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Vente aux enchères: efforts infructueux de l’État pour récupérer les ossements du dodo

26 novembre 2016, 14:35

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Vente aux enchères: efforts infructueux de l’État pour récupérer les ossements du dodo

«Il ne faut pas dire que l’État n’a rien fait pour récupérer les ossements de dodo vendus aux enchères. C’est juste qu’il ne sait pas se défendre.» Constat d’une source très au fait des actions de défense du patrimoine. Un squelette de dodo reconstitué à partir de plusieurs oiseaux a été vendu aux enchères, mardi, au Summers Place Auctions, en Grande-Bretagne. Coût de l’opération : plus de Rs 15 millions. Et les autorités dans tout cela ?

Du côté du ministère des Arts et de la Culture, on fait valoir que de nouveaux règlements – datant de 13 ans – ont été promulgués la semaine dernière. Il s’agit des National Heritage (Designation of fossil or subfossil remains) Regulations 2016 de la National Heritage Fund Act 2003. Un développement qui intervient après plusieurs prises de contact au niveau des ambassades mauriciennes.

Selon une chronologie établie par le ministère des Arts et de la Culture, c’est trois mois avant la vente, soit le 25 août, que l’affaire démarre. À la suite d’un article de BBC News et du journal The Independent, le National Heritage Fund et son ministère de tutelle tirent la sonnette d’alarme. Le ministère des Affaires étrangères demande alors au chef de mission de la Haute commission, à Londres, de se renseigner. Il ressort que le but est même de stopper la vente si possible. Des contacts sont établis avec Summers Place. L’intérêt de l’État mauricien est déclaré dans cette affaire.

Fouilles dans les années 1860

 Le 30 août, le commissaire-priseur confirme  au haut-commissariat mauricien que les ossements mis en vente ont été trouvés lors de fouilles dans les années 1860 à Mare-aux-Songes. Ils avaient été vendus aux enchères au Stevens Auctions Room, à Londres, durant la même décennie. «Summers Place Auctions a conseillé à l’État d’acheter ces ossements et de les exposer pour les touristes», dit le document du ministère des Arts et de la Culture.

Toujours le 30 août, le chef de mission de l’ambassade de Maurice à Paris prend contact avec la division Culture de l’Unesco. Le document du ministère établit que le 20 septembre, l’Unesco a conseillé à Maurice, d’une part, de se renseigner directement auprès de Summers Place sur la provenance des ossements mis en vente. Et d’autre part, de compiler toutes les lois, ainsi que les règlements, décrétant les ossements de dodo patrimoine national et celles régissant le contrôle de l’importation.

Du ministère des Arts et de la Culture, on apprend que le musée d’histoire naturelle, à Port-Louis, abrite une collection de 1 319 ossements de dodo, obtenus lors de fouilles à Mare-aux-Songes. Il y a deux squelettes complets exposés au musée. L’un d’eux provient des restes d’un seul oiseau trouvé en 1904.

 Après cette vente, une autre voix s’interroge sur des lois concernant les droits des territoires colonisés. «Un colonisateur n’a pas le droit de piller ces territoires. Dans les années 1860, nous n’avions pas notre mot à dire. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas.» L’exemple de l’Égypte est cité, comme un cas de restitution du patrimoine emporté par les colonisateurs.

Dan Baboo, la contradiction

<p>&laquo;<em>Ce n&rsquo;est pas le seul dodo qui se trouve à l&rsquo;étranger. Il y en a plusieurs.&raquo;</em> Dan Baboo, ministre des Arts et de la Culture, répondait à une question de la presse, mercredi. &laquo;<em>Ce dodo n&rsquo;est pas unique. D&rsquo;ailleurs, on a assemblé ce dodo à partir des os collectés. &lsquo;Mem so krann mo krwar inn fer ar plastik&rsquo;. Nous sommes les seuls à avoir un dodo qui a été constitué à partir des os d&rsquo;un seul oiseau, au musée de Port-Louis. Ce n&rsquo;est pas possible que Maurice achète tous les dodos.&raquo;</em></p>

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