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Parlement: quand les élus jouent aux timides

2 janvier 2017, 08:44

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Parlement: quand les élus jouent aux timides

 

«Nous avons la liberté d’intervenir à n’importe quel moment au Parlement.» C’est la déclaration faite par Kalyan Tarolah, député du Mouvement socialiste militant (MSM) qui débute sa carrière politique. Malgré cette liberté, l’analyse faite par l’express et publiée dans l’édition du mardi 27 décembre a démontré qu’ils sont nombreux à ne pas jouer pleinement leur rôle à l’Assemblée nationale. L’express a tenté de contacter le député Bobby Hurreeram, un de ceux qui n’interviennent pratiquement pas au Parlement, mais en vain. En revanche, Kalyan Tarolah, qui pose peu de questions, soutient que c’est par le biais des «statements» effectués avant l’ajournement de chaque séance qu’il règle les problèmes dans sa circonscription. «La réunion parlementaire nous permet également d’évoquer des problèmes du pays», ajoute-t-il. N’empêche que ces réunions, en présence des élus du gouvernement à la veille de chaque séance parlementaire, sont… privées.

Kalyan Tarolah assure que dès l’année prochaine, il adoptera une nouvelle approche. «L’apprentissage est fini. Je connais mieux les rouages du Parlement.» Autre député du gouvernement peu actif au Parlement, c’est Sanjeev Teeluckdharry. Même si nos analyses démontrent qu’il n’a pas vraiment participé aux séances questions-réponses, l’élu de la circonscription de Triolet-Pamplemousses insiste qu’il a posé quelques questions en début d’année. «J’étais absent du pays pendant la période car je devais représenter mon client devant le Privy Council dans l’affaire concernant la carte nationale d’identité. De plus, j’interviens beaucoup au bureau politique sur plusieurs dossiers»,  se défend-il.

Le manque d’expérience est-il la vraie raison pour laquelle certains n’interviennent pas au Parlement ? Tel n’est pas le cas pour Sudhir Sesungkur, un des «nouveaux députés». S’il admet qu’il a débuté sa carrière politique dans les années 80, il estime que la peur pourrait empêcher des députés de participer aux travaux parlementaires. «Je suis peut-être nouveau au Parlement, mais je suis un ancien conseiller de district. J’interviens beaucoup sur des dossiers que je maîtrise. Je ne veux pas être un député dormant», déclare-t-il.

D’ailleurs, Mahen Jhugroo, le ChiefW hip, insiste que tous les backbenchers ont le droit d’interpeller les ministres. «Je suis persuadé que la retransmission des débats en direct à la télévision et les analyses faites par la presse encourageront les élus à montrer ce qu’ils savent faire.» D’ailleurs, la rentrée parlementaire prévue pour fin mars pourra être compliquée pour quelques nouveaux venus dans l’opposition. À titre d’exemple, Thierry Henry se retrouvera pour la première fois de l’autre côté de la chambre. Déjà, il ne participait pratiquement pas aux débats quand il était secrétaire parlementaire privé. Pour les questions, cette fonction le lui interdisait. Maintenant, en tant que simple député de l’opposition, il y a beaucoup de sujets qui pourraient l’intéresser de questionner. Dan Baboo, l’ancien ministre des Arts et la culture, est dans la même situation que son collègue du Parti mauricien social-démocrate.

 

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