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Administration pénitentiaire: les mineures du RYC enfermées pendant une semaine

12 juin 2017, 18:31

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Administration pénitentiaire: les mineures du RYC enfermées pendant une semaine

Une correction disproportionnée et à retardement. C’est ce à quoi s’apparente la décision d’envoyer, une semaine après qu’elles ont fait du désordre, soit le dimanche 4 juin, huit mineures du Rehabilitation Youth Centre (RYC) dans les Detention Rooms du Correctional Youth Centre. Quatre autres ont été transférées au quartier haute sécurité à la prison des femmes. Et quelque 22 jeunes filles devaient être enfermées dans leur cellule pendant une semaine.

Les faits : le 27 mai, l’administration pénitentiaire a organisé une célébration, la veille de la fête des mères, pour les filles et les garçons du RYC dans le centre polyvalent de la prison. Un parrain a été trouvé et des mines ont été servies. La petite fête s’est déroulée sans encombre.

Sauf qu’au retour au RYC Girls, certaines ont voulu continuer à bavarder encore un peu dans les chambres sans avoir à se plier à la discipline habituelle. Ce qui n’a pas été au goût de l’administration, qui a refusé. En colère, plusieurs filles ont chahuté et fait du désordre avant d’aller se coucher.

Le lendemain, 28 mai, jour de la fête des mères, les mineures ont remis ça. Cette fois, l’administration pénitentiaire a fait appel au Prison Security Service et à une nouvelle unité pour les calmer. Les filles se plaignaient notamment d’un manque flagrant de loisirs. Vers 19 h 30, elles ont accepté de regagner leur chambre.

Les choses auraient pu en rester là, sauf que, lundi, l’administration pénitentiaire a pris des décisions qui ont été appliquées une semaine après les incidents. Huit mineures ont été envoyées à la Detention Room au Correctional Youth Centre. Ceux qui connaissent ces lieux parlent d’une petite cellule pourvue d’un lit en béton avec un mince matelas, d’une toute petite ouverture très haut placée dans le mur et d’une porte blindée avec seulement un judas.

Le même jour, quatre autres mineures ont été transférées dans le quartier de haute sécurité à la prison des femmes. Et les mineures restantes ont été enfermées pendant une semaine. Dans le jargon des Prison Officers, on appelle cela lock and key.

Pour certains observateurs, ces actes s’apparentent à de la séquestration. Pour d’autres, c’est le meilleur moyen trouvé jusqu’ici, par les autorités pénitentiaires, pour réduire au silence des mineurs qu’ils jugent incontrôlables. Pour les uns comme les autres, ce traitement que l’on réserve habituellement aux criminels dangereux est «inadmissible» pour des enfants, même si elles sont fautrices de troubles. «Zot pou fer sa bann zanfan-la vinn bann parias la sosiété», déclare un observateur.

L’express a tenté de joindre Annick Nelson, assistante commissaire des prisons, responsable du RYC Girls, de même que Vinod Appadoo, le commissaire des prisons, pour qu’ils fassent un commentaire. En vain.

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