-Louis et de Mahébourg ont eu droit à la visite de deux experts du musée du Louvre. Leur rapport a-t-il été pris en compte dans la présente rénovation ? La réouverture nous le dira.
On se souvient que lors des inondations du 31 mars 2013, le rez-de-chaussée du musée de Port-Louis avait subi des dégâts.
En attendant la fin des travaux, les collections du musée de Port-Louis ont été réparties entre trois autres adresses : les ossements de dodo sont au musée Mahébourg, les coquillages au Fort Frederik Hendrik, à Vieux-Grand-Port et les insectes à La Nef, à Souillac.
Arts centre au Caudan : les travaux avancent
Le chantier progresse au front de mer. C’est une salle polyvalente de 417 places qui sortira de terre, d’ici la fin de l’année. Cet Arts Centre constitue la troisième phase de développement de l’espace commercial du Caudan, qui s’oriente vers la création d’un pôle culturel. La nouvelle salle sera dotée d’équipements d’une valeur de Rs 100 millions. Outre les concerts et spectacles, c’est la diversité des expressions artistiques que cette nouvelle salle souhaite accueillir.
Musée de l’esclavage : encore enchaîné ?
Plus que quelques semaines avant le 1er-Février, date de commémoration des 183 ans de l’abolition de l’esclavage. En février 2017, lors de son discours de circonstance au Morne, le Premier ministre, Pravind Jugnauth, a déclaré avoir dit au ministre des Arts et de la Culture que le musée de l’esclavage est une priorité. Le Budget a accordé Rs 5 millions pour une étude de faisabilité de ce musée.
Ce projet bien qu’approuvé par le conseil des ministres a été retardé par des tergiversations autour du lieu choisi. Officiellement, il s’agit de l’Hôpital militaire, construit sous La Bourdonnais. Des esclaves y ont été soignés. Et il y a eu un bagne à cet emplacement situé à deux pas de l’Aapravasi Ghat. Aujourd’hui le bâtiment principal de l’Hôpital militaire abrite les bureaux de l’Aapravasi Ghat Trust Fund.
La création du musée de l’esclavage est l’une des recommandations du rapport de la Commission Justice et Vérité (CJV), soumis en 2011. Ce rapport proposait déjà le concept du musée et une estimation des coûts, qui à l’époque tournait autour de Rs 80 millions. L’Hôpital militaire a été identifié non seulement parce qu’il est associé à l’esclavage, mais surtout parce qu’il n’y a pas de monument ou de lieu commémorant l’esclave dans la capitale mauricienne.
La CJV avait pour vice-présidente l’historienne Vijaya Teelock. Fin 2017, elle est devenue présidente du comité scientifique de La Route de l’Esclave, projet de l’Unesco qui réunit les chercheurs autour d’une meilleure connaissance de l’esclavage. La réunion du comité scientifique s’est tenue chez nous. Occasion pour le ministre des Arts et de la culture Prithviraj Roopun de prendre l’engagement de faire avancer ce dossier.
Piqûre de rappel.
Ce que prévoit le Budget 2017-2018
Il reste la moitié de l’année financière. Et autant de projets annoncés dans le Budget 2017-2018 à mettre en chantier. Parmi :
Le National Arts Fund, doté de Rs 50 millions, pour financer des activités telles que l’enregistrement de musique, des concerts et des expositions/ventes. Le président du «managing committee» de ce fonds a été nommé fin 2017. Il s’agit de Gaëtan Abel, figure de la chanson engagée, longtemps responsable des événements à la State Property Development Corporation.
Le Budget a aussi accordé Rs 300 millions pour rénover le théâtre du Plaza.
Une somme de Rs 110 millions a été allouée à la rénovation de l’hôtel de ville de Curepipe, classé patrimoine national.
La création d’un village des artistes à la Batterie de l’Harmonie aux Salines, Rivière-Noire. Ainsi que la construction d’un palais des arts et de la culture à Côte-d’Or.
Rénovation du théâtre de Port-Louis : après dix ans de fermeture
La première des deux phases de la rénovation du théâtre de Port-Louis a été lancée à la mi-décembre 2017. Cela concerne surtout la réparation du toit. C’est l’entrepreneur Bhooshan Ramloll qui a décroché ce contrat de Rs 74,5 millions. Le chantier doit durer au moins un an.
Le théâtre de Port-Louis – le plus vieux de l’hémisphère Sud – est fermé pour rénovation depuis 2008. Dix ans marqués par un manque de fonds chronique. Malgré une subvention budgétaire de Rs 50 millions, la mairie n’avait pas suffisamment de ressources pour couvrir la totalité des travaux. Il lui reste maintenant à réunir les fonds pour la seconde phase.
Cette rénovation bénéficie du soutien financier de l’Association internationale des maires francophones à hauteur de 100 000 euros pour la première phase des travaux. Une enveloppe de 200 000 euros sera ensuite accordée au moment de la seconde phase des travaux.
Status of Artist bill : les créateurs réclament leurs droits de travailleurs
À quand un salaire minimum pour les artistes ? Les créateurs aspirent à être reconnus comme des travailleurs. Avec les droits et devoirs qui vont avec. C’est ce qui leur a à nouveau été promis dans le Budget 2017-2018, avec l’annonce de la préparation du Status of Artist Bill.
Des consultations ont déjà eu lieu avec des représentants de six domaines de création artistique (musique, arts plastiques, arts de la scène, audiovisuel, danse et littérature), en présence d’une experte de l’Unesco, Vesna Copic. Le but : faire une loi visant à professionnaliser le statut de l’artiste et améliorer ses conditions économiques et sociales. Une version initiale de cette nouvelle loi est attendue.
Séga Chagos : prochain patrimoine mondial ?
Jamais trois sans quatre ? Le prochain patrimoine immatériel à tenter sa chance au patrimoine mondial de l’Unesco sera le séga Chagos. À la fin de l’année nous saurons s’il rejoindra le séga typique, inscrit en 2014, le geet, gawai et le séga tambour de Rodrigues inscrit l’an dernier.
Un atout pour le séga Chagos : la réunion annuelle du comité intergouvernemental du patrimoine immatériel de l’Unesco (réunion au cours de laquelle les dossiers du monde entier sont jugés) se tiendra à Maurice fin 2018.
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