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3 000 morts en France
Après plus de dix jours de canicule exceptionnelle, le gouvernement a révélé qu?elle avait fait environ 3 000 victimes, essentiellement âgées, et incité à une extension du Plan blanc à toute la France, tandis que les professionnels craignent que l?afflux de patients continue pendant le week-end du 15 août.
«Le nombre des décès liés directement ou indirectement à la chaleur durant cette période peut être estimé comme se situant autour de 3 000 pour la France entière», a indiqué dans un communiqué la Direction générale de la santé, en précisant qu?il «n?est pas possible pour l?instant d?évaluer la surmortalité réelle associée à la canicule». Le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, a déclaré pour sa part que «de 1 500 à 3 000 décès «étaient «dus à la canicule», à l?issue d?une réunion de coordination à Matignon sur les effets de la canicule sur la santé, présidée par le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. Le ministre a reconnu que le «taux de mortalité est supérieur de 30 à 50 % à celui de la période correspondante de 2002».
«L?ampleur des chiffres peut surprendre, elle s?explique par une canicule exceptionnelle, à la fois dans le niveau des températures et dans la durée, et par un phénomène récent qui est l?allongement de l?espérance de vie, a déclaré sur France Inter Jean-François Mattei. On peut qualifier désormais ce qui nous arrive de véritable épidémie, avec tout ce que cela comporte en nombre de victimes.»
«Nous ne sommes pas sortis de la crise»
Pour M. Mattei, le phénomène actuel peut être comparé à la canicule qui, en trois jours, avait fait 700 morts à Chicago au cours de l?été 1995. Un changement de discours chez le ministre qui, jusqu?ici, avait paru minimiser l?ampleur de l?épidémie. Lundi encore, le ministère estimait que les difficultés rencontrées étaient «comparables aux années antérieures, en dehors de cas ponctuels». Sur France 2, le ministre estimait en revanche que la crise «n?est pas passée» et que le gouvernement était «en état d?alerte maximum».
«Il y aura des milliers de victimes, même si on ne peut pas encore bien mesurer le phénomène», a estimé de son côté Patrick Pelloux, président de l?Association des médecins urgentistes hospitaliers. Les pics de mortalité enregistrés depuis le début de la vague de chaleur concernent en grande partie des personnes âgées ou «très fragilisées» chez lesquelles la chaleur a «précipité» la mort, a expliqué le directeur général de la santé, Lucien Abenhaïm.
Accusé par les professionnels et l?opposition d?avoir manqué de réactivité face à cette canicule meurtrière, le gouvernement a décidé mercredi soir de déclencher le Plan blanc en région parisienne, et jeudi, d?inciter les préfets à le mettre en oeuvre dans les autres départements «en fonction des besoins».
Pour l?heure, le Plan blanc a permis de dégager 1 000 lits en Ile-de-France, selon le ministre de la Santé. «Maintenant, la situation est à peu près stabilisée. Le plan blanc fait preuve d?efficacité », a-t-il affirmé. Si les températures ont commencé à baisser significativement hier dans le nord de la France, l?arrivée massive de patients pourrait se poursuivre dans les hôpitaux pendant le week-end, selon les professionnels de la santé, et le bilan pourrait s?alourdir.
«Nous ne sommes pas encore sortis de la crise», a ainsi estimé le directeur général de la santé. «Les effets de la chaleur vont se poursuivre. On ne sait pas combien de temps cela va durer», a renchéri Patrick Pelloux.
De même, selon François Freïsse, vice-président de la Coordination médicale hospitalière et chef des urgences de l?hôpital de Saint-Denis, «les patients vont continuer à affluer aux urgences : même si la température redescend, l?expression de l?hyperthermie va se faire dans quelques jours». Le flot de malades ne tarissait d?ailleurs pas dans son hôpital hier matin, malgré la baisse du thermomètre.
S?agissant des personnes décédées, M. Mattei a assuré que «les ministères de la Santé et de l?Intérieur mettent tout en oeuvre pour permettre à chacun le respect de son corps et une sépulture décente».
«Je n?ai aucun reproche et aucun regret car nous avons agi justement et en temps voulu», a-t-il déclaré.
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