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Arts et culture: Un budget du changement attendu

23 mars 2017, 05:06

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Arts et culture: Un budget du changement attendu

 

Moment incontournable. Soumettre des propositions pour le prochain exercice budgétaire. C’est l’invitation lancée par Prithviraj Roopun, ministre des Arts et de la Culture, la semaine dernière.

Ce qu’Anna Patten, responsable d’Art Academy, prend à contre-pied. «Chaque artiste ne doit pas envoyer ses propositions. Sinon, chacun va chercher son avantage personnel.» Avec fermeté, elle affirme : «Certains artistes attendent que le ministère leur donne tout. C’est à l’artiste de faire 99 % du travail et de demander 1 % au ministère.»

La danseuse et chorégraphe soutient que c’est «tout le travail en cours avec l’Unesco qui va nous faire avancer». Il s’agit des ateliers avec Vesna Copic experte de l’Unesco qui était de passage chez nous mi-février. Cette dernière contribue à l’élaboration d’un cadre légal réglementant le statut de l’artiste professionnel, le Status of Artist Bill. C’est le ministère des Arts et de la culture qui a choisi des artistes de divers secteurs pour qu’ils participent à cette réflexion. Anna Patten en fait partie.

N’est-ce pas faire un amalgame que de mettre l’exercice budgétaire sur le même plan que les travaux autour du Status of Artist Bill ? «Je ne mélange pas les choses», se défend Anna Patten. «Les propositions, si elles sont adoptées, devront bien être financées.» Parmi elles, cite Anna Patten, une pension pour les artistes, une série de facilités notamment pour des répétitions.

Le secteur du cinéma est un item récurrent du budget depuis plus d’une dizaine d’années. Si Rajesh Callicharan de Mont Ida Entertainments Ltd et gérant des salles MCiné et Novelty a une épine au pied, ce sont les formalités douanières.

«C’est à l’artiste de faire 99 % du travail et de demander 1 % au ministère.»

«Des officiers du Films Classification Board (FCB) récupèrent le film à la douane, pas l’importateur. Mais cela ne sert à rien», affirme-t-il. «Ces officiers ramènent le film à leurs bureaux à Port-Louis, où l’importateur prend livraison. Sauf que les officiers doivent venir chez nous pour visionner les films et accorder le visa. Le film est codé. Seul l’importateur a la clé appropriée.»

À cause de ces procédures, Rajesh Callicharan explique qu’il a déjà perdu une semaine d’exploitation de certains films. «Le président du FCB n’est là que le mardi et le vendredi. En dehors de ces jours-là, ce n’est pas possible d’obtenir les films.»

Si c’est possible pour l’importateur de télécharger légalement le film qu’il souhaite commercialiser sur Internet, «98 % des films passent encore par la douane», souligne-t-il. Une formalité qui concerne également les bandes annonces.

Dans les arts plastiques, Dev Chooramun, président de l’association Action for Artistic Creativity, ne se résigne pas au fait que «dépi toultan sé lamizik ki finn favorizé». Il rappelle que la National Art Gallery existe depuis plus d’une décennie, mais qu’elle n’a pas d’espace d’exposition.

«Nous souhaitons avoir une galerie permanente . Enn plas kot touris rantré sorti» Dev Chooramun souhaite également une révision des critères des subventions accordées par le ministère. Subvention de Rs 30 000 pour organiser une exposition et qui plafonne à Rs 200 000 pour montrer ses oeuvres à l’étranger.

«Combien d’artistes en ont bénéficié ? On nous demande de soumettre une demande six mois à l’avance, mais les projets ne sont pas connus aussi longtemps avant.»

 

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