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Vayid Junglee : « Je sais où est caché le fabuleux trésor de La Buse »
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Vayid Junglee : « Je sais où est caché le fabuleux trésor de La Buse »
Ce Quatre-bornais de 47 ans pense avoir résolu l’une des plus grandes énigmes de la chasse aux trésors : le cryptogramme de La Buse. Il y a trois siècles, ce glorieux pirate aurait caché dans la région un trésor estimé à Rs 200 milliards de roupies. Mais où ? La question en a hanté plus d’un. Vayid Junglee, lui, ne se la pose plus. Génie ou charlatan ? À l’abordage !
Qu’est-ce qui vous a amené à vous intéresser à un pirate français mort il y a près de 300 ans ?
Mes enfants. Mes deux garçons me réclamaient des histoires de pirates. À la bibliothèque de Quatre-Bornes, je suis tombé sur un livre de Paul Fleuriau-Chateau, Aventures en mer. On y parlait de La Buse, de son vrai nom Olivier Levasseur, et de son mystérieux trésor. C’est parti de là.
Que sait-on sur ce trésor ?
L’histoire commence en 1721. La Vierge du Cap, un bateau portugais parti de Goa, vogue vers Lisbonne. Le vice-roi des Indes portugaises et l’archevêque de Goa sont à bord, ils ramènent un butin gigantesque. Au large de la Réunion, ils essuient une tempête. Les dégâts sont trop importants pour continuer, ils s’arrêtent à Saint-Denis pour réparer. Manque de chance, La Buse rôde dans les parages…
Pourquoi ce surnom ?
Pour la vitesse à laquelle il s’emparait de ses proies. La Vierge du Cap ne fait pas exception. En quelques jours, La Buse et ses hommes font main basse sur une incroyable cargaison : des coffres remplis de bijoux, de diamants, de lingots d’or et d’argent ; un trésor que les historiens estiment au minimum à quatre millions et demi d’euros (environ Rs 180 millions).
Et au maximum ?
Cinq milliards d’euros (environ Rs 200 milliards). C’est peut-être la plus grosse prise de l’histoire de la piraterie. Après ce coup, La Buse prend sa retraite et se réfugie à Madagascar où il mène une vie tranquille. Mais il ne réussit pas à obtenir l’amnistie et se fait arrêter. On lui demande de donner l’emplacement du trésor. Il refuse. Il est exécuté à SaintDenis en 1730.
«Mon trésor à qui saura comprendre», aurait-il crié, la corde autour du cou, quelques instants avant d’être pendu…
C’est qu’il a lancé un morceau de parchemin à la foule. Depuis près de 300 ans, des générations de chercheurs de trésor ont tenté de déchiffrer ce document. En vain. Je pense y être arrivé (grand sourire).
Rien que ça ! Qu’y a-t-il sur ce parchemin ?
C’est un cryptogramme, une carte codée qui indique l’emplacement du trésor. En 1934, un historien français le publie. Mais le décryptage qu’il propose, en remplaçant les signes par des lettres de l’alphabet, ne donne rien de concluant. Pendant des heures, des jours et des nuits, j’ai essayé de relever ce défi. J’ai tenté de déchiffrer, de percer le secret de ce cryptogramme. Et je peux dire aujourd’hui que je sais où est caché le fabuleux trésor de La Buse.
Chez vous ?
(Rire) Si seulement… Non, il est enterré au nord de la Réunion, sur la commune de la Possession, dans la ravine des lataniers.
Vous lâchez ça comme ça, vous ?
L’appât du gain ne m’intéresse pas. Je veux juste aller au bout de l’aventure : que ce trésor sorte enfin de terre.
Avez-vous identifié une zone ?
Mieux que ça, j’ai l’emplacement au mètre près. J’en suis sûr à 99 %. Mais il faut s’attendre à devoir creuser loin : La Buse n’avait pas moins de 50 hommes pour enterrer son butin.
Vous semblez sûr de vous, presque trop. Si le cryptogramme était si facile à déchiffrer, ne pensez-vous pas que le trésor aurait été découvert ?
Vous me prenez pour un illuminé ?
Pour un passionné… avec quelques watts en plus.
(Il tique) Vous n’êtes pas le premier sceptique que je rencontre. Ce serait long et fastidieux de détailler ma méthode ici. Pour résumer, disons que le lieu du butin est crypté à plusieurs niveaux, d’où la difficulté. Le piège, c’est de se concentrer sur les seuls pictogrammes. La version originale comporte aussi des dessins qui sont très précieux. Les descriptions métaphoriques sont une autre clé. La Buse jongle avec les symboles, les allusions et les mots à double sens afin de brouiller les pistes. Sa personnalité, son humour notamment, son goût pour les femmes, aide aussi à comprendre.
Vous avez une famille, des amis, des collègues. Ils en pensent quoi de tout ça ?
Ils sont comme vous, un peu incrédules. C’est pour eux que j’ai fait un film (NdlR, posté sur YouTube sous le pseudo d’olivier le pirate et visible en tapant ‘la buse cryptogramme découverte’). J’y explique ma démarche pendant 20 minutes.
Plutôt qu’un film, pourquoi ne pas aller donner des coups de pioche ?
Pour finir en garde à vue et devoir payer une amende de Rs 400 000, non merci ! Les Réunionnais ne plaisantent pas avec ça.
Ça ne vous démange pas ?
Si, bien sûr. Je suis allé sur le site trois fois mais creuser est interdit. Pour ça, il faut une autorisation de la DAC-OI, la Direction des affaires culturelles de l’océan Indien, après montage d’un dossier. C’est ce que j’ai fait avec l’aide d’Anwar Janoo, le paléontologue. On attend le feu vert, la balle est dans leur camp mais ce ne sont pas des gens pressés. J’ai patienté six mois avant de recevoir leur premier courrier…
Vous prennent-ils pour un imposteur ?
Plus maintenant. Un de leurs ingénieurs est venu sur le site, il a pris des points GPS. Le problème c’est qu’aucun organisme français n’est réellement habilité à chercher un trésor, il faut donc monter un dossier de recherche archéologique. Or pour lancer les fouilles, on doit présenter un vestige. Et comme je n’ai pas le droit de creuser, je n’ai rien à montrer. C’est le serpent qui se mord la queue.
Et si vous faisiez fausse route…
Cherchons à La Possession, nous verrons bien. Depuis trois siècles, les hypothèses sur le trésor de La Buse sont nombreuses et toujours pas tranchées : certains le croient aux Seychelles, d’autres à Maurice, à Rodrigues ou à Madagascar. Je propose un site très précis, cela vaut le coup de vérifier. En attendant, il m’est impossible d’aller plus loin.
Terriblement. J’ai envie de savoir. C’est comme si la dernière page d’un bon livre avait été déchirée. Si la dac bloque, tant pis, je n’en ferai pas une maladie. Je partirai peut-être sur la trace d’autres trésors. La buse en a caché un peu partout, y compris à maurice.
C’est frustrant ?
Terriblement. J’ai envie de savoir. C’est comme si la dernière page d’un bon livre avait été déchirée. Si la DAC bloque, tant pis, je n’en ferai pas une maladie. Je partirai peut-être sur la trace d’autres trésors. La Buse en a caché un peu partout, y compris à Maurice. Les îles de l’océan Indien étaient ses dépôts.
Si on creuse dans votre jardin, promis, on ne trouve aucun coffre ?
(Rire) Si c’était le cas je ne vous aurais pas raconté tout ça. Ce serait motus et bouche cousue !
Admettons qu’on le trouve, ce trésor. Deviendriez-vous un homme riche ?
Pas forcément. Dans la loi française, la découverte doit nécessairement être fortuite, c’est-à-dire sans intention de trouver. Or seul un juge est capable d’apprécier le caractère fortuit d’une découverte. Dans ce cas, c’est 50-50 avec le propriétaire du terrain. Là, ce serait le jackpot. Mais encore une fois, ce n’est pas l’argent qui m’intéresse, c’est le côté grisant. Je me suis pris au jeu, c’est devenu une passion. J’ai appris beaucoup de choses durant cette recherche, notamment sur moi. Mais bon, je ne crache pas sur une éventuelle récompense ! (rire) Même une infime partie du butin ferait de moi un millionnaire.
Vous l’utiliseriez comment, ce magot ?
Intelligemment, pour mes enfants. Mes vrais trésors, ce sont eux. C’est grâce à mes garçons que je suis allé chercher cette histoire de pirates à la bibliothèque, ce serait bien normal qu’ils en profitent !
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