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Éric Louison : égaler, voire dépasser son père
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Éric Louison : égaler, voire dépasser son père
Mardi 3 octobre, à l’auditorium Octave Wiehe, 230 jeunes âgés de 16 à 22 ans recevront leur diplôme certifiant qu’ils ont pris part au Projet employabilité jeunes de la Fondation espoir et développement du groupe Beachcomber. Parmi eux, Éric Louison, fils de chef à l’hôtel Trou-aux-Biches, qui ambitionne de marcher plus loin que les traces de son père.
Un visage rond et des yeux rieurs. C’est la première chose que l’on note chez Éric Louison, 18 ans. Il a suivi depuis mars les trois mois de cours théoriques dispensés par Frédéric Augustin et Carole Thomas à la Beachcomber Training Academy. Il a ensuite été envoyé en stage pratique dans la cuisine du restaurant Oasis, l’un des cinq lieux de restauration de l’hôtel Trou-aux-Biches.
Depuis juin, il est affecté à la préparation du petit-déjeuner au restaurant Oasis. Ce qui signifie aider l’équipe en cuisine à la préparation du premier repas du matin pour environ 400 personnes lorsque l’hôtel affiche complet. Et dès qu’il termine, il fait la mise en place pour le lendemain. «Et puis, je me mets volontairement à la disposition de ceux qui en ont besoin, surtout en cas d’absence.»
Si cet habitant de Pointe-aux-Piments, enfant unique de Noëlinda, femme au foyer et de Gervais, n’a pas étudié au-delà de la Form V, c’est parce qu’il n’a pas obtenu la note qu’il fallait en mathématiques. «Ce n’était pas ma tasse de thé», raconte-t-il en riant. Que faire lorsqu’on a pris part à l’examen de Form V à deux reprises et qu’on n’a toujours pas eu la note qu’il faut en mathématiques pour passer en Form VI ?
Il y a certes la cuisine qui l’intéresse. Comment peut-il en être autrement, puisque son père n’arrête pas de parler boulot lorsqu’il est à la maison. Celui-ci est un chef qui compte 38 ans de métier à l’hôtel Trou-aux-Biches. «Mon père n’est pas un grand bavard mais lorsqu’il discute à la maison, il ne parle que de son boulot. Et plus il en cause, plus cela m’intéresse», raconte-t-il. Gervais Louison a dû le ressentir car lorsque son fils se trouve à la croisée des chemins par rapport à son avenir, il lui parle du Projet employabilité jeunes (PEJ) de la Fondation espoir et développement du groupe Beachcomber. Le jeune homme s’y inscrit.
Qu’a-t-il retenu des cours? «J’ai découvert le monde de l’hôtellerie, ses métiers, comment parler aux clients, le respect des autres et des supérieurs, les valeurs à conserver.» Des cours théoriques qui ont été suivis du stage pratique dans la cuisine du restaurant Oasis.
Mardi, lors de la remise de diplômes, Eric Louison saura ce que ses supérieurs hiérarchiques ont pensé de lui et comment il a été annoté. «Si les chefs ont apprécié mon travail et veulent bien de moi, je pourrais aller suivre un cours de NTC 2 à l’École hôtelière et continuer à apprendre le travail à l’hôtel.»
Il ne rêve que de cela et en a fait son but. «Mon père a longtemps travaillé avec le chef Paul Ng à La Caravelle. Après la rénovation de l’hôtel, il a été envoyé au restaurant du personnel qui s’appelle l’Arc-en-Ciel. Moi, je veux tout apprendre. Faire comme papa et même le dépasser. Et pourquoi pas être chef exécutif un jour ? Je sais que le chemin pour y arriver sera long mais je veux apprendre tout. J’ai la patience pour cela.» Il est persuadé être à bonne école à l’hôtel Trou-aux-Biches.
Ce qu’il apprécie le plus, c’est de pouvoir discuter boulot avec son père en rentrant. «Nous avons quelque chose de plus en commun à partager.» C’est toujours sa mère qui prépare le repas, excepté les jours de fête où son père enfile le tablier. «Maman est très fière de moi. Elle réalise que j’ai trouvé un métier qui me plaît. Elle voit que je me réveille le matin avec l’envie d’aller au travail. Et puis, elle n’est pas totalement désintéressée. Elle sait qu’elle aura bientôt une paire de mains supplémentaires en cuisine à domicile.»
Eric Louison a su plaire à ses supérieurs hiérarchiques. Du moins à l’Executive Sous- Chef Julio Sanz Frappier, qui l’a vu faire. Julio Sanz Frappier est impressionné par la patience du jeune garçon, son sens de l’écoute, sa forte personnalité. «Les techniques s’apprennent. Eric Louison apprend vite. Il capte tout, écoute, réfléchit et a un objectif dans la vie. Nous jaugeons les jeunes sur leur envie d’apprendre et leur force de caractère. Car la cuisine est un champ de bataille. Le jeune doit avoir la force de suivre le mouvement en cuisine et d’aller au front avec les chefs. Et ces qualités-là, Eric Louison les a.»
Pour rappel, le PEJ a été lancé en 2001. Il est destiné aux jeunes déscolarisés venant de milieux vulnérables. À ce jour, 2 700 jeunes en sont sortis diplômés. Depuis l’an dernier, en sus de la formation théorique, 82 employés artisans du groupe Beachcomber, qui excellent dans leur domaine respectif, parrainent ces jeunes, leur apportant une plus-value.
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